Camus, “La peste” (1947)

Date de publication :

24/04/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

41 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire Camus, “La peste” (1947)
 Sommaire

 
  1. Première partie : ''Un jour d'avril, le docteur Rieux découvrit le cadavre d'un rat sur son palier''
  2. Deuxième partie : ''La peste fut notre affaire à tous''
  3. Troisième partie : ''Au c'ur de l'été, l'épidémie redoubla''
  4. Quatrième partie : ''Le docteur Castel s'employa à produire un sérum à partir des cultures du microbe qui infestait la ville''
  5. Cinquième partie : ''Au mois de janvier, les statistiques des décès commencèrent à baisser, les cas de guérison se multiplièrent''
  6. La composition de ''La peste'' se poursuivit pendant huit années et, au cours de cette longue genèse, les données initiales se trouvèrent sensiblement modifiées
  7. Quelles sont les éléments qui ont infléchis ce projet ?
  8. Un livre désigné tantôt comme un roman tantôt comme une chronique
  9. Une écriture volontairement sobre face à l'impuissance des phrases devant la peste
  10. ''La peste'' présente des tableaux d'Oran et de la maladie
  11. Les protagonistes de ''La peste'' sont présentés selon la grande tradition psychologique
  12. Présentation des personnages
  13. Une fable aux multiples sens
  14. Les solutions proposées face aux fléaux
  15. Destinée de l'oeuvre

Résumé :

Comment camus fut-il amené à envisager un roman ayant pour sujet une ville en proie à la peste?
La lecture de ses carnets, de ''L'envers et l'endroit'' et de ''Noces'' permet de se faire une idée assez précise de l'état d'esprit qui a donné naissance à la création de cette oeuvre. On découvre, dans ses premiers écrits, un jeune homme, éperdument amoureux de la vie, de la vie physique, la vie en plein air surtout, et qui a grandi dans « un pays qui invite à la vie ». Les gens (du moins ceux d'origine européenne) vivaient et mouraient sans souci du lendemain, sans souci de ce qui les attendait après la mort. « Ce peuple, a-t-il écrit-il dans ''L'été à Alger'', a mis tous ses biens sur cette terre et reste dès lors sans défense contre la mort. » Et il était, certes, le dernier à leur reprocher de ne pas mettre leur espoir en une survie. Mais ce qui lui paraissait inadmissible, c'est que la vie terrestre étant la seule existence réservée aux êtres humains, ils acceptent de la vivre passivement et sans prendre conscience de sa valeur. Il est important de constater le rôle, dans la genèse de ''La peste'', de ce sens du prix de la vie chez camus, car il éclaire un aspect du livre sur lequel on n'a peut-être pas assez insisté.
Or, à dix-sept ans, il connut, pour la première fois, la menace de la tuberculose. La menace d'une mort prématurée a développé chez lui un sens aigu du prix de la vie. On ne peut cependant affirmer que ce fut la maladie qui, d'abord, l'amena à méditer sur le sujet de la peste. Mais il ne faut pas un effort d'imagination bien grand pour comprendre que, dès que l'idée d'une ville en proie à la peste se fut présentée à son esprit, il ait vu, dans une situation où les citoyens sont menacés à chaque moment de leur vie par une contagion qui peut leur être fatale, une image capable d'exprimer son propre univers intérieur.
Là-dessus, il lut l'essai d'Antonin Artaud ''Le théâtre et la peste'' (qui fut repris en 1938 dans ''Le théâtre et son double''). Ce manifeste d'inspiration surréaliste a pour amorce une comparaison singulière entre le fléau, qui, dans la cité atteinte, fait voler en éclats les cadres moraux et déclenche une frénésie de jouissance, et la représentation scénique, qui, ruinant les apparences de respectabilité dont s'entoure la société, libère les forces instinctives d'ordinaire refoulées par les règles de la vie en commun : « L'action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car en poussant les hommes à se voir tels qu'ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartuferie ; elle secoue l'inertie asphyxiante de la matière qui gagne jusqu'aux données les plus claires des sens ; et révélant à des collectivités leur puissance sombre, leur force cachée, elle les incite à prendre en face du destin une attitude héroïque et supérieure qu'elles n'auraient jamais eue sans cela. » L'animateur du Théâtre de l'Équipe qu'était camus portait un intérêt très vif aux écrits d'Antonin Artaud dont il mentionna brièvement les recherches dans l'''Avertissement'' de ''L'état de siège'' (1948). Mais ce qui le frappa sans doute dans cet essai, ce fut moins la thèse que l'illustration. Peu enclin à saluer paradoxalement dans l'épidémie une occasion d'émancipation, il fut fasciné par les visions brûlantes du doctrinaire et, plus encore, par l'exceptionnelle aptitude de ce thème à se prêter au symbole : « Si l'on veut bien admettre maintenant, écrit Artaud, cette image spirituelle de la peste, on considérera les humeurs troublées du pesteux comme la face solidifiée et matérielle d'un désordre qui, sur d'autres plans, équivaut aux conflits, aux luttes, aux cataclysmes et aux débâcles que nous apportent les événements. » Chez Antonin Artaud, camus trouva la mention des grandes « plaies » que, dans la Bible, Dieu envoie aux méchants pour les punir ; découvrit aussi, à propos de l'épidémie qui ravagea Marseille et la Provence de 1720 à 1722, une anecdote qui mettait en évidence le caractère mystérieux et sacré du fléau.
Dès lors, la peste joua un rôle sans égal dans sa réflexion. Lorsque, sous l'influence de Kierkegaard, de Jaspers et de Heidegger, il élargit son expérience de l'échec en philosophie de l'absurde, le mal qui éprouvait un seul homme devenant collectif, la référence à la peste ne servit plus seulement pour lui à évoquer notre vulnérabilité devant l'hostilité des choses ; elle marqua aussi notre désarroi devant leur inintelligibilité. Inexplicable, inéluctable, inexorable, cette calamité apocalyptique lui apparaissait comme le démenti le plus catégorique que le destin oppose à nos rêves de bonheur. Qu'elle rôde, proche ou lointaine, devrait nous garder d'une confiance ingénue dans le monde et la vie (« la stupide confiance humaine » qu'il fustigera dans ''La peste'' [page 67]). Il conçut le projet de peindre sous l'aspect d'une cité soumise à la peste la condition humaine face à la mort.
Cependant, dans une première version du récit, très proche du ''Mythe de Sisyphe'', il se proposa de montrer « l'équivalence profonde des points de vue individuels en face du même absurde». Il allait progressivement aboutir à une vision inverse : les personnages de premier plan représentent en effet, dans la version définitive, autant de réponses différentes au mal.

La composition de ''La peste'' se poursuivit pendant huit années et, au cours de cette longue genèse, les données initiales se trouvèrent sensiblement modifiées. camus dut d'abord achever ''Caligula'', ce qui fut fait au cours de l'année 1938. On y remarque que Caligula choisit d'emblée la peste pour modèle quand il veut rivaliser avec les dieux : « Ni peste universelle ni religion cruelle, pas même un coup d'État», lance-t-il aux patriciens épouvantés, « bref, rien qui puisse vous faire passer à la postérité. C'est un peu pour cela, voyez-vous, que j'essaie de compenser la prudence du destin. Je veux dire [ ], c'est moi qui remplace la peste !» [acte IV, scène 9] ).

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A propos de l'auteur :

pencil image Jean Raphael C. lyccen
Niveau :Grand public Etude suivie : Électronique Ecole, université : lycee gsh

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Jean Tardieu, Oradour

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