Commentaire d'arrêt: Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 16 janvier 1986
Date de publication :
09/03/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- La reconnaissance de l'infraction de tentative d'homicide volontaire sur un cadavre
- La manifestation d'un commencement d'exécution à travers l'accomplissement de l'acte homicide
- Le résultat impossible découlant d'une circonstance indépendante de la volonté de l'auteur
- L'expression d'une volonté répressive par l'importance donnée à l'intention
- l'animus necandi de l'auteur déterminante de la qualification
- Une solution motivée par la dangerosité présentée par un individu animé d'une telle intention criminelle
Résumé :
En l'espèce, la personne poursuivie a exercé volontairement des violences à l'encontre d'un individu qu'il croyait en vie avec intention de lui donner la mort. Il a cependant été constaté que l'individu était déjà mort avant que les nouveaux coups soient portés contre lui.
La chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris dans un arrêt du 11 juillet 1985 a décidé de renvoyer la personne poursuivie devant la cour d'assises pour tentative d'homicide volontaire. Un pourvoi en cassation a été formé.
Le demandeur au pourvoi invoque un seul moyen de cassation divisé en différentes branches que l'on peut reprendre de la manière suivante. D'une part, il est mis en évidence la contradiction entre les faits énoncés par l'arrêt attaqué dans ses motifs et ceux mentionnés dans le dispositif. D'autre part, il est souligné qu'il ne peut être retenu à son encontre la commission d'une tentative d'homicide volontaire suite aux coups portés volontairement sur l'individu, celui-ci étant déjà décédé au moment de son acte.
La chambre criminelle a du s'interroger sur le fait de savoir si une tentative d'atteinte volontaire à la vie d'autrui peut être caractérisée dans l'hypothèse où la victime était déjà décédée lors de l'accomplissement de l'acte homicide ? Autrement dit, la cour de cassation a du trancher la question du meurtre perpétré à l'encontre d'un cadavre.
Elle a cassé l'arrêt de la chambre d'accusation mais au seul motif qu'elle n'a pas été mise à même d'exercer de manière satisfaisante son contrôle de la décision attaquée. Elle retient la contradiction entre les motifs et le dispositif : l'auteur des violences aurait tenté de tuer la victime par des coups de bouteilles et par un étranglement selon les motifs alors que le dispositif précise qu'il aurait procédé à une strangulation accompagnée de coups de barre de fer.
Ce motif de cassation pourra être écarté du commentaire car il peut se comprendre rapidement et appartient davantage au domaine procédural. La cour de cassation ne statuant qu'en droit, elle laisse l'établissement des faits aux juges du fond. C'est ainsi qu'en se contredisant, l'arrêt jette un trouble sur cet établissement. La caractérisation de l'acte matériel en est plus difficile. La chambre criminelle ne remet pas en cause le raisonnement de fond de la chambre d'accusation mais elle effectue un renvoi afin que soit statué nettement sur les faits reprochés à la personne poursuivie.
Néanmoins, le prononcé de la cassation n'a pas empêché la chambre criminelle de statuer sur la véritable question de fond présentée par l'espèce. Elle retient comme la chambre d'accusation la qualification de tentative d'homicide volontaire à l'encontre de la personne victime des violences même si celle-ci était déjà morte au moment des faits. Elle motive sa décision en mettant en évidence d'une part le commencement d'exécution résultant des violences portées avec l'intention de donner la mort. D'autre part, le décès préalable de la personne importe peu étant donné que cette circonstance est jugée indépendante de la volonté de l'auteur. Ainsi, la cour de cassation estime qu'une tentative d'homicide volontaire sur un cadavre doit être réprimée à partir du moment où l'auteur croyait la victime en vie au moment de son acte.
Cet arrêt permet de préciser la notion de tentative et d'infraction impossible : il aurait pu être pensé a priori qu'une tentative de meurtre ne pouvait être retenue qu'à l'encontre d'une personne vivante. La chambre criminelle a privilégié une solution différente certes contestable mais fondée sur des préoccupations d'ordre répressif.
La qualification de tentative d'homicide volontaire est caractérisée eu égard à l'étude de ses différents éléments constitutifs(I) et peut se justifier par la volonté répressive du juge pénal qui porte une attention toute particulière à l'intention de tuer qui anime l'auteur(II)
Voir docs similaires : Droit pénal
Commentaire d'arrêt | 18/04/2009 | fr | .doc | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 09/03/2007 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 22/05/2009 | fr | .doc | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 22/02/2007 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 28/02/2003 | fr | .doc | 6 pages
Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit pénal
Exposé | 06/11/2009 | fr | .doc | 3 pages
Exposé | 05/11/2009 | fr | .doc | 6 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Droit pénal
Étude de cas | 24/05/2008 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 09/03/2007 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 07/05/2007 | fr | .doc | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 22/05/2007 | fr | .doc | 4 pages
Les garanties d’oboulo.com :
