Le cinéma cyberpunk et d’anticipation japonais, une vision acerbe de la société contemporaine japonaise

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Sommaire

  1. De l'ouverture du Japon au monde extérieur à nos jours, ou la genèse d'une société cyberpunk
    1. L'assimilation de l'etranger comme remede a l'asservissement
    2. La modernité et ses conséquences, améliorations et défaillances au sein du système
  2. Le cinéma japonais des origines à nos jours, lâhéritage délivré au genre cyberpunk
    1. Naissance et périodes de grande vitalité du cinéma japonais, jusqu'à la fin des années cinquante
    2. Déclin et chute du système à partir des années soixante
  3. La machine, instrument de pouvoir pour le Japon contemporain et les personnages cyberpunk
    1. Le héros du cyberpunk transformé par la machine
    2. La vision d'un japon deshumanisé, ou « techno-orientalisme »
  4. Le Japon moderne à l'ère du cyberpunk
    1. La mégalopole, cité-prison faisant perdre les sensations
    2. La mutation des comportements

Résumé du mémoire

L’origine du terme « cyberpunk » reste incertaine. Le mot serait apparu pour la première fois comme titre d’une nouvelle de Bruce Bethke écrite en 1980 et publiée trois ans plus tard dans la revue de science-fiction Amazing Stories , puis popularisé par le critique littéraire Gardner Dozois dans un article paru en 1984 dans le Washington Post . Le cyberpunk désigne alors un nouveau courant dans la nouvelle de science-fiction, où le salut de l’humanité ne demeure plus dans la domination d’autres planètes. L’avenir de l’homme réside tout simplement dans la (re-)conquête de sa propre société, relativement proche de la nôtre d’un point de vue spatio-temporel, bien que dirigée par la machine et l’informatique. Le terme a donc été attribué dans un premier temps à un mouvement littéraire dont les fondateurs sont essentiellement les auteurs américains Bruce Bethke et William Gibson pour son roman Le Neuromancien .
La problématique retenue est la suivante : si les acteurs du courant cyberpunk sont attirés par le Japon contemporain et s’en inspirent pour décrire une structure malade, peut-on dire que les cinéastes japonais de films cyberpunk se nourrissent de l’image exacte de leur société pour réaliser leurs œuvres ? L’hypothèse en découlant est que ces artistes, à travers leurs fictions, posent exactement le doigt sur les problèmes sociaux existant dans leur pays.
Un rapide historique du Japon de l’époque Meiji à nos jours démontrant la vitesse à laquelle le pays s’est modernisé permettra d’en appréhender les conséquences sur la société actuelle : le cadre de vie des Japonais et les valeurs véhiculées. Ensuite, une rétrospective du cinéma japonais pourra mettre en évidence le rapport qu’entretient le Septième Art avec le public, ainsi que quelques-unes de ses particularités : une certaine tradition de la dénonciation sociale ou encore une utilisation croissante de la violence comme trait stylistique. Nous verrons dans quelles mesures ces particularités s’appliquent au cinéma cyberpunk. Pour finir, une analyse des thèmes et éléments récurrents dans différentes œuvres cinématographiques cyberpunk permettra de percevoir comment ces réalisateurs considèrent la machine et quel est son rapport à l’homme d’une part, puis quelles places sont encore accordées à l’être humain et à ses valeurs au sein de cette société. En guise de conclusion, un court aperçu d’autres moyens d’expression artistique dans le courant cyberpunk permettra de vérifier si le discours pessimiste des cinéastes se retrouve ailleurs.
Les outils utilisés pour mener à bien cette recherche sont donc historiques (Histoire générale et histoire du cinéma), sociologiques et sémiologiques. Les sources historiques et sociologiques sur le Japon peuvent se trouver aisément en bibliothèques ou dans les boutiques et surfaces spécialisées. D’ailleurs, depuis quelques années, un intérêt tout particulier pour le Japon contemporain et sa culture populaire a permis la rédaction d’ouvrages très intéressants. À propos du cinéma japonais lui-même, il n’existe par contre que des ouvrages généralistes, et les informations concernant le mouvement cyberpunk ne peuvent se trouver qu’auprès de sites Internet ou de courts articles sur la culture contemporaine nippone. Dans la grande majorité des cas, les analyses déjà existantes proviennent de travaux de passionnés et / ou d’étudiants. J’ai toutefois eu la possibilité de réunir quelques articles et critiques cinématographiques grâce à la Cinémathèque de Nice.
Concernant la conclusion, où je fais mention d’autres moyens d’expressions artistiques, je me suis appuyé sur des œuvres exposées à la Maison de la culture du Japon à Paris, du 28 Octobre 2003 au 31 Janvier 2004, dans le cadre d’une série de manifestations intitulées Hommes et Robots, de l’utopie à la réalité. Celles-ci avaient pour thème le rapport qu’entretient l’Homme avec son environnement automatisé.
Le corpus filmographique a été choisi en fonction de la renommée des œuvres, de la pertinence du propos, mais surtout de leur disponibilité. En effet, bien que la production animée japonaise tende à se populariser en France, le cinéma japonais en général est encore loin de faire l’unanimité. Hormis les grands classiques, le nombre de films distribués en France pour le marché de la vidéo ou du DVD est plutôt maigre – sans parler de l’exploitation en salles. Même si récemment des distributeurs indépendants et des cinéphiles ont permis de révéler certaines œuvres en France, le cinéma japonais est encore trop souvent "tributaire des caprices des festivals (…), des distributeurs, et surtout d’une critique qui fonctionne trop souvent par modes successives" . Signalons toutefois que l’existence de festivals spécialisés (comme le festival du cinéma asiatique de Deauville), et la multiplication des manifestations liées au Japon a depuis quelques années permis une plus grande (re-)connaissance du cinéma japonais.
Bien que le corpus filmographique retenu ne soit constitué que d’une partie d’œuvres distribuées en France, les thèmes qui y sont abordés doivent de toute façon être communs à l’ensemble de la production cyberpunk nippone.

