Analyse comparée : Leo Strauss et Pierre Manent
Date de publication :
19/09/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le retour aux Anciens pratiqué par Manent et Strauss, conduisant à des questionnements singuliers
- La vertu, de l'homme et du citoyen, et la manière sa relecture par Montesquieu pose la rupture moderne
- Le développement final de Manent, la troisième voie qu'il met en lumière autour de cette même vertu
- La critique de Strauss contre l'historicisme
Résumé :
strauss, leo, "Qu'est-ce que la philosophie politique", Paris, PUF, 1992
manent, pierre, "La cité de l'homme", Paris, Flammarion, 1997
Ce qui unit fondamentalement l'ouvrage de pierre manent à celui de Léo strauss, c'est la lecture attentive de la philosophie ancienne afin de trouver les origines de la modernité, d'en traquer la piste à travers les dits et les non-dits des philosophes, et comprendre le fondement de l'homme tel qu'il se définit, ou pas, aujourd'hui. L'entreprise philosophique qui leur est commune consiste en une déconstruction de la tradition philosophique pour trouver le sens primordial de l'homme, de sa conscience moderne, et de la philosophie politique, lieu d'émergence de cette conscience.
pierre manent se situe largement dans le sillage de leo strauss, à qui il reprit d'ailleurs le titre de son ouvrage, La Cité de l'homme. Poursuivant la démarche de son aîné, il en reprend certains éléments essentiels (le caractère premier des choses politiques), en contredit d'autres (ce que manent appelle le « naturalisme » de strauss), en partage les buts (caractériser les faiblesses de la philosophie moderne), ou encore les méthodes (le retour aux Anciens). À la lumière de cette parenté intellectuelle, il me semble donc nécessaire de préciser les éléments de connivence entre les deux ouvrages, tout en en déterminant les trajectoires et les développements singuliers ; car, certes, manent et strauss, par exemple, voient ensemble dans la conscience historique l'émergence de la modernité, mais il n'en reste pas moins que les deux livres sont parfaitement indépendants. Publiés à quarante ans d'intervalle, leur forme même nous oblige à relativiser la similarité de leurs démarches, puisque l'un est une série d'articles de longueur modeste, de réponses à diverses critiques, donc, dans une certaine mesure, de justifications ou de précisions de thèses antérieures, tandis que l'autre est un essai uniforme et logiquement articulé.
Il conviendra donc de rendre compte à la fois des éléments communs et des singularités qui animent les deux auteurs, autour des concepts aussi variés que l'homme et le citoyen, la modernité, l'histoire et la conscience historique, la vertu et la grâce, le particulier et le général, le meilleur régime, la vérité, la morale, l'humanité. Traiter exhaustivement de l'ensemble des thèmes abordés par les deux philosophes serait une tâche fastidieuse, contentons-nous donc de ces derniers. Nous traiterons donc tout d'abord du retour aux Anciens pratiqué par manent et strauss, conduisant pour à des questionnements singuliers à chacun (I.). Puis il sera question de la vertu, de l'homme et du citoyen, et de la manière sa relecture par Montesquieu pose la rupture moderne (II.). Dans un troisième temps il s'agira de reprendre le développement final de manent, la troisième voie qu'il met en lumière autour de cette même vertu (III.). Enfin, en aval du travail de manent, nous reconstruirons la critique de strauss contre l'historicisme (IV.).
manent, pierre, "La cité de l'homme", Paris, Flammarion, 1997
Ce qui unit fondamentalement l'ouvrage de pierre manent à celui de Léo strauss, c'est la lecture attentive de la philosophie ancienne afin de trouver les origines de la modernité, d'en traquer la piste à travers les dits et les non-dits des philosophes, et comprendre le fondement de l'homme tel qu'il se définit, ou pas, aujourd'hui. L'entreprise philosophique qui leur est commune consiste en une déconstruction de la tradition philosophique pour trouver le sens primordial de l'homme, de sa conscience moderne, et de la philosophie politique, lieu d'émergence de cette conscience.
pierre manent se situe largement dans le sillage de leo strauss, à qui il reprit d'ailleurs le titre de son ouvrage, La Cité de l'homme. Poursuivant la démarche de son aîné, il en reprend certains éléments essentiels (le caractère premier des choses politiques), en contredit d'autres (ce que manent appelle le « naturalisme » de strauss), en partage les buts (caractériser les faiblesses de la philosophie moderne), ou encore les méthodes (le retour aux Anciens). À la lumière de cette parenté intellectuelle, il me semble donc nécessaire de préciser les éléments de connivence entre les deux ouvrages, tout en en déterminant les trajectoires et les développements singuliers ; car, certes, manent et strauss, par exemple, voient ensemble dans la conscience historique l'émergence de la modernité, mais il n'en reste pas moins que les deux livres sont parfaitement indépendants. Publiés à quarante ans d'intervalle, leur forme même nous oblige à relativiser la similarité de leurs démarches, puisque l'un est une série d'articles de longueur modeste, de réponses à diverses critiques, donc, dans une certaine mesure, de justifications ou de précisions de thèses antérieures, tandis que l'autre est un essai uniforme et logiquement articulé.
Il conviendra donc de rendre compte à la fois des éléments communs et des singularités qui animent les deux auteurs, autour des concepts aussi variés que l'homme et le citoyen, la modernité, l'histoire et la conscience historique, la vertu et la grâce, le particulier et le général, le meilleur régime, la vérité, la morale, l'humanité. Traiter exhaustivement de l'ensemble des thèmes abordés par les deux philosophes serait une tâche fastidieuse, contentons-nous donc de ces derniers. Nous traiterons donc tout d'abord du retour aux Anciens pratiqué par manent et strauss, conduisant pour à des questionnements singuliers à chacun (I.). Puis il sera question de la vertu, de l'homme et du citoyen, et de la manière sa relecture par Montesquieu pose la rupture moderne (II.). Dans un troisième temps il s'agira de reprendre le développement final de manent, la troisième voie qu'il met en lumière autour de cette même vertu (III.). Enfin, en aval du travail de manent, nous reconstruirons la critique de strauss contre l'historicisme (IV.).
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