Arthur Rimbaud, Illuminations, Phrases
Date de publication :
06/07/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
11 pages
Sommaire :
Sommaire
- Poème « Phrases »
- Introduction à l'explication
- Explication linéaire
Résumé :
A la première lecture, le poème de rimbaud semble étrange et obscur ; il est difficile de trouver un sens car celui-ci ne s'impose pas comme une évidence. Et cela provient probablement d'une volonté de l'auteur. En effet, si ce langage poétique apparait comme un obstacle, c'est dans le but de détourner le lecteur d'une analyse s'attachant au statut référentiel des mots. La poésie ne se lit pas comme un article de journal : on ne peut accéder au sens du texte si on le traverse sans prêter attention aux mots. Ces derniers ne sont pas seulement des signifiés mais des signifiants.
C'est à partir de cette réflexion que l'on peut commencer à analyser « phrases ». Nous ne sommes au monde que par un rapport de filiation : il y a une continuité entre les êtres, entre les choses, permettant d'exister. Mais l'on n'est dans le réel que par ce lien qui nous attache à des modèles, qu'il s'agisse d'êtres humains qui ne peuvent exister sans avoir été engendrés, ou des mots qui s'inscrivent dans un langage. Or, avec rimbaud, nous sommes invités à nous demander s'il n'est pas nécessaire de détruire les conventions, les clichés, les structures préétablies dans la pensée ou dans le langage, pour pouvoir accéder au véritable sens de la poésie. Cette déconstruction est d'abord celle que nous venons d'évoquer : elle se remarque dans la forme, avec l'utilisation d'un langage poétique insolite et d'une syntaxe décousue, avec l'usage des tirets et de déterminants ne renvoyant à aucune réalité connue,... Mais le fond du poème en est aussi imprégné : « phrases » brise le système référentiel pour faire apparaître la création. C'est le sens même du poème. Effectivement, destruction et création sont intimement liées. La seconde ne peut advenir sans la première. Le chaos est célébré puisque nécessaire et bénéfique à la poésie. Celle-ci, et l'art en général, côtoient la mort pour parvenir à leur essence.
Qu'advient-il une fois le système référentiel connu déconstruit ? Les conséquences sont multiples : en premier lieu, la rencontre avec le bizarre, l'inconnu, permet l'expérience de l'altérité. La poésie concilie les extrêmes, le familier et le curieux, le proche et le lointain,... Or, ce qui est le plus étrange à l'homme, c'est justement l'homme. La poésie est donc le lieu où l'humain trouve l'autre, et par conséquent se trouve lui-même. Ensuite - et c'est en lien direct avec ce qui vient d'être énoncé- la poésie est relation : elle concilie les extrêmes et les éléments de façon inattendue. Les relations faites par le langage ayant été détruites, ces associations entre les objets et entre les mots peuvent être surprenantes, ce qui se remarque aisément dans le poème. Le poète tisse des liens qui ne « tiennent qu'à un fil » : tel un funambule, il marche sur ceux-ci, alors que tout n'est que nouveauté, instabilité, déséquilibre. Le danger est toujours présent dans la création artistique. Mais ce n'est qu'au prix du sacrifice des conventions, qu'avec la dangereuse compagnie de la mort, que le poète peut enfin reconnaître le véritable rapport de filiation entre ses oeuvres et lui-même. Ses créations sont « ses filles », car elles sont nées de l'anéantissement de l'usage, du brouillage des correspondances de Baudelaire, poète que rimbaud admirait mais à qui il reprochait un manque d'audace au niveau de la forme...
C'est sous l'angle de cette problématique que nous envisagerons notre étude du texte, procédant par une analyse paragraphe par paragraphe, après avoir expliqué le titre du poème. Pour faciliter la lecture, chaque passage sera rappelé en début d'explication.
C'est à partir de cette réflexion que l'on peut commencer à analyser « phrases ». Nous ne sommes au monde que par un rapport de filiation : il y a une continuité entre les êtres, entre les choses, permettant d'exister. Mais l'on n'est dans le réel que par ce lien qui nous attache à des modèles, qu'il s'agisse d'êtres humains qui ne peuvent exister sans avoir été engendrés, ou des mots qui s'inscrivent dans un langage. Or, avec rimbaud, nous sommes invités à nous demander s'il n'est pas nécessaire de détruire les conventions, les clichés, les structures préétablies dans la pensée ou dans le langage, pour pouvoir accéder au véritable sens de la poésie. Cette déconstruction est d'abord celle que nous venons d'évoquer : elle se remarque dans la forme, avec l'utilisation d'un langage poétique insolite et d'une syntaxe décousue, avec l'usage des tirets et de déterminants ne renvoyant à aucune réalité connue,... Mais le fond du poème en est aussi imprégné : « phrases » brise le système référentiel pour faire apparaître la création. C'est le sens même du poème. Effectivement, destruction et création sont intimement liées. La seconde ne peut advenir sans la première. Le chaos est célébré puisque nécessaire et bénéfique à la poésie. Celle-ci, et l'art en général, côtoient la mort pour parvenir à leur essence.
Qu'advient-il une fois le système référentiel connu déconstruit ? Les conséquences sont multiples : en premier lieu, la rencontre avec le bizarre, l'inconnu, permet l'expérience de l'altérité. La poésie concilie les extrêmes, le familier et le curieux, le proche et le lointain,... Or, ce qui est le plus étrange à l'homme, c'est justement l'homme. La poésie est donc le lieu où l'humain trouve l'autre, et par conséquent se trouve lui-même. Ensuite - et c'est en lien direct avec ce qui vient d'être énoncé- la poésie est relation : elle concilie les extrêmes et les éléments de façon inattendue. Les relations faites par le langage ayant été détruites, ces associations entre les objets et entre les mots peuvent être surprenantes, ce qui se remarque aisément dans le poème. Le poète tisse des liens qui ne « tiennent qu'à un fil » : tel un funambule, il marche sur ceux-ci, alors que tout n'est que nouveauté, instabilité, déséquilibre. Le danger est toujours présent dans la création artistique. Mais ce n'est qu'au prix du sacrifice des conventions, qu'avec la dangereuse compagnie de la mort, que le poète peut enfin reconnaître le véritable rapport de filiation entre ses oeuvres et lui-même. Ses créations sont « ses filles », car elles sont nées de l'anéantissement de l'usage, du brouillage des correspondances de Baudelaire, poète que rimbaud admirait mais à qui il reprochait un manque d'audace au niveau de la forme...
C'est sous l'angle de cette problématique que nous envisagerons notre étude du texte, procédant par une analyse paragraphe par paragraphe, après avoir expliqué le titre du poème. Pour faciliter la lecture, chaque passage sera rappelé en début d'explication.
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