Arrêt du 22 décembre 1978 : Cohn bendit
Date de publication :
13/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'illégalité de l'arrêté d'expulsion au regard de la directive du 25 février 1964
- Les directives lient les états membres
- Mais ceux-ci disposent d'une latitude dans les mesures à prendre
- L'impossibilité pour les administrés de se prévaloir directement des directives
- Le refus de l'invocabilité d'une directive transposée contre un acte individuel
- Un revirement de jurisprudence en 1996
Résumé :
En effet les Etats sont tenus de réaliser les objectifs de la directive par la transposition en droit interne dans un délai imparti. En l'absence de transposition, l'état ne pourra se prévaloir de la directive pour justifier une mesure de droit interne. C'est la sanction la plus immédiate et naturelle de son obligation. Il appartient donc à l 'Etat d'apprécier si ce sera par voie législative ou par voie réglementaire que la transposition sera faite, il devra par ailleurs savoir quels sont les contenus des dispositions à prendre car la mise en oeuvre de ces directives est nationale. On peut alors penser que les nationaux pourront donc se prévaloir de ces directives communautaires devant le juge administratif pour faire valoir leur droit. Pourtant, cette affirmation n'est pas aussi évidente que l'on pourrait le croire. Dans l'arrêt commenté ci-joint, il est justement question des directives communautaires et de leur application.
Dans les faits, à la suite des événements de mai 1968, le leader étudiant de nationalité allemande Daniel cohn-bendit avait fait l'objet d'un arrêté d'expulsion, dont la légalité avait été appréciée par le CE en 1970. En 1976, constatant l'évolution de la jurisprudence CJCE, il a demandé à nouveau au ministre d'abroger l'arrêté d'expulsion.
Mr cohn bendit introduit un recours administratif à titre gracieux, le ministre de l'intérieur refuse de donner suite à sa demande. Le TA de Paris, statuant sur la requête du sieur cohn-bendit tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision, en date du 2 saisis de la question a rendu un jugement de sursis à statuer accompagné d'un renvoi préjudiciel au titre de l'article 177 du traité de Rome. La réponse de la CJCE n'est jamais revenue, le CE ayant été saisi par l'appel du ministre contre le jugement de renvoi.
Est-ce que le fait que l'arrêté d'expulsion soit contraire à la directive du conseil des communautés européennes du 25 février 1964 l'entache d'illégalité ? Est-ce que les particuliers peuvent se prévaloir directement des directives européennes ?
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