Analyse hétérodoxe de la monnaie appliquée à leuro : loriginalité et le pari dune monnaie pionnière en son genre, produit de la rationalité économique
Date de publication :
27/09/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
96 pages
Sommaire :
Sommaire
- La monnaie appréhendée comme une composante centrale de la réalité socialement construite : saisir l'argent comme une institution impliquant croyance et dont la pérennité repose sur un lien social de confiance.
- La monnaie : institution centrale des sociétés modernes.
- La monnaie : une institution dont l'existence et la pérennité impliquent croyance et confiance.
- L'originalité génésiaque et institutionnelle d'une monnaie à la seule légitimité économique : l'euro, monnaie neutre, à consistance libérale, produit de la rationalité économique.
- L'euro : monnaie dépourvue d'attaches symboliques dont la légitimité repose sur des fondements d'ordre économique.
- La BCE, autorité responsable de l'euro aux assises monétaristes : la charge libérale de l'euro.
- Les éléments inéluctables de fragilité de l'euro : la nécessité de poursuivre l'intégration économique, sociale et politique européenne.
Résumé :
Désormais, dans notre société, l'argent a pénétré les relations sociales, ayant même le pouvoir de métamorphoser les comportements et les personnalités. Omniprésent dans le langage, dans les images, dans l'actualité, c'est une réalité prégnante de notre quotidien. C'est également un marqueur social important des sociétés monétisées dans la mesure où l'argent homogénéise, identifie et hiérarchise les éléments. Ce faisant, il paraît exercer une influence considérable sur des individus qui pensent le monde en termes monétaires. Langage, lien social fondamental des sociétés marchandes, source de pouvoir mais aussi d'inégalités, de liens de sujétion, de violences, de crises sociales et monétaires... Ces quelques éléments invitent à réfléchir sur la nature profonde de la monnaie, ce qui implique de ne pas en rester à son apparence fonctionnelle car, finalement, l'évidence ne dit rien sur ce qu'est réellement la monnaie. C'est pourquoi, adopter le point de départ de la théorie économique standard conduit assurément à abaisser la capacité de compréhension des phénomènes impliquant la monnaie, ce qui peut se révéler dommageable lorsqu'on sait que l'économique et le social repose aujourd'hui en bonne partie sur le monétaire. Dès lors, écarter ou neutraliser la monnaie revient d'une certaine manière à occulter ou à rejeter sciemment une partie intégrante de la réalité économique et sociale.
Saisir la nature de la monnaie implique, semble-t-il, de déborder le cadre économique afin d'appréhender l'argent comme un concept, devenu institution, aux composantes à la fois politiques, sociales et économiques. De ce fait, cette réflexion propose de penser la monnaie comme une institution centrale des sociétés contemporaines, sur laquelle reposent les économies modernes. En outre, s'étant dématérialisée avec le temps, elle se présente aujourd'hui sous des aspects de plus en plus abstraits dont la forme de référence demeure la monnaie fiduciaire ou « monnaie papier ». Exempte de valeur intrinsèque, la monnaie ne possède de valeur que par son signe, signe qui lui confère une valeur autoréférentielle. De la sorte, en prenant le pas sur le « réel », le nominal, essence même de la monnaie, fait intervenir une logique purement sociale qui renvoie au symbolisme et intègre les individus dans un système régi par la croyance et la confiance. L'argent fait donc partie de ces « choses » qui existent uniquement parce que les hommes les ont créées de manière artificielle et délibérée, selon une intention spécifique. Ces choses construites socialement, qui régissent notre quotidien, résultent de la volonté humaine et sont, en ce sens, le produit de l'histoire. En d'autres termes, la monnaie n'est une composante des sociétés uniquement dans la mesure où il existe un consensus social sur son existence, sa nature et ses fonctions. De ce fait, elle a pour support friable la croyance et, à plus long terme, la confiance des individus, ce qui pose, entre autres, le problème crucial de la stabilité du cadre et du support de l'économie de marché. De par sa nature, la monnaie doit donc toujours réaffirmer sa légitimité aux yeux des individus si elle veut rester souveraine car, à défaut de reconnaissance sociale, monnaie n'est pas richesse et richesse n'est pas monnaie.
