Commentaire de l'arrêt de la 1ère chambre civile de la Cour de cassation en date du 3 juillet 1996: la notion de cause
Date de publication :
04/12/2003
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- La remise en cause de la conception traditionnelle de la cause
- Le rejet de la notion de cause objective
- Le glissement vers une conception subjective de la cause
- La référence à l'économie du contrat pour fonder l'absence de cause
- Une absence de cause basée sur la notion d'économie du contrat voulue par les parties
- Les conséquences de l'utilisation de cette notion
Résumé :
En l'espèce, la société DPM conclu avec les époux Piller un contrat de création d'un « point club vidéo » et de location de cassettes vidéo dans une petite agglomération.
La cour d'appel (CA) de Grenoble a été saisie et dans un arrêt du 17 mars 1994, elle a annulé le contrat pour défaut de cause en considérant que la cause, mobile déterminant de l'engagement des époux Piller était la diffusion certaine des cassettes et que celle-ci était vouée à l'échec dans une ville de 1314 habitants, le contrat était donc non causé.
La société DPM a formé un pourvoi au motif que, premièrement, la cour d'appel a confondu la cause de l'obligation des époux avec la cause du contrat et en l'espèce, la cause de l'obligation étant la mise à leur disposition des cassettes, celle-ci existait bien. Et deuxièmement, la cour d'Appel ne pouvait prendre en compte les motifs que dans le cas où ceux-ci étaient entrés dans le champ contractuel, ce qui n'était pas le cas.
Le problème posé à la cour de cassation était donc de savoir dans quelle mesure un contrat ayant pour objet la location de cassettes vidéo dans une agglomération de 1314 habitants, peut-il être annulé pour absence de cause ?
La cour de cassation a approuvé la solution de la cour d'appel et ainsi rejeté le pourvoi au motif que « l'exécution du contrat selon l'économie voulue par les parties était impossible » ainsi la cour d'appel en a correctement déduit l'absence de cause du contrat car elle avait constaté le défaut de « contrepartie réelle à l'obligation de payer le prix de location des cassettes ».
La cour de cassation (CC) a, par cet arrêt, choisit de faire référence à une conception différente de la vision traditionnelle de la cause pour annuler le contrat (I-). Elle utilise en effet la notion d'économie du contrat pour rechercher l'existence de la cause (II-).
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