Arrêts Martinie c. France (Grande Chambre, 12 avril 2006) et Sacilor-Lormines c. France (Troisième section, 09 novembre 2006)

Date de publication :

30/12/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

avancé

Consulté :

10 fois

Avis client :

non évalué

Validé par :

le comité Oboulo.com

Sommaire :

 
 

Sommaire Arrêts Martinie c. France (Grande Chambre, 12 avril 2006) et Sacilor-Lormines c. France (Troisième section, 09 novembre 2006) Sommaire

 
  1. L'incompatibilité de l'article 6 1 de la Convention EDH avec la procédure devant le Conseil d'Etat
    1. La fin de la controverse lancée par l'arrêt Kress de la CEDH au sujet de la participation du commissaire du gouvernement au délibéré
    2. Une position plus souple de la Cour EDH quant à l'indépendance et l'impartialité des membres du Conseil d'Etat
  2. Les réticences du Conseil d'Etat
    1. La portée des arrêts Martinie et Sacilor
    2. Fondement et critiques de la résistance du Conseil d'Etat

Résumé :

Dans l'affaire martinie contre france, le requérant est un agent de l'Education Nationale de nationalité française. En juin 1987, il est nommé agent comptable du lycée René Cassin de Bayonne. Dans le cadre du contrôle des comptes rendus par les requérants pour les exercices 1989 à 1993, la chambre régionale des Comptes d'Aquitaine constate l'absence d'une délibération exécutoire du conseil d'administration de ce lycée décidant de diverses dépenses dont elle estime le montant à 221 107, 44 francs. Elle constitue donc le requérant débiteur de cette somme à l'égard du lycée, par un jugement du 17 octobre 1997.
La Cour des Comptes confirme ce jugement pour l'essentiel par un arrêt du 20 octobre 1998. Le requérant, n'ayant pas été invité à comparaître, ni à présenter ses observations et n'ayant pas eu connaissance de la date de l'audience fixée par la Cour des comptes, contrairement aux rapporteur et contre-rapporteur, conteste cet arrêt dont il considère qu'il viole l'article 6 1 de la CEDH.
Le Conseil d'Etat, quant à lui, déclare la requête en cassation « non admise », considérant que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas « de nature à permettre l'admission de la requête ».
Le requérant saisit alors la CEDH dans un arrêt du 15 février 1999. La requête est attribuée à la deuxième section de la Cour, qui s'en dessaisit le 3 mai 2005 au profit de la grande chambre.

Dans l'affaire sacilor-lormines contre france, la requérante, la société Sarcilor-lormines, est une société anonyme constituée pour reprendre les concessions des mines de fer de sacilor en Lorraine en 1978 et en liquidation amiable suite à une délibération de son assemblée générale du 3 mars 2000. Peu rentable, elle a décidé, dès 1991, d'arrêter la production et fait l'objet de privatisations en 1995 et 1997. Dans la perspective de la cessation complète de son activité, elle engage les procédures d'abandon renonciation des concessions dont elle était titulaire.
Le ministre chargé des mines refuse d'accepter sa renonciation à plusieurs concessions. Elle engage alors de nombreux recours tendant à l'annulation de ces refus et conteste par ailleurs les divers arrêtés préfectoraux portant mesures de police prises à son encontre devant les tribunaux administratifs. Faisant valoir que ces arrêtés ne tenaient pas compte du fait que les sites visés dans l'arrêté avaient fait l'objet d'une procédure d'abandon renonciation, elle saisit le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie par des courriers des 2 juillet et 17 septembre 1997. Le ministre refusant de les retirer, la requérante saisit le Conseil d'Etat de demandes en annulation pour excès de pouvoir de ces arrêtés, les 31 décembre 1997 et 17 mars 1998. Le Conseil d'Etat rejette à son tour ses prétentions, l'amenant cette fois à saisir la CEDH le 18 octobre 2000.
Elle considère en effet que la procédure devant le Conseil d'Etat viole l'article 6 1, dans la mesure où le tribunal ne serait ni indépendant ni impartial et où le commissaire au gouvernement participe au délibéré. Attribuée à la troisième section de la Cour, la requête a été déclarée partiellement recevable le 12 mai 2005, mais l'examen de l'affaire a été ajourné dans l'attente de l'arrêt martinie, rendu en grande chambre.

