Au-delà de Kronstadt - les bolcheviks au pouvoir
Date de publication :
16/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
23 pages
Sommaire :
Sommaire
- 1917
- Le contrôle ouvrier avant la guerre civile
- La mort des comités d'usine
- Les trotskystes et le contrôle ouvrier
- Lénine débat avec les communistes de gauche
- La démocratie soviétique avant la guerre civile
- L'été de 1918
- La démocratie soviétique pendant la guerre civile
- La terreur rouge
- Le communisme de guerre
- 1921: La revolte des ouvriers et kronstadt
- La descente vers le stalinisme
- Les trotskystes et les bolcheviks au pouvoir
Résumé :
La compréhension de la révolution russe est essentielle pour saisir pourquoi la gauche a échoué au 20e siècle. Pourtant la plupart des discussions parmi les révolutionnaires ne dépassent jamais la dispute habituelle au sujet de la rébellion de kronstadt. La crise actuelle de la gauche a contraint à la révision des positions dans quelques cercles mais bon nombre continuent à faire face à l'isolement en se raccrochant à ses traditions respectives. Les anarchistes et les communistes libertaires soulignent les politiques autoritaires des bolcheviks, les accusant de l'échec de la révolution, tout en sous-estimant les difficultés de construire une nouvelle société dans un pays isolé et dévasté par la guerre civile. En revanche, les trotskystes mettent en cause ces conditions matérielles exclusivement pour ce qui touche la dégénérescence de la révolution, écartant la plupart des critiques de gauche des bolcheviks comme donnant des arguments à la droite.
Cependant, il semble aller de soi qu'il y avait des facteurs idéologiques et matériels présents dans la dégénérescence de la révolution, et toute évaluation sérieuse des événements devrait tenir compte de ces deux facteurs. Malheureusement dans les rares occasions où le débat pourrait être poussé plus loin, comme lorsque Maurice Brinton a débattu avec Chris Goodey dans la revue Critique, la discussion n'a jamais été poursuivie.
C'est particulièrement malheureux parce que, depuis les années 80, il y a eu une littérature toujours plus abondante sur l'histoire sociale de la période : ainsi un travail comme le livre de S.A. Smith sur les comités d'usine ou l'ouvrage de William Rosenberg et de Jonathan Aves sur les vagues de grève de 1918 et de 1921. Bien que beaucoup d'historiens sociaux aient de la sympathie pour les bolcheviks, beaucoup de leur travail a été négligé par la gauche. Néanmoins un ex-membre des Socialistes internationaux, Sam Farber, a utilisé une partie de ce matériel pour fournir une critique intéressante, même si elle reste imparfaite, des bolcheviks dans le livre Before Stalinism ─ The Rise and Fall of Soviet Democracy. ("Avant le stalinisme ─ Essor et chute de la démocratie soviétique"). Ce livre complète le travail antérieur de Carmen Sirianni, Workers' Control and Socialist Democracy; The Soviet Experience ("Le contrôle ouvrier et la démocratie socialiste. L'expérience soviétique"), en analysant non seulement les aspects économiques mais également les dimensions politiques du pouvoir bolchevik.
Cet essai est aussi une autre tentative de renouer avec cette histoire sociale pour contribuer au développement d'une politique révolutionnaire qui puisse échapper aux tragédies du socialisme au 20e siècle. Il veut démontrer que la politique bolchevik était problématique dès le début. En 1917 Lénine a soutenu que, étant donné que le capitalisme privé ne pourrait pas développer la Russie, un Etat révolutionnaire devrait employer le "capitalisme d'Etat"pour établir les prolégomènes d'une transition vers le communisme. Cette approche était toujours susceptible d'entrer en conflit avec la classe ouvrière. Puis, alors que la révolution n'arrivait pas à s'étendre en dehors de la Russie, les bolcheviks ont imposé une discipline bien plus stricte aux ouvriers, abandonnant dans les faits l'insistance de Marx sur "l'auto-émancipation de la classe ouvrière ".
