Arrêt du 17 mai 2005 (Chambre sociale de la cour de cassation)
Date de publication :
25/07/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le principe du respect de la vie privée du salarié
- Un principe fondamental consacré par le juge
- Un principe encadré par le droit
- Un contrôle patronal conditionné
- Des circonstances exceptionnelles
- La présence du salarié
Résumé :
En l'espèce, M. X, dessinateur, avait été licencié par son employeur qui, suite à la découverte de photos érotiques dans un tiroir de son bureau, avait procédé à un examen approfondi de ses dossiers informatiques. Il avait alors découvert un dossier intitulé « perso » contenant des documents étrangers aux fonctions professionnelles que le salarié exerçait au sein de l'entreprise. Licencié pour motif de faute grave le 3 août 1999, M. X avait alors saisi le Conseil des Prud'hommes, qui avait approuvé le licenciement et conforté l'employeur. Par la suite, la cour d'Appel elle-même avait confirmé cette analyse le 6 novembre 2002: l'employeur avait procédé à un contrôle à la suite de la découverte des dites photos, et non au cours d'une vérification systématique. Les « circonstances exceptionnelles » du cas étudié avaient donné à l'employeur le droit de pousser plus loin ses investigations, d'autant plus qu'il n'existait aucun code personnel qui aurait interdit l'accès au matériel informatique. En 2005, M. X se pourvoit en cassation, revendiquant le respect au droit de sa vie privée sur son lieu de travail également, et mettant en cause les libertés que s'étaient octroyées son employeur.
Le cas étudié pose ainsi un problème à la dimension double: d'une part, le patron bénéficie-t-il du droit d'accès libre aux données considérées comme personnelles par l'employé, et d'autre part l'employé est-il en droit de posséder de telles données stockées sous la forme de documents dans son outil de travail ? En fait, jusqu'à quel point la dichotomie entre vie privée et vie professionnelle est-elle pertinente ? Il s'agit alors d'examiner dans quelle mesure les interférences de ces deux aspects de la vie d'un employé peuvent être tolérées, en respectant tout à la fois son droit au respect de la vie privée et la possibilité pour l'employeur de contrôler son activité professionnelle.
La cour de cassation a rendu le 17 mai 2005 un arrêt de cassation, contestant les décisions du conseil des Prud'hommes et de la cour d'appel. Elle répond par l'affirmative aux prétentions de l'employé qui déplorait une violation de sa vie privée sur son lieu de travail et par son supérieur hiérarchique. Elle met en effet en avant les articles 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 9 du code civil, 9 du nouveau code de procédure civile, et L. 120-2 du Code du travail, et justifie sa décision par le fait que l'ouverture des fichiers personnels sur l'ordinateur a été effectuée sans la présence de l'employé et en l'absence d'un fait qui aurait pu être considéré comme « un risque ou évènement particulier ». L'arrêt rendu a donc une portée considérable dans le domaine de la surveillance des employés, d'une part en réaffirmant le principe du respect de l'intimité de la vie privée du salarié et d'autre en part en encadrant le contrôle patronal.
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