Hormis la volonté d'effectuer une analyse conceptuelle de la monnaie qui se détache de l'orthodoxie économique, le projet de ce mémoire est d'allier analyse théorique et application réelle dans une démarche d'ensemble cohérente et, si possible, pertinente. De ce fait, la problématique est double et se subdivise en deux questions : d'une part, il faut se demander comment la monnaie, considérée comme une composante fondamentale de la réalité économique et sociale, dépourvue de valeur intrinsèque, parvient-elle à remplir les fonctions d'unité de compte, de moyen de paiement et de réserve de valeur que les économistes lui assignent traditionnellement ? Puis, d'autre part, en intégrant les éléments de réponse de la première question, il convient de s'interroger pour savoir dans quelle mesure l'euro constitue-t-il une monnaie originale, pionnière et audacieuse, qui, de ce fait, se révèle porteuse d'éléments de fragilité ? La réponse à ces questions s'effectuera conformément à une vision hétérodoxe de la monnaie, au sens où celle-ci sera appréhendée comme une institution à consistance économique, sociale et politique.
Saisir la nature de la monnaie implique, semble-t-il, de déborder le cadre économique afin d'appréhender l'argent comme un concept, devenu institution, aux composantes à la fois politiques, sociales et économiques. De ce fait, cette réflexion propose de penser la monnaie comme une institution centrale des sociétés contemporaines, sur laquelle reposent les économies modernes. En outre, s'étant dématérialisée avec le temps, elle se présente aujourd'hui sous des aspects de plus en plus abstraits dont la forme de référence demeure la monnaie fiduciaire ou « monnaie papier ». Exempte de valeur intrinsèque, la monnaie ne possède de valeur que par son signe, signe qui lui confère une valeur autoréférentielle. De la sorte, en prenant le pas sur le « réel », le nominal, essence même de la monnaie, fait intervenir une logique purement sociale qui renvoie au symbolisme et intègre les individus dans un système régi par la croyance et la confiance. L'argent fait donc partie de ces « choses » qui existent uniquement parce que les hommes les ont créées de manière artificielle et délibérée, selon une intention spécifique. Ces choses construites socialement, qui régissent notre quotidien, résultent de la volonté humaine et sont, en ce sens, le produit de l'histoire. En d'autres termes, la monnaie n'est une composante des sociétés uniquement dans la mesure où il existe un consensus social sur son existence, sa nature et ses fonctions. De ce fait, elle a pour support friable la croyance et, à plus long terme, la confiance des individus, ce qui pose, entre autres, le problème crucial de la stabilité du cadre et du support de l'économie de marché. De par sa nature, la monnaie doit donc toujours réaffirmer sa légitimité aux yeux des individus si elle veut rester souveraine car, à défaut de reconnaissance sociale, monnaie n'est pas richesse et richesse n'est pas monnaie.
Hormis la volonté d'effectuer une analyse conceptuelle de la monnaie qui se détache de l'orthodoxie économique, le projet de ce mémoire est d'allier analyse théorique et application réelle dans une démarche d'ensemble cohérente et, si possible, pertinente. De ce fait, la problématique est double et se subdivise en deux questions : d'une part, il faut se demander comment la monnaie, considérée comme une composante fondamentale de la réalité économique et sociale, dépourvue de valeur intrinsèque, parvient-elle à remplir les fonctions d'unité de compte, de moyen de paiement et de réserve de valeur que les économistes lui assignent traditionnellement ? Puis, d'autre part, en intégrant les éléments de réponse de la première question, il convient de s'interroger pour savoir dans quelle mesure l'euro constitue-t-il une monnaie originale, pionnière et audacieuse, qui, de ce fait, se révèle porteuse d'éléments de fragilité ? La réponse à ces questions s'effectuera conformément à une vision hétérodoxe de la monnaie, au sens où celle-ci sera appréhendée comme une institution à consistance économique, sociale et politique.
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