Arrêt de la Cour de cassation (1 chambre civile) du 3 mai 2000
Date de publication :
01/01/2001
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- La négation de l'obligation d'information
- Quant au refus de prise en compte du dol par réticence
- Quant au refus de prise en compte de l'obligation de renseignement
- Les conséquences générales et particulières
- Une contestation des thèses solidaristes
- Au bénéfice de la sécurité contractuelle
Résumé :
Le dol est un vice du consentement en cela seul qu'il est la cause du consentement : il élargit le domaine de l'erreur, en ce que, si l'erreur est provoquée par un dol, on pourra la sanctionner sur le fondement du dol ( art 1116) même si elle n'a pas porté sur les qualités substantielles. C'est la déloyauté du consentement qui est alors invoquée pour élargir le domaine de l'erreur quand elle est provoquée par ces manoeuvres : fondement moral qui est d'ailleurs au coeur de l'arrêt rendu par la 1ère chambre de la cour de cassation le 3 mai 2000.
En 1986, madame Boucher a vendu aux enchères publiques 50 photographies d'un certain Baldus au prix unitaire de 1000 francs. En 1989, après des recherches elle retrouve enfin l'acquéreur, M. Clin, et lui vend successivement 35 puis 50 autres photographies du même artiste, chacune au prix de 1000 francs, qu'elle avait elle-même fixé. Mais, par la suite, elle apprend que Baldus était un photographe d'une très grande notoriété, et n'hésite pas à porter plainte devant une juridiction pénale pour escroquerie contre son acquéreur.
Une ordonnance de non-lieu ayant été rendue, madame Boucher assigne alors M. Clin devant une juridiction civile en invoquant le dol dont elle estime avoir été victime. La cour d'appel de Versailles, en 1997, condamne M. Clin à lui payer la somme de 1 915 000 francs représentant la restitution en valeur des photos vendues lors des ventes de gré à gré de 89 après déduction des 85 000 francs encaissés par elle.
Le problème de droit qui se pose à la cour est donc de savoir si le silence de l'acheteur sur la valeur de l'objet de la transaction est constitutif d'une réticence dolosive.
A cette question, la cour de cassation répond négativement en cassant l'arrêt rendu par la cour d'appel, estimant qu' " en statuant ainsi alors qu'aucune obligation d'information ne pesait sur l'acheteur, la cour d'appel a violé "l'article 1116 du Code civil. Pour fonder leur décision les magistrats relèvent qu'avant de conclure avec Mme Boucher les ventes de 89, M. Clin avait déjà revendu des photos de Baldus qu'il avait acquises en 86 aux enchères publiques à des prix sans rapport avec leur valeur d'achat, de sorte " qu'il savait en 1989, qu'il contractait à prix dérisoire ". M. Clin, par sa réticence à lui faire connaître la valeur exacte des photos aurait donc manqué à son obligation de contracter de bonne foi, et " avait incité Mme Boucher à conclure une vente qu'elle n'aurait pas envisagée dans ces conditions ".
Il convient alors d'analyser, d'une part , la négation de l'obligation d'informer, que la cour de cassation pose ici en principe (I), avant d'étudier, d'autre part, les conséquences particulières et générales qui en découlent (II).
Les internautes ont également acheté :
Commentaire d'arrêt | 07/11/2003 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 11/09/2003 | fr | .doc | 5 pages
Exposé | 04/06/2002 | fr | .doc | 4 pages
Exposé | 01/01/2001 | fr | .doc | 6 pages
Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit civil
Commentaire de texte | 06/11/2009 | fr | .doc | 3 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Droit civil
Commentaire d'arrêt | 28/12/2007 | fr | .rtf | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 15/01/2006 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 26/11/2001 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 16/03/2009 | fr | .doc | 6 pages
Commentaire d'arrêt | 12/04/2008 | fr | .doc | 5 pages
