Civ. 1ère, 22 juin 2004

Date de publication :

28/11/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

5 pages

Niveau :

avancé

Consulté :

24 fois

Avis client :

non évalué

Validé par :

le comité Oboulo.com

Sommaire :

 
 

Sommaire Civ. 1ère, 22 juin 2004 Sommaire

 
  1. L'appréciation in concreto de l'existence d'un dol
    1. L'aspect délictuel du dol : un acte de déloyauté lors de la conclusion du contrat
    2. L'aspect psychologique du dol : un vice du consentement chez la personne victime des man'uvres
  2. La non application de la règle du « Nemo auditur » et ses conséquences
    1. L'impossibilité d'appliquer la règle du « Nemo auditur »
    2. Conséquences : l'annulation du contrat et une demande en dommage et intérêt basé sur l'article 1382 du c.c.

Résumé :

« Tel est pris qui croyait prendre », voilà le proverbe qui présente parfaitement cette affaire.
En effet, dans cette affaire, deux pollicitants ont proposé, à un tiers, de lui vendre un lot de statuettes. Mais ce tiers a décliné l'offre qui lui était faite. Cependant, il a tout de même accepté de conserver la collection dans l'attente de trouver un acheteur. Ainsi, quelques jours plus tard, le tiers reçoit la visite d'un de ses clients qui lui propose d'acquérir le lot de statuettes lui permettant, en même temps, de réaliser un profit substantiel. Le client verse un acompte. En conséquence, le tiers accepte l'offre, faite par les deux pollicitants, au motif qu'il a trouvé un acheteur. Le contrat est donc exécuté. Mais le client n'est jamais réapparu. En conséquence, le tiers, acceptant de l'offre ; a estimé avoir été trompé. Il dépose, alors, plainte pour escroquerie. A cette demande, le tribunal a rendu une ordonnance de non lieu. L'acceptant a donc saisit le tribunal pour demander l'annulation de la vente, ainsi que la restitution de la somme versée, en exécution du contrat, et des dommages intérêts en réparation du préjudice qu'il a subi.
A cette demande, la cour d'appel de Montpellier, dans son arrêt 18/09/2001, a répondu en deux temps. D'une part, la cour d'appel a admis l'existence de manoeuvres commises, par les deux pollicitants et le client, pour inciter le tiers à acquérir le lot de statuettes pour une somme sans proportion avec leur valeur réelle. Cependant la cour d'appel a considéré que l'acceptant n'avait pas donné son consentement en raison de la valeur attribuée aux statuettes de façon erronée mais du fait de la croyance qu'il avait de pouvoir les revendre en réalisant un profit. En conséquence elle a estimé que le comportement de l'acceptant était cupide et illicite. Elle a donc appliqué le principe « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude » pour rejeté la demande en annulation. D'autre part, la cour d'appel, considérant que le comportement de l'acceptant, a estimé qu'il fallait lui opposer sa propre turpitude. En conséquence elle l'a débouté de sa demande en dommage et intérêts.
On peut donc se demander si une victime de manoeuvres peut demandée l'annulation du contrat, entaché de ces manoeuvres, ainsi que des dommages intérêts alors que cette victime avait dans l'intention de réaliser un profit substantiel à l'encontre de son cocontractant ?
A cette question la cour de cassation, dans son arrêt du 22/06/2004, a répondu par la positive. D'une part, elle a considéré que l'acceptant avait été victime de manoeuvre dolosive exercée, de façon concertée entre le client et les deux pollicitants, dans le seul but de lui soutirer de l'argent. La cour de cassation a donc estimé que la vente était nulle. D'autre part, concernant le principe « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude », elle a apprécié ça non application dans cette affaire. Le fait que l'intéressé est agit en croyant réaliser un profit substantiel est de faible importance. Elle estime donc que la cour d'appel a mal appliqué ce principe, refusant alors d'appliquer l'article 1116 du c.c. Elle précise également que ce principe ne s'applique pas en matière délictuelle. La cour d'appel aurait donc dû appliquer l'article 1382 du c.c. concernant la demande en dommage et intérêts. Cependant la cour a rendu un arrêt de cassation partielle. En effet sur un point, elle fait un rejet. Ainsi elle a rejeté la demande de l'héritier, d'un des deux pollicitants, d'être mis hors de cause.
Ainsi, la cour de cassation a apprécié in concreto, à partir des constatations de la cour d'appel, l'existence d'un dol. En conséquence elle a conclu que le principe ne pouvait être appliqué à cette situation. En effet, la croyance de tromper son cocontractant, en ayant pour seul objectif, en concluant le contrat de réaliser un profit n'est pas important. Ce qui est important c'est l'existence de manoeuvres dolosives qui vont permettre de prononcer la nullité du contrat. Or qui dit nullité d'un contrat, dit que la responsabilité est délictuelle.
Ainsi après avoir apprécié in concreto, l'existence du dol (I), nous verrons que la règle du « Nemo auditur » ne peut s'appliquer et les conséquences qui en découlent (II).

Les internautes ont également acheté :

Arrêt rendu par la chambre mixte de la cour de cassation le 9 juillet 2004

Commentaire d'arrêt  |  29/11/2006   |  fr  |  .doc  |  5 pages

Cour de Cassation, Civ. 1ère, 16 juillet 1998

Commentaire d'arrêt  |  08/12/2006   |  fr  |  .doc  |  4 pages

Voir docs similaires : Droit civil

3
 
Résolution de trois cas pratiques sur l'extinction du cautionnement

Exposé  |  06/05/2009   |  fr  |  .doc  |  5 pages

4
 
La valeur d'un testament olographe - cas pratique

Exposé  |  09/10/2009   |  fr  |  .doc  |  7 pages

5
 
Cas pratique : la modification du contrat de mariage

Exposé  |  14/04/2009   |  fr  |  .doc  |  9 pages

Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit civil

1
 
La réforme des tutelles

Exposé  |  06/11/2009   |  fr  |  .doc  |  6 pages

2
 
Intérêt et qualité à agir : cas pratiques

Exposé  |  06/11/2009   |  fr  |  .doc  |  5 pages

3
 
La notion d'action en justice : l'article 30 du Nouveau Code de Procédure Civile

Commentaire de texte  |  06/11/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

4
 
La condition d'intérêt pour agir

Exposé  |  06/11/2009   |  fr  |  .doc  |  5 pages

5
 
L'entreprise et la responsabilité délictuelle

Fiche  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  7 pages

A propos de l'auteur :

pencil image BOUCHER H. étudiante
Niveau :Avancé Etude suivie : Autres Ecole, université : Université de droit de Nantes cursus LMD