[...] Il est toutefois intéressant de noter que dans le récent boom de l’horreur japonais, les histoires appartiennent plus particulièrement au courant occultiste, ce qui pourrait expliquer la grande fascination que ces films exercent sur le public féminin, et plus particulièrement sur les adolescentes[257]. Mais le mythe du mâle assassin et de la femme violée, torturée, ou tuée n’est pas pour autant absent du répertoire de l’horreur japonais. Au contraire, cette tradition fait partie de la production pornographique et horrifique nippone depuis la période Tokugawa (1603-1867), même si ses expressions les plus sadiques sont apparues plus récemment dans les bandes dessinées, les dessins animés et les films[258]. [...]


[...] Table des matières INTRODUCTION Partie I : De l’ouverture du Japon au monde extérieur à nos jours, ou la genèse d’une société cyberpunk (Rappel historique) Chapitre I : L’assimilation de l’étranger comme remède à l’asservissement L’arrivée de l’Occidental et de ses nouvelles techniques II) Une nouvelle structure sociale et économique pour une nouvelle puissance III) Résurgence du nationalisme IV) Le conflit du Pacifique et la défaite japonaise Chapitre II : La modernité et ses conséquences, améliorations et défaillances au sein du système La reformation du pays et l’expansion économique II) Le nouveau déclin de l’État Partie II : Le cinéma japonais des origines à nos jours, l’héritage délivré au genre cyberpunk Chapitre I : Naissance et grandes périodes de vitalité du cinéma japonais, Jusqu’à la fin des années cinquante Des origines jusqu’à l’âge d’or du muet des années trente II) De la période nationaliste jusqu’à la renaissance de l’après-guerre III) Le second âge d’or des années cinquante La consécration et la reconnaissance à l’étranger de metteurs en scène ambitieux Le développement du cinéma de divertissement Chapitre II : Déclin et chute du système à partir des années soixante Les Nouvelles Vagues et leurs révolutions II) Les majors en perte de vitesse Le mariage du sexe et de la violence au cinéma : la dernière arme des majors pour attirer le public La recherche d’indépendance des grands cinéastes III) L’émergence des nouveaux indépendants à partir des années quatre-vingt IV) La place laissée au genre cyberpunk dans un contexte peu propice à la création Partie III : La machine, instrument de pouvoir pour le Japon contemporain et les personnages cyberpunk Chapitre I : Le héros du cyberpunk transformé par la machine L’élément métallique comme principe libérateur L’adoption de la puissance nucléaire américaine Le corps humain et la machine : deux entités bien différenciées II) Les dangers de l’hybridation corps / machine La perte de son humanité Un besoin grandissant de métal, se substituant à l’organique Chapitre II : La vision d’un Japon déshumanisé, ou techno-orientalisme Partie IV : Le Japon moderne à l’ère du cyberpunk Chapitre I : La mégalopole, cité-prison faisant perdre les sensations Une structure titanesque écrasante et opprimante II) Le moderne occultant de plus en plus le passé III) La dissimulation de la mort IV) La violence et l’adrénaline comme derniers vestiges témoignant de son humanité Une urbanisation sans limite Chapitre II : La mutation des comportements Le monde aliénant de l’entreprise Les particularités du capitalisme japonais L’obligation de se conformer au groupe II) Le poids du système éducatif Le paradoxe d’un système prônant conformité au groupe et compétition La violence en milieu scolaire, une réalité inavouable pour l’institution La torture de l’ijime La guerre au clou qui dépasse L’incapacité des professeurs à faire valoir leur autorité III) La criminalité juvénile : un terrain d’application ne se limitant pas qu’à l’école IV) L’émancipation de la jeune femme japonaise Le statut dévalorisant de la femme dans la société Le manga amateur pour filles, véhicule d’une nouvelle image de l’homme ayant perdu toute virilité, et précurseur de l’héroïne court-vêtue 84 Les représentations de la femme dans le cinéma d’horreur : castratrices et supérieures à l’homme Une société en mal de communication Le repli sur soi : l’arme de l’otaku pour échapper à la réalité Les ordinateurs et nouveaux médias, facteurs de l’isolement de l’individu L’absence de la figure paternelle Les valeurs d’après-guerre devenues obsolètes Les nouvelles religions, refuge idéal d’une génération en mal de modèles CONCLUSION Bibliographie Filmographie Table des matières Bruce Bethke, "Cyberpunk", in Amazing Stories, novembre 1983. [...]


