Arrêt rendu par la chambre commerciale de la Cour de Cassation le 5 mars 2002
Date de publication :
08/10/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'élargissement du domaine du droit de revendication : l'inclusion des choses fongibles
- L'application jurisprudentielle des dispositions du code commerce
- Le critère de la fongibilité : l'effacement de l'identité et de la provenance d'origine de la chose objet de la revendication
- Les enjeux à la fois pratiques et critiquables de la solution
- Le report du droit de propriété du créancier sur des biens identiques appartenant à autrui
- Une solution contestable à plusieurs égards
Résumé :
En l'espèce, un vendeur (la société) revendique des marchandises (médicaments divers) vendues avec clause de réserve de propriété et détenues en stock par le débiteur acheteur qui n'a pas payé (M. Bournissien : pharmacien de profession). La demande de revendication de la société a été accueillie en première instance à concurrence de la somme de 172 641, 61 F. Suite au prononcé de la liquidation judiciaire du débiteur, le liquidateur saisi la cour d'Appel qui réforme le jugement et limite la demande en revendication aux seules marchandises retrouvées en nature chez le débiteur au jour du jugement d'ouverture. Le liquidateur et le débiteur toujours insatisfaits se pourvoient en cassation.
L'action en revendication de la chose, effet normal de la réserve de propriété, peut-elle porter sur des biens fongibles de même espèce et de même qualité, alors même qu'il ne s'agit pas de la marchandise initialement vendue par le créancier ?
A cette interrogation, la chambre commerciale de la cour de cassation répond par l'affirmative et estime que l'appréciation du caractère fongible des biens relève du pouvoir souverain des juges du fond et que la loi ne subordonne à aucune autre condition la revendication par le créancier de tels biens. La cour de cassation rejette par conséquent le pourvoi formé devant elle et statue dans le même sens que les juges du second degré.
Par cette solution, la Haute juridiction élargie le domaine de la revendication des créanciers détenteurs d'une clause de réserve de propriété aux choses fongibles et donne ainsi vie à la loi du 10 juin 1994 (I). Les enjeux de cet élargissement sont vastes, s'agissant tant des protagonistes que de l'évolution du droit positif en la matière (II).
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