Arrêt du 28 février 1996, 2ème chambre civile de la cour de cassation
Date de publication :
19/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'abandon d'une conception subjective de la faute au profit d'une conception purement objective
- Le traditionnel régime de la faute
- L'évolution jurisprudentielle : l'abandon de la condition de l'imputabilité de la faute
- Les conséquences de la conception objective de la faute : une appréciation abstraite de la faute de l'enfant
- Le comportement de l'enfant apprécié au regard du modèle abstrait du « bon père de famille »
- Une application contestée concernant la faute de l'enfant
Résumé :
En l'espèce, Sonia Pierre, mineure de 8 ans a été confiée par ses parents à Monsieur Bernard Aybram pour une soirée. Jouant sous une table elle en surgit brutalement et heurta David Aybram, fils mineur de son gardien, qui portait une casserole d'eau chaude, se brulant gravement. En vertu de l'article 1384 al. 4 du Code civil permettant d'agir contre les parents de l'enfant responsable, la mère de la victime assigna en responsabilité Monsieur Bernard Aybram qui fut déclaré entièrement responsable du préjudice subit par Sonia Pierre par la cour d'appel de Besançon dans un arrêt du 27 janvier 1994. Monsieur Aybram s'est alors pourvu en cassation, contestant le refus des juges du fond de retenir la faute de la victime. En effet par son comportement imprévisible, Sonia Pierre a concouru a la réalisation de son dommage, mais les juges du fond ont écarté cette faute de la victime en raison de son jeune âge.
Dès lors l'existence d'une faculté de discernement constitue t elle une condition nécessaire à la mise en oeuvre de la responsabilité délictuelle pour faute ? Au regard de quel modèle d'appréciation le comportement de l'enfant peut il donc être considéré comme fautif ?
Les juges de la cour de cassation ont retenu la faute de la victime entrainant une exonération partielle du responsable sans se pencher sur les éléments subjectifs dont découlent le comportement de ladite victime, confirmant leur refus d'excuser le comportement d'un enfant eu égard à son âge. En effet le modèle d'appréciation du comportement de l'enfant semble être celui du « bon père de famille » et non celui d'un autre enfant du même âge.
A travers « l'abandon d'une conception subjective de la faute au profit d'une conception purement objective » ( I ) nous pouvons observer une évolution jurisprudentielle de la notion de faute qui mènera à « une appréciation abstraite de la faute de l'enfant » ( II )
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