les Chiens Muets, étude littéraire
Date de publication :
22/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
9 pages
Sommaire :
Sommaire
- Quel principe permet à Péguy et Bernanos d'attaquer l'Eglise dont ils font partie ?
- Quelle conception ecclésiologique leur permet, voire les oblige à ''aboyer'' dans l'Eglise ?
Résumé :
« Il faut se méfier des curés, ils n'ont pas la foi »! Cette phrase ne choque pas du tout dans la bouche d'un socialiste français du début du vingtième siècle. Pourtant, si l'on prête l'oreille, c'est du dedans de l'Eglise que l'on entend retentir cette délation. Elle résonne donc doublement. Mais ce n'est pas étonnant que Péguy nous étonne. Par contre, les attaques de Bernanos contre l'Eglise sont à première vue surprenantes, compte tenu de son passif politique et chrétien, et des allégations de ses détracteurs athées.
Le problème est très simple. Les deux auteurs sont chrétiens, et plus remarquablement encore, se réclament du christianisme. Même la période qui précède la conversion de Péguy peut être appelée chrétienne selon ses écrits dans Notre jeunesse . Mais les deux auteurs attaquent, très fréquemment et parfois avec une extrême virulence, l'Eglise. Il y a donc un paradoxe. Comment peut-on expliquer que Péguy et Bernanos attaquent l'Eglise à laquelle ils appartiennent ? Pour montrer la puissance de ce paradoxe, imaginons quelques instants les deux auteurs attaquer, avec la même violence, la famille à laquelle ils appartiennent et dont ils sont les chefs. C'est impensable, et pas une ligne de chacune des deux oeuvres n'impute quoi que ce soit à la famille respective des auteurs. Ce serait aller contre les principes qui fondent tout le combat de ces hommes, contre leur dignité : « ce qui faisait notre dignité commune [commune aux dreyfusards dont fait partie Péguy et au parti adverse dont descend Bernanos] c'était qu'il ne fallait pas trahir. » Or, les textes sont formels, Péguy et Bernanos sont apparemment coupables de haute trahison envers l'Eglise, et ce crime, ils semblent le perpétrer de la façon la plus ostensible possible. Ce qu'il faut donc chercher à savoir, c'est quel principe leur permet d'attaquer ainsi l'Eglise dont ils font partie, quelle conception ecclésiologique leur permet, voire les oblige à « aboyer » dans l'Eglise.
Il faut donc se pencher tout d'abord sur les griefs que les deux auteurs portent contre la société fondée par Jésus-Christ, pour pouvoir dégager ensuite la distinction théologique qui résout le paradoxe et explique pourquoi ils peuvent dénoncer l'Eglise, avant de montrer pourquoi ils doivent dénoncer l'Eglise s'ils sont fidèles à cette conception ecclésiologique.
Le problème est très simple. Les deux auteurs sont chrétiens, et plus remarquablement encore, se réclament du christianisme. Même la période qui précède la conversion de Péguy peut être appelée chrétienne selon ses écrits dans Notre jeunesse . Mais les deux auteurs attaquent, très fréquemment et parfois avec une extrême virulence, l'Eglise. Il y a donc un paradoxe. Comment peut-on expliquer que Péguy et Bernanos attaquent l'Eglise à laquelle ils appartiennent ? Pour montrer la puissance de ce paradoxe, imaginons quelques instants les deux auteurs attaquer, avec la même violence, la famille à laquelle ils appartiennent et dont ils sont les chefs. C'est impensable, et pas une ligne de chacune des deux oeuvres n'impute quoi que ce soit à la famille respective des auteurs. Ce serait aller contre les principes qui fondent tout le combat de ces hommes, contre leur dignité : « ce qui faisait notre dignité commune [commune aux dreyfusards dont fait partie Péguy et au parti adverse dont descend Bernanos] c'était qu'il ne fallait pas trahir. » Or, les textes sont formels, Péguy et Bernanos sont apparemment coupables de haute trahison envers l'Eglise, et ce crime, ils semblent le perpétrer de la façon la plus ostensible possible. Ce qu'il faut donc chercher à savoir, c'est quel principe leur permet d'attaquer ainsi l'Eglise dont ils font partie, quelle conception ecclésiologique leur permet, voire les oblige à « aboyer » dans l'Eglise.
Il faut donc se pencher tout d'abord sur les griefs que les deux auteurs portent contre la société fondée par Jésus-Christ, pour pouvoir dégager ensuite la distinction théologique qui résout le paradoxe et explique pourquoi ils peuvent dénoncer l'Eglise, avant de montrer pourquoi ils doivent dénoncer l'Eglise s'ils sont fidèles à cette conception ecclésiologique.
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