Le Bouddhisme Zen et Bouddhisme de la Terre Pure dans les Haikus de Bashô et Issa
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exposé
publié le 12/05/2007
évaluation : non évalué
niveau : grand public
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Résumé
« Jai atteint le Dhamma, profond, difficile à voir, difficile à comprendre, silencieux, excellent, au-delà des pensées, subtil » (Gotama Buddha in Pande: 116). Lillumination, le nirvana ne peut être transmis par les mots. Le Haïku, poème japonais composé selon le schème syllabique 5-7-5 est ainsi une forme particulièrement bien adaptée aux différentes formes de bouddhisme japonais, ici le zen et le bouddhisme de la terre pure: sa structure très courte, simple et dénudée privilégie les émotions et les sensations, lineffable.
Le zen et le bouddhisme de la terre pure se retrouvent dans les éléments, les croyances et les doctrines clefs du bouddhisme Theravada et Mahayana dont ils sont nés, éléments que lon peut retrouver dans les Haïkus de bashô et issa. Néanmoins, certaines différences sont essentielles, et forment le cur des leurs Haïkus. Quels sont les éléments zen dans les Haïkus de bashô ? Quels sont les éléments du bouddhisme de la terre pure dans les Haïkus dissa ? Comment, finalement, ces éléments se retrouvent-ils dans la tradition du bouddhisme Mahayana et Theravada?
Les deux Haïkus de bashô ont été écrits de la perspective du non-soi. Le soi nest pas sujet et le non-soi nest pas objet, le soi et le non-soi sont uns. En effet, le soi nexiste pas, il nest que le résultat des pulsions égoïstes de lhomme qui voit le monde en termes de dualités et dichotomies. La brièveté du Haïku permet cette perspective décriture du non-soi: les catégories mentales du « je » et « eux » sont liées au langage, or le Haïku est économe en langage afin de faire appel aux sensations et à linstinct, ressenti qui ne passe pas par la médiation de la pensée. Dans le langage zen, bashô a un bon kyogai, une bonne pensée et une bonne attitude à la fois, en tant quil nest pas conscient de lui-même, il abandonne le monde des dualités, pratique essentielle pour atteindre Kensho, lillumination, lessence du zen. Ainsi, dans la parabole « une coupe de thé » (Reps: 131), Nan-in constate du professeur duniversité quil est « remplis de ses propres opinions et spéculations », ce qui lempêche de comprendre le zen. Il doit « vider sa tasse », se vider des passions, impermanentes, qui le fait voir le monde à travers les dualités.
Le premier Haïku, ici traduit par « Vieil étang/ au plongeon dune grenouille/ leau se brise » ne présente aucun sujet, donc aucun objet, il revêt la forme dune image figée dont la plénitude se dégage, dun constat, neutre. Il dépasse les catégories morales et esthétiques, qui, si présentes, porteraient à la séparation entre le « moi » et le monde. bashô vit létat de Samâdhi (Sheng-Yen: 145), il ny a pas de distinction entre lui et le monde, ni le temps et le lieu. La brièveté des deux haïkus exprime particulièrement bien la non-temporalité de lexpérience elle-même : même si le mouvement est présent dans chacun deux (« plongeon », « voyage », « parcourent ») lexpression qui sen dégage est intemporelle. Samadhi est traduisible par « unité de pensée » ou « unité desprit », le dépassement de la dualité, de la non-dualité de la dualité et de la non-dualité. Lesprit de bashô ne fait quun avec ce « vieil étang », cet étang sans âge, intemporel. Il nest quun avec le bruit de leau également : « oto » en japonais est une onomatopée, bashô ne décrit pas le bruit de leau, il le vit. Ainsi, bashô embrasse lunité dans la pluralité, il sunit avec luniversel, ici symbolisé par la nature, symbole de linfini car cyclique.
Le zen et le bouddhisme de la terre pure se retrouvent dans les éléments, les croyances et les doctrines clefs du bouddhisme Theravada et Mahayana dont ils sont nés, éléments que lon peut retrouver dans les Haïkus de bashô et issa. Néanmoins, certaines différences sont essentielles, et forment le cur des leurs Haïkus. Quels sont les éléments zen dans les Haïkus de bashô ? Quels sont les éléments du bouddhisme de la terre pure dans les Haïkus dissa ? Comment, finalement, ces éléments se retrouvent-ils dans la tradition du bouddhisme Mahayana et Theravada?
Les deux Haïkus de bashô ont été écrits de la perspective du non-soi. Le soi nest pas sujet et le non-soi nest pas objet, le soi et le non-soi sont uns. En effet, le soi nexiste pas, il nest que le résultat des pulsions égoïstes de lhomme qui voit le monde en termes de dualités et dichotomies. La brièveté du Haïku permet cette perspective décriture du non-soi: les catégories mentales du « je » et « eux » sont liées au langage, or le Haïku est économe en langage afin de faire appel aux sensations et à linstinct, ressenti qui ne passe pas par la médiation de la pensée. Dans le langage zen, bashô a un bon kyogai, une bonne pensée et une bonne attitude à la fois, en tant quil nest pas conscient de lui-même, il abandonne le monde des dualités, pratique essentielle pour atteindre Kensho, lillumination, lessence du zen. Ainsi, dans la parabole « une coupe de thé » (Reps: 131), Nan-in constate du professeur duniversité quil est « remplis de ses propres opinions et spéculations », ce qui lempêche de comprendre le zen. Il doit « vider sa tasse », se vider des passions, impermanentes, qui le fait voir le monde à travers les dualités.
Le premier Haïku, ici traduit par « Vieil étang/ au plongeon dune grenouille/ leau se brise » ne présente aucun sujet, donc aucun objet, il revêt la forme dune image figée dont la plénitude se dégage, dun constat, neutre. Il dépasse les catégories morales et esthétiques, qui, si présentes, porteraient à la séparation entre le « moi » et le monde. bashô vit létat de Samâdhi (Sheng-Yen: 145), il ny a pas de distinction entre lui et le monde, ni le temps et le lieu. La brièveté des deux haïkus exprime particulièrement bien la non-temporalité de lexpérience elle-même : même si le mouvement est présent dans chacun deux (« plongeon », « voyage », « parcourent ») lexpression qui sen dégage est intemporelle. Samadhi est traduisible par « unité de pensée » ou « unité desprit », le dépassement de la dualité, de la non-dualité de la dualité et de la non-dualité. Lesprit de bashô ne fait quun avec ce « vieil étang », cet étang sans âge, intemporel. Il nest quun avec le bruit de leau également : « oto » en japonais est une onomatopée, bashô ne décrit pas le bruit de leau, il le vit. Ainsi, bashô embrasse lunité dans la pluralité, il sunit avec luniversel, ici symbolisé par la nature, symbole de linfini car cyclique.
Sommaire
- Le Zen dans les Haïkus de Bashô
- La perspective du non-soi
- L'unité dans la pluralité
- Le koan
- Le Bouddhisme de la Terre Pure chez issa
- Jiriki et Tariki
- Non-acceptance de l'impermanence
- Compassion
- Mahayana et Theravada
- Dukkha
- L'impermanence
- Savoir contre ignorance ?
