Assemblée du contentieux du Conseil d'État, 11 mai 2004, Association AC ! et autres

Date de publication :

22/11/2006

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

7 pages

Niveau :

avancé

Consulté :

70 fois

Avis client :

Validé par :

le comité Oboulo.com

Sommaire :

 
 

Sommaire Assemblée du contentieux du Conseil d'État, 11 mai 2004, Association AC ! et autres Sommaire

 
  1. L'affirmation d'une dérogation à la rétroactivité des annulations contentieuses
    1. La confirmation du principe de l'effet rétroactif des annulations contentieuses
    2. La consécration d'un pouvoir de dérogation général à cet effet rétroactif
  2. L'apparition de la notion de modulation temporelle de l'annulation contentieuse
    1. L'octroi d'un pouvoir de modulation dans le temps des effets de l'annulation
    2. Le conditionnement du pouvoir de modulation temporelle de l'annulation

Résumé :

Dans un arrêt de principe du 11 mai 2004 (association AC ! et autres ; AJDA 2004, p. 1183 ; JCP A 2004, RFDA 2004 p. 438) , l'assemblée du contentieux du conseil d'État a précisé le régime de l'annulation contentieuse.
En l'espèce, le ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité avait, par le biais de sept arrêtés datés du 5 février 2003, agréé deux conventions et leurs annexes en date des premiers janvier 2001 et 2004. Ces conventions étaient relatives à l'aide au retour à l'emploi et à l'indemnisation du chômage.
Plusieurs associations de chômeurs formèrent un recours pour excès de pouvoir contre chacun de ces arrêtés, dans le but d'empêcher la mise en oeuvre des conventions. Les requêtes portant sur les mêmes questions, le conseil d'État, compétent en premier et dernier ressort pour connaître des actes réglementaires des ministres, a jugé ces différentes affaires dans une même décision (considérant 1).
Le principal moyen invoqué par les demandeurs à l'appui de leur requête était un vice de forme. Ils soulevaient en effet que, en violation des dispositions du Code du travail, les conventions n'avaient pas été signées par l'ensemble des organisations nécessaires à leur validation. Le ministre ne pouvant agréer lesdites conventions que moyennant cette condition, les arrêtés de validation étaient par suite illégaux. Le problème de droit soulevé était donc celui de la légalité des arrêtés ministériels.
Pour résoudre ce problème, le conseil d'État opère de façon très classique. Il estime d'abord que les requérants ont qualité à agir (considérant 2). Il relève ensuite qu'ils ont également intérêt à agir (considérant 3). Le recours étant dès lors recevable, le juge poursuit au fond. Il examine les moyens de légalité externe (considérants 4, 5 et 6). Relevant que « la consultation du comité supérieur de l'emploi revêt le caractère d'une formalité substantielle », que cette consultation est viciée du fait d'une composition illégale de la commission permanente, émanation directe du comité supérieur, il déclare les requérants « fondés à soutenir que la consultation exigée par la loi a eu lieu dans des conditions irrégulières et que les arrêtés attaqués se trouvent dès lors, dans leur totalité, entachés d'illégalité. » Le conseil d'État poursuit néanmoins son analyse en examinant les moyens de légalité interne (considérants 7, 8,9 et 10). Il déclare ainsi illégales un certain nombre de clauses, pour de simples raisons de mauvaise application des textes, qui ne donnent par conséquent pas lieu à un commentaire approfondi.
Dans la solution juridique donnée au problème de droit posé, il s'agit donc d'un arrêt tout à fait classique. La grande originalité de cette décision tient plutôt dans les conséquences que donne à son annulation le conseil d'État. En effet, s'il s'en était tenu à sa propre jurisprudence, il eut simplement prononcé l'annulation des sept arrêtés ministériels.
Or, il s'attache aux conséquences de cette annulation. S'il l'avait déjà fait par le passé , il le fait ici avec une clarté et une ampleur telle qu'il donne à cet arrêt une portée de principe qui marquera probablement profondément la jurisprudence à venir. Le conseil d'État affirme ainsi dans cette décision l'existence d'une dérogation au principe de rétroactivité des annulations contentieuses (I). Cette dérogation passe par la modulation temporelle des effets de l'annulation (II).

Les internautes ont également acheté :

L'évolution contemporaine des pouvoirs du juge administratif

Exposé  |  26/04/2006   |  fr  |  .doc  |  8 pages

Voir docs similaires : Droit administratif

1
 
Comparaison de Conseil d'Etat, 11 mai 2004 et Cour de cassation, 21 décembre 2006 - le cas du vide juridique

Commentaire d'arrêt  |  19/02/2009   |  fr  |  .doc  |  8 pages

3
 
Conseil d'Etat, 16 juillet 2007 - le recours du concurrent évincé d'un contrat administratif

Commentaire d'arrêt  |  20/06/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

4
 
Conseil d'Etat, 26 décembre 1925 - l'entrée en vigueur de l'acte administratif

Commentaire d'arrêt  |  15/11/2008   |  fr  |  .doc  |  7 pages

5
 
Le pouvoir de modulation du juge. Etat de la jurisprudence toutes sources confondues et perspectives

Exposé  |  29/01/2007   |  fr  |  .doc  |  8 pages

Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit administratif

1
 
Conseil d'Etat, 28 septembre 1988 - l'existence d'un dommage résultant d'un ouvrage public

Commentaire d'arrêt  |  15/10/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

3
 
La responsabilité de la puissance publique du fait de son agent

Exposé  |  15/10/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

4
 
Conseil d'Etat, 29 octobre 2008 - le contrôle de légalité des actes des collectivités locales

Commentaire d'arrêt  |  14/10/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

5
 
Cour Administrative d'appel de Versailles, 25 octobre 2007 - les pouvoirs de police administrative du maire

Commentaire d'arrêt  |  14/10/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

A propos de l'auteur :

pencil image Olivier B.  
Niveau :Avancé Etude suivie : Autres Ecole, université : Institut d'Etudes Politiques de Rennes, Faculté de droit de Rennes

Du même auteur :

Cours de cassation du 15 mars 2005 Masson centre Kessler

Commentaire d'arrêt  |  20/03/2008  |  fr  |  .doc  |  4 pages

Cass. civ. 2ème, 20 octobre 2005

Commentaire d'arrêt  |  21/05/2007  |  fr  |  .doc  |  7 pages

Cass. civ. 2ème, 7 juin 2006, Mme X.

Commentaire d'arrêt  |  08/03/2007  |  fr  |  .doc  |  3 pages