Ce concept d'"auto-émancipation" implique que la classe ouvrière peut uniquement créer le communisme par sa libre action et en défendant la révolution par elle-même. Ainsi l'action des ouvriers exerçant un contrôle quotidien sur chaque aspect de la société constitue en elle-même l'essence du processus révolutionnaire. Les compromis considérables avec les idéaux de l'auto-émancipation étaient inévitables dans les conditions handicapantes de la révolution russe, mais l'ampleur de tels compromis est le point à partir duquel une révolution prolétarienne est défaite. Cet article souhaite montrer que les 'compromis' faits par la direction bolchevik étaient si opposés à l'auto-émancipation ouvrière que la responsabilité principale des révolutionnaires d'aujourd'hui devrait être de remplacer plutôt qu'imiter leurs théories politiques. Ceux qui défendent les crimes du capitalisme n'ont aucun droit à critiquer la politique bolchevik mais les révolutionnaires ont le devoir de le faire.
Cependant, il semble aller de soi qu'il y avait des facteurs idéologiques et matériels présents dans la dégénérescence de la révolution, et toute évaluation sérieuse des événements devrait tenir compte de ces deux facteurs. Malheureusement dans les rares occasions où le débat pourrait être poussé plus loin, comme lorsque Maurice Brinton a débattu avec Chris Goodey dans la revue Critique, la discussion n'a jamais été poursuivie.
C'est particulièrement malheureux parce que, depuis les années 80, il y a eu une littérature toujours plus abondante sur l'histoire sociale de la période : ainsi un travail comme le livre de S.A. Smith sur les comités d'usine ou l'ouvrage de William Rosenberg et de Jonathan Aves sur les vagues de grève de 1918 et de 1921. Bien que beaucoup d'historiens sociaux aient de la sympathie pour les bolcheviks, beaucoup de leur travail a été négligé par la gauche. Néanmoins un ex-membre des Socialistes internationaux, Sam Farber, a utilisé une partie de ce matériel pour fournir une critique intéressante, même si elle reste imparfaite, des bolcheviks dans le livre Before Stalinism ─ The Rise and Fall of Soviet Democracy. ("Avant le stalinisme ─ Essor et chute de la démocratie soviétique"). Ce livre complète le travail antérieur de Carmen Sirianni, Workers' Control and Socialist Democracy; The Soviet Experience ("Le contrôle ouvrier et la démocratie socialiste. L'expérience soviétique"), en analysant non seulement les aspects économiques mais également les dimensions politiques du pouvoir bolchevik.
Cet essai est aussi une autre tentative de renouer avec cette histoire sociale pour contribuer au développement d'une politique révolutionnaire qui puisse échapper aux tragédies du socialisme au 20e siècle. Il veut démontrer que la politique bolchevik était problématique dès le début. En 1917 Lénine a soutenu que, étant donné que le capitalisme privé ne pourrait pas développer la Russie, un Etat révolutionnaire devrait employer le "capitalisme d'Etat"pour établir les prolégomènes d'une transition vers le communisme. Cette approche était toujours susceptible d'entrer en conflit avec la classe ouvrière. Puis, alors que la révolution n'arrivait pas à s'étendre en dehors de la Russie, les bolcheviks ont imposé une discipline bien plus stricte aux ouvriers, abandonnant dans les faits l'insistance de Marx sur "l'auto-émancipation de la classe ouvrière ".
Ce concept d'"auto-émancipation" implique que la classe ouvrière peut uniquement créer le communisme par sa libre action et en défendant la révolution par elle-même. Ainsi l'action des ouvriers exerçant un contrôle quotidien sur chaque aspect de la société constitue en elle-même l'essence du processus révolutionnaire. Les compromis considérables avec les idéaux de l'auto-émancipation étaient inévitables dans les conditions handicapantes de la révolution russe, mais l'ampleur de tels compromis est le point à partir duquel une révolution prolétarienne est défaite. Cet article souhaite montrer que les 'compromis' faits par la direction bolchevik étaient si opposés à l'auto-émancipation ouvrière que la responsabilité principale des révolutionnaires d'aujourd'hui devrait être de remplacer plutôt qu'imiter leurs théories politiques. Ceux qui défendent les crimes du capitalisme n'ont aucun droit à critiquer la politique bolchevik mais les révolutionnaires ont le devoir de le faire.
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