Arrêt du 22 décembre 1978 : Cohn bendit

Date de publication :

13/01/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

7 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire Arrêt du 22 décembre 1978 : Cohn bendit Sommaire

 
  1. L'illégalité de l'arrêté d'expulsion au regard de la directive du 25 février 1964
    1. Les directives lient les états membres
    2. Mais ceux-ci disposent d'une latitude dans les mesures à prendre
  2. L'impossibilité pour les administrés de se prévaloir directement des directives
    1. Le refus de l'invocabilité d'une directive transposée contre un acte individuel
    2. Un revirement de jurisprudence en 1996

Résumé :

« En 1998, plus de 80% des textes nationaux seront d'origine communautaire » déclarait Jacques Delors président de la commission de Bruxelles après la signature du traité de Maastricht. Si la proportion invoquée lors de cette déclaration est quelque peu démentie par l'histoire, sa signification, lourde de sens reste d'actualité. La construction européenne a en effet conduit les états signataires des différents traités à construire un ordre juridique nouveau : le droit communautaire. Celui-ci bien que né de l'ordre international a bien plus que ce dernier vocation à régler des problèmes qui concernent directement les états signataires mais aussi leurs ressortissants. Selon l'article 177 du traité de Rome du 25 mars 1957 établissant la CEE, c'est la Cour de Justice des communautés Européennes qui est en principe compétente pour statuer à titre préjudiciel sur l'interprétation des traités ainsi que des actes pris par les institutions de la communauté. En ce qui concerne les directives communautaires, elles sont définies par l'article 189 du traité de Rome comme un dispositif qui « lie tout Etat membre destinataire quant au résultat à atteindre, en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens. ».
En effet les Etats sont tenus de réaliser les objectifs de la directive par la transposition en droit interne dans un délai imparti. En l'absence de transposition, l'état ne pourra se prévaloir de la directive pour justifier une mesure de droit interne. C'est la sanction la plus immédiate et naturelle de son obligation. Il appartient donc à l 'Etat d'apprécier si ce sera par voie législative ou par voie réglementaire que la transposition sera faite, il devra par ailleurs savoir quels sont les contenus des dispositions à prendre car la mise en oeuvre de ces directives est nationale. On peut alors penser que les nationaux pourront donc se prévaloir de ces directives communautaires devant le juge administratif pour faire valoir leur droit. Pourtant, cette affirmation n'est pas aussi évidente que l'on pourrait le croire. Dans l'arrêt commenté ci-joint, il est justement question des directives communautaires et de leur application.
Dans les faits, à la suite des événements de mai 1968, le leader étudiant de nationalité allemande Daniel cohn-bendit avait fait l'objet d'un arrêté d'expulsion, dont la légalité avait été appréciée par le CE en 1970. En 1976, constatant l'évolution de la jurisprudence CJCE, il a demandé à nouveau au ministre d'abroger l'arrêté d'expulsion.
Mr cohn bendit introduit un recours administratif à titre gracieux, le ministre de l'intérieur refuse de donner suite à sa demande. Le TA de Paris, statuant sur la requête du sieur cohn-bendit tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision, en date du 2 saisis de la question a rendu un jugement de sursis à statuer accompagné d'un renvoi préjudiciel au titre de l'article 177 du traité de Rome. La réponse de la CJCE n'est jamais revenue, le CE ayant été saisi par l'appel du ministre contre le jugement de renvoi.
Est-ce que le fait que l'arrêté d'expulsion soit contraire à la directive du conseil des communautés européennes du 25 février 1964 l'entache d'illégalité ? Est-ce que les particuliers peuvent se prévaloir directement des directives européennes ?

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A propos de l'auteur :

pencil image Benjamin T. Etudiant
Niveau :Grand public Etude suivie : Droit autres branches Ecole, université : EDHEC

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