La biopolitique chez Foucault
Date de publication :
31/07/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Biopolitique et souveraineté : le problème du sujet
- Biopolitique et anatomo-politique : le problème de l'objet
- Autonomisation de la population et réapparition du sujet
Résumé :
Il faut partir d'un constat: le projet de la biopolitique est très largement inachevé chez foucault. La biopolitique est exposée dans Il faut défendre la société et La Volonté de Savoir, en 1976, mais n'y est pas centrale: elle occupe une leçon, un chapitre, et devra être l'objet de développements ultérieurs. Ces développements ultérieurs seront limités, puisque, que ce soit dans Sécurité, territoire et population ou dans Naissance de la biopolitique, le problème est annoncé mais son développement limité.
Une première impression s'impose donc: la biopolitique reste une question embryonnaire, qui ne peut pas être exactement mise en parallèle à ce que foucault pose comme son complémentaire, l'analyse sur l'anatomo-politique.
On pourrait s'en tenir à ce constat et considérer la biopolitique comme un problème relativement mineur chez foucault et qui sera développé par d'autres; c'est-à-dire réduire cette absence à une contingence dépourvue de sens. On peut aussi la prendre sérieusement comme donnée du problème. Que la biopolitique soit chez foucault un objet mal théorisé, dont le traitement est sans cesse annoncé et reculé, n'est pas un hasard, mais une situation à expliquer. Selon cette hypothèse, si l'on part de l'idée que la biopolitique marque quelque chose de plus général sur l'évolution de foucault, on se retrouve alors face à deux possibilités.
Première possibilité: la biopolitique est un moment de crise théorique, auquel cas il faut chercher dans le biopolitique la cristallisation des contradictions entre l'avant et l'après biopolitique. Il y aurait deux théories successives et irréconciliables chez foucault.
Deuxième possibilité: on ne considère non pas qu'il y a crise mais renouvellement dans le passage au dernier foucault, de la gouvernementalité et de la subjectivation. Auquel cas, le travail de foucault n'est pas nécessairement marqué par les contradictions; la biopolitique est simplement le moment où le manque progressivement créé par la conceptualisation du couple savoir/pouvoir - l'avant biopolitique - va être comblé par la gouvernementalité - l'après biopolitique - ce qui nécessite la reformulation de la biopolitique en d'autres termes. Il y aurait alors complémentarité entre divers aspects de foucault, au prix d'un abandon de la biopolitique.
En tout cas, il apparaît que le problème de la biopolitique, c'est avant tout celui du sujet. Plus précisément, c'est le point d'intersection d'analyses débarrassées du sujet moderne, comme l'affirme L'Archéologie du savoir, ordonnées selon le couple savoir/pouvoir, et d'un nouveau problème, celui de la subjectivation, ouvert par l'idée de la gouvernementalité et étendue au gouvernement de soi. La biopolitique est alors, pour comprendre les productions de foucault, un point d'attaque particulièrement fécond, puisqu'elle met en jeu ces deux ensembles relativement distincts, l'un déjà relativement systématisé, l'autre encore à venir.
J'essaierai donc de montrer comment la biopolitique est guidée par la question du sujet chez foucault. Dans un premier temps, elle s'inscrit dans ce rejet du sujet, ce qui implique deux choses: 1 - A la place du sujet apparaissent des technologies de pouvoir, propres au biopolitique. 2 - S'il n'y a pas de sujet du biopolitique, mais des technologies du pouvoir, il n'y a pas non plus d'objet du biopolitique, mais des domaines d'exercice du pouvoir, constitués par un savoir : la population comme espèce vivante. Ainsi le travail de foucault consiste à substituer à l'association sujet/objet politique le couple stratégies/lieu d'exercice du pouvoir.
Par la suite, si la biopolitique est un travail inachevé pour foucault, c'est qu'en elle s'ouvre une problématique qui la dépasse, nommément la question de la gouvernementalité et de la subjectivation. Ce qui posera alors la question de l'autonomie face à la biopolitique, débouchant sur la question de la résistance, non pas dans le pouvoir, mais contre lui.
Une première impression s'impose donc: la biopolitique reste une question embryonnaire, qui ne peut pas être exactement mise en parallèle à ce que foucault pose comme son complémentaire, l'analyse sur l'anatomo-politique.
On pourrait s'en tenir à ce constat et considérer la biopolitique comme un problème relativement mineur chez foucault et qui sera développé par d'autres; c'est-à-dire réduire cette absence à une contingence dépourvue de sens. On peut aussi la prendre sérieusement comme donnée du problème. Que la biopolitique soit chez foucault un objet mal théorisé, dont le traitement est sans cesse annoncé et reculé, n'est pas un hasard, mais une situation à expliquer. Selon cette hypothèse, si l'on part de l'idée que la biopolitique marque quelque chose de plus général sur l'évolution de foucault, on se retrouve alors face à deux possibilités.
Première possibilité: la biopolitique est un moment de crise théorique, auquel cas il faut chercher dans le biopolitique la cristallisation des contradictions entre l'avant et l'après biopolitique. Il y aurait deux théories successives et irréconciliables chez foucault.
Deuxième possibilité: on ne considère non pas qu'il y a crise mais renouvellement dans le passage au dernier foucault, de la gouvernementalité et de la subjectivation. Auquel cas, le travail de foucault n'est pas nécessairement marqué par les contradictions; la biopolitique est simplement le moment où le manque progressivement créé par la conceptualisation du couple savoir/pouvoir - l'avant biopolitique - va être comblé par la gouvernementalité - l'après biopolitique - ce qui nécessite la reformulation de la biopolitique en d'autres termes. Il y aurait alors complémentarité entre divers aspects de foucault, au prix d'un abandon de la biopolitique.
En tout cas, il apparaît que le problème de la biopolitique, c'est avant tout celui du sujet. Plus précisément, c'est le point d'intersection d'analyses débarrassées du sujet moderne, comme l'affirme L'Archéologie du savoir, ordonnées selon le couple savoir/pouvoir, et d'un nouveau problème, celui de la subjectivation, ouvert par l'idée de la gouvernementalité et étendue au gouvernement de soi. La biopolitique est alors, pour comprendre les productions de foucault, un point d'attaque particulièrement fécond, puisqu'elle met en jeu ces deux ensembles relativement distincts, l'un déjà relativement systématisé, l'autre encore à venir.
J'essaierai donc de montrer comment la biopolitique est guidée par la question du sujet chez foucault. Dans un premier temps, elle s'inscrit dans ce rejet du sujet, ce qui implique deux choses: 1 - A la place du sujet apparaissent des technologies de pouvoir, propres au biopolitique. 2 - S'il n'y a pas de sujet du biopolitique, mais des technologies du pouvoir, il n'y a pas non plus d'objet du biopolitique, mais des domaines d'exercice du pouvoir, constitués par un savoir : la population comme espèce vivante. Ainsi le travail de foucault consiste à substituer à l'association sujet/objet politique le couple stratégies/lieu d'exercice du pouvoir.
Par la suite, si la biopolitique est un travail inachevé pour foucault, c'est qu'en elle s'ouvre une problématique qui la dépasse, nommément la question de la gouvernementalité et de la subjectivation. Ce qui posera alors la question de l'autonomie face à la biopolitique, débouchant sur la question de la résistance, non pas dans le pouvoir, mais contre lui.
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