Cass. civ. 2ème, 20 octobre 2005
6.95€
commentaire d'arrêt
publié le 21/05/2007
avis client : non évalué
niveau : avancé
consulté 1 fois
Résumé
Par une décision rendue le 20 octobre 2005 (Bull. civ. II, n° 271), la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a consolidé la jurisprudence relative au respect de lexigence dimpartialité par les conseils de prudhommes.
Une société avait ainsi licencié plusieurs salariés, qui sétaient retournés devant le conseil de prudhommes. Défendeur à linstance, la société avait alors saisi la juridiction dune demande de renvoi pour cause de suspicion légitime. Elle considérait en effet que lorigine sociale des membres des conseils de prudhommes était contraire aux exigences posées par le paragraphe premier de larticle six de la convention européenne de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales (Conv. EDH). La Cour dappel ayant rejetée cette demande, la société sest pourvue en cassation.
Le problème juridique posé aux juges de la Haute juridiction était donc celui de la recevabilité de la demande de renvoi pour cause de suspicion légitime déposée par la société.
Ce problème amenait deux questions de droit, qui tenaient respectivement dans le respect de lexigence dimpartialité par la juridiction prudhomale, dune part, et dans la pertinence de lemploi de la procédure de renvoi pour cause de suspicion légitime lorsquil sagit de faire application dune telle exigence, dautre part. Plus généralement, cest donc linfluence de la Conv. EDH sur le « plus ancien tribunal du travail du monde » qui est en cause.
Cette interrogation nest cependant pas nouvelle. Elle a ainsi déjà fait lobjet antérieurement, à propos de questions de droits similaires, de décisions importantes (cass. soc., 19 décembre 2003 et cass. ass. plén., 6 novembre 1998 ; Bull. n° 4 et 5). Cet arrêt du 20 octobre 2005 ne révolutionne donc pas létat du droit. Il contribue toutefois à préciser la délicate articulation du droit national et du droit européen quant à lexigence dimpartialité.
Suivant la position adoptée en lespèce par les juges du fond, la Cour de cassation a donc confirmé et consolidé sa jurisprudence selon laquelle la composition paritaire des conseils de prudhommes assure le respect de lexigence dimpartialité en matière de contentieux du travail (I.). Elle a également logiquement étendu à la procédure de renvoi pour cause de suspicion légitime la solution quelle avait dégagée au sujet de la demande de récusation (II.).
Une société avait ainsi licencié plusieurs salariés, qui sétaient retournés devant le conseil de prudhommes. Défendeur à linstance, la société avait alors saisi la juridiction dune demande de renvoi pour cause de suspicion légitime. Elle considérait en effet que lorigine sociale des membres des conseils de prudhommes était contraire aux exigences posées par le paragraphe premier de larticle six de la convention européenne de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales (Conv. EDH). La Cour dappel ayant rejetée cette demande, la société sest pourvue en cassation.
Le problème juridique posé aux juges de la Haute juridiction était donc celui de la recevabilité de la demande de renvoi pour cause de suspicion légitime déposée par la société.
Ce problème amenait deux questions de droit, qui tenaient respectivement dans le respect de lexigence dimpartialité par la juridiction prudhomale, dune part, et dans la pertinence de lemploi de la procédure de renvoi pour cause de suspicion légitime lorsquil sagit de faire application dune telle exigence, dautre part. Plus généralement, cest donc linfluence de la Conv. EDH sur le « plus ancien tribunal du travail du monde » qui est en cause.
Cette interrogation nest cependant pas nouvelle. Elle a ainsi déjà fait lobjet antérieurement, à propos de questions de droits similaires, de décisions importantes (cass. soc., 19 décembre 2003 et cass. ass. plén., 6 novembre 1998 ; Bull. n° 4 et 5). Cet arrêt du 20 octobre 2005 ne révolutionne donc pas létat du droit. Il contribue toutefois à préciser la délicate articulation du droit national et du droit européen quant à lexigence dimpartialité.
Suivant la position adoptée en lespèce par les juges du fond, la Cour de cassation a donc confirmé et consolidé sa jurisprudence selon laquelle la composition paritaire des conseils de prudhommes assure le respect de lexigence dimpartialité en matière de contentieux du travail (I.). Elle a également logiquement étendu à la procédure de renvoi pour cause de suspicion légitime la solution quelle avait dégagée au sujet de la demande de récusation (II.).
Sommaire
- Le respect de l'exigence d'impartialité par les conseils de prud'hommes
- La mise en cause de l'impartialité des conseils de prud'hommes
- Les garanties de la composition paritaire des conseils de prud'hommes
- La recevabilité du moyen de défense tiré de l'exigence d'impartialité
- L'exigence d'impartialité comme moyen d'ordre public
- L'exigence d'impartialité comme fondement de la procédure de renvoi