[...] Voyons les relations qu’entretiennent les humains avec les machines dans l’imaginaire cyberpunk Partie III La machine, instrument de pouvoir pour le Japon contemporain et les personnages cyberpunk CHAPITRE I : LE HÉROS DU CYBERPUNK TRANSFORMÉ PAR LA MACHINE L’ÉLÉMENT MÉTALLIQUE COMME PRINCIPE LIBÉRATEUR L’adoption de la puissance nucléaire américaine À l’image de ce Japon ayant besoin de se constituer une nouvelle peau pour combattre, à l’aube de l’époque Meiji, plusieurs héros de fiction japonaise revêtent une armure pour devenir supérieur. [...]


[...] Un large éventail de figures d’origines shinto ou bouddhistes fait partie de nombreuses œuvres de la tradition littéraire et théâtrale japonaise. Ainsi, démons, esprits, sorcières, âmes des défunts, constituent l’immense répertoire mythologique nippon dont les thèmes et les représentations continuent d’alimenter le monde du manga et du cinéma. Néanmoins, pour saisir la particularité de la nouvelle vague d’histoires d’horreur qui déferle sur la culture japonaise depuis quelques années et dont les codes sont également repris, comme nous le verrons, dans certaines œuvres cyberpunk il peut être utile de se référer également à la tradition cinématographique occidentale[245]. D’après Carol J. [...]


[...] Extrait d’un texte de Masaichi Nagata, La tâche de l’industrie cinématographique japonaise publié dans la Revue internationale du cinéma Ikiru, titre d’exploitation française : Vivre, Japon durée : 143 mn, version originale : japonaise, Noir et Blanc, réalisé par Akira Kurosawa, produit par Sojiro Motoki, écrit par Shinobu Hashimoto, Akira Kurosawa, Hideo Oguni, interprété par Takashi Shimura, Shinichi Himori, Haruo Tanaka. Shichinin no samurai, titre d’exploitation française : Les Sept Samouraïs, Japon durée : 160 mn (206 mn en version originale), version originale : japonaise, Noir et Blanc, réalisé par Akira Kurosawa, produit par Sojiro Motoki, écrit par Shinobu Hashimoto, Akira Kurosawa, Hideo Oguni, interprété par Takashi Shimura, Toshirô Mifune, Yoshio Inaba. [...]

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A propos de l'auteur
Jeremy C.
etudiant
Niveau
Avancé
Etude suivie
Autres
Ecole, université
Nice
A propos du doc
Date de publication
22/11/2006
Langue
français
Format
.doc
Type
mémoire
Nombre de pages
89 pages
Niveau
avancé
Consulté
19 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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