Commentaire darrêt de la chambre commerciale du 29 mai 2001 sur le thème : formation du cautionnement
Date de publication :
16/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Un revirement clairement affirmé par l'admission de la nullité du cautionnement en cas de dol du cofidéjusseur
- Une jurisprudence classique, hostile à cette admission
- L'affirmation d'un principe péremptoire justifié
- Les effets limités de cette affirmation à l'égard de la situation des protagonistes
- L'absence de caractère déterminant des man'uvres dolosives entraînant un rejet
- Une solution à portée limitée aux rapports entre cofidéjusseurs
Résumé :
Comme tous contrats, la formation du cautionnement doit se plier aux conditions de validité de l'article 1108 du code civil (c.civ). En effet, les contractants doivent être capables, le contrat doit comporter un objet et une cause licite, et enfin, les contractants doivent consentir au cautionnement. C'est précisément sur cette dernière condition que portera notre analyse. Le contrat de cautionnement représentant une convention dangereuse, mérite mure réflexion de la part des cautions, c'est pour quoi celle-ci doivent être consciente de ce à quoi elles s'engagent.
Les vices du consentement constituent un moyen très souvent invoqué par les caution qui, lorsque le créancier se tourne vers eux, souhaitent se décharger par tout moyen. Il existe trois types de vice entraînant la nullité du contrat. D'abord, le consentement doit être libre c'est-à-dire, non atteint d'un vice de violence. Ensuite, le consentement doit être éclairé, pour cela il ne doit pas être vicié par une erreur, qui est une cause nullité du contrat, en vertu de l'article 1110 du c.civ, lorsqu'elle porte sur la substance de la chose, il peut y avoir également nullité lorsque l'erreur n'est pas spontanée, mais qu'elle a été provoqué par des manoeuvres, il s'agit alors du dol. Ce dernier point à soulevé nombre de controverses, notamment concernant l'auteur des manoeuvres.
La chambre commerciale de la cour de cassation s'est penchée sur le sujet dans un arrêt du 29 mai 2001.
En l'espèce, un organisme bancaire, a consenti à une société de chaudronnerie un prêt comprenant une double garantie. Cette garantie est représentée par une sûreté personnelle qui est le contrat de cautionnement. Il existe deux cautions représenté par deux couples : les époux X et les époux Y. Après un redressement judiciaire, et par conséquent une impossibilité de la société d'honorer le remboursement de sa dette, la banque a appelé une caution en recouvrement du prêt. Mme X, ayant réglée à la banque la totalité de l'emprunt ainsi que ses intérêts, se retourne vers la seconde caution pour qu'elle contribue à la dette. Cette dernière refuse de rembourser sa part de la dette au motif que son consentement a été vicié par des manoeuvres dolosives de la par de son cofidéjusseur.
Les juges du fonds rejettent ces prétentions, suivant ainsi la jurisprudence classique qui affirmait que seul le dol du co-contractant est susceptible d'entraîner la nullité du contrat. En d'autres termes la nullité du contrat est envisageable seulement en cas de dol du créancier. Les juges du fonds ajoutent également que quand bien même le dol serait envisageable, ni le caractère déterminant des manoeuvres sur la détermination du consentement, ni l'ignorance de la situation de la société, n'est apporté.
Face au raisonnement classique de la Cour d'appel, il faut se demander s'il n'y aurait pas un intérêt à appliquer la nullité du contrat pour dol, à un autre auteur que le créancier. Un tiers au contrat, peut-il influencer, par des manoeuvres dolosives, l'un des contractants ? Ne serait-il pas judicieux, dans cette situation, d'invoquer la nullité du contrat pour vice de consentement ? Enfin, quels seraient les fondements et conséquences d'une telle admission ?
La Haute juridiction, ne va pas suivre la même thèse que la Cour d'appel, mais va en arriver à la même conclusion. En effet, les juges du droit vont procéder à un revirement de jurisprudence en admettant clairement que l'auteur d'un dol, vice du consentement, peut être un tiers au contrat, en l'espèce à un contrat de cautionnement. Elle admet alors le dol du cofidéjusseur. Pourtant, elle rejette le pourvoi, en concluant comme a pu le faire la Cour d'appel qu'il n'est pas rapporté que les époux Y, ignoraient la situation de la société, mais aussi que la preuve du caractère déterminant des manoeuvres n'est pas soutenue.
Les internautes ont également acheté :
Commentaire d'arrêt | 09/01/2008 | fr | .doc | 8 pages
Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit civil
Commentaire de texte | 06/11/2009 | fr | .doc | 3 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Droit civil
Commentaire d'arrêt | 28/12/2007 | fr | .rtf | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 15/01/2006 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 26/11/2001 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 16/03/2009 | fr | .doc | 6 pages
Commentaire d'arrêt | 12/04/2008 | fr | .doc | 5 pages
Les garanties d’oboulo.com :