La question de droit qui se pose à la Cour dans ces deux affaires est la suivante : la procédure particulière devant le Conseil d'Etat, et plus précisément l'institution du commissaire du gouvernement, le cumul des fonctions consultative et juridictionnelle et le mode de nomination des membres du Conseil d'Etat, est-elle conforme aux exigences posées par l'article 6 1 de la CEDH ?

Dans l'affaire martinie, la Cour rend, le 12 avril 2006, un arrêt condamnant la france pour violation de l'article 6 1 de la CEDH pour ce qui concerne la procédure devant la Cour des comptes et le Conseil d'Etat et en particulier la participation du commissaire du gouvernement au délibéré. Dans l'arrêt sacilor du 9 novembre 2006, elle confirme sa position à ce sujet et conclut à une seconde violation de l'article 6 en constatant également le bien-fondé des doutes de la requérante sur l'indépendance des juges une autre violation de l'article 6. En revanche, elle juge que le cumul des fonctions juridictionnelles et consultative au sein du Conseil d'Etat ne remet pas en cause, en soi, l'impartialité de ses membres.

Il s'agit ici de voir d'abord en quoi et comment la Cour EDH a constaté l'incompatibilité de l'article 6 1 de la CEDH avec la procédure devant le Conseil d'Etat (I), et ensuite pourquoi le Conseil d'Etat accueille cette jurisprudence avec de nombreuses réserves (II).

Les internautes ont également acheté :

CEDH, 12 avril 2006, Martinie c/ France

Commentaire d'arrêt  |  06/12/2007   |  fr  |  .doc  |  3 pages

Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit européen

1
 
Cour de Justice des communautés européennes, 25 juillet 2002 - la recevabilité du recours en annulation

Commentaire d'arrêt  |  06/11/2009   |  fr  |  .doc  |  5 pages

2
 
L'influence du Droit social européen sur la jurisprudence sociale du juge suprême

Exposé  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  8 pages

3
 
Cour de Justice des Communautés Européennes, 19 mars 2002 - étendue et portée du renvoi préjudiciel

Commentaire d'arrêt  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  6 pages

4
 
Le pouvoir exécutif de la Commission des communautés européennes

Exposé  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

5
 
Le droit européen est-il une source du droit pénal ?

Exposé  |  03/11/2009   |  fr  |  .doc  |  5 pages

Les plus consultés sur 30 jours en : Droit européen

1
 
La procédure du renvoi préjudiciel

Étude de cas  |  02/12/2008   |  fr  |  .doc  |  5 pages

2
 
Cas pratique sur le renvoi préjudiciel

Exposé  |  24/02/2009   |  fr  |  .rtf  |  4 pages

3
 
La place du recours préjudiciel dans le système juridique communautaire

Exposé  |  12/04/2009   |  fr  |  .doc  |  4 pages

4
 
Arrêt K.A. et A.D. c. Belgique, CEDH

Commentaire d'arrêt  |  16/03/2008   |  fr  |  .doc  |  2 pages

5
 
Commentaire d'arrêt : CE 8 février 2007 société Arcelor et autres

Commentaire d'arrêt  |  18/08/2008   |  fr  |  .doc  |  5 pages

A propos de l'auteur :

pencil image Pauline M. étudiante
Niveau :Avancé Etude suivie : Droit autres branches Ecole, université : sciences-po

Du même auteur :

Les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux

Exposé  |  26/01/2009  |  fr  |  .doc  |  3 pages

Les revenus des magistrats sous l'Ancien Régime

Exposé  |  30/12/2007  |  fr  |  .doc  |  5 pages

Le principe du contradictoire, principe directeur du procès

Exposé  |  30/12/2007  |  fr  |  .doc  |  3 pages