Commentaire de larrêt Tribunal des Conflits, 8 février 1873, Blanco
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commentaire d'arrêt
publié le 23/04/2008
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niveau : grand public
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Résumé
Larrêt blanco, ou comment entériner les plus grands principes de la matière administrative, à savoir son autonomie et sa spécificité, en seulement trente lignes. Il nen reste pas moins lun des plus grands arrêts de la jurisprudence administrative. Encore que cette célébrité na pas été immédiate. En effet, il convient de préciser que larrêt blanco a fait lobjet dune reconstruction mythologique du droit administratif opérée au XX° siècle sous linfluence du commissaire du Gouvernement Jean Romieu. Avant cette date, larrêt blanco nétait pratiquement pas cité, ni dans les uvres doctrinales, ni dans les conclusions de commissaires du gouvernement.
Cet arrêt, laconique, ne précise pas les faits de laffaire puisquil ne sagit pas de les juger mais de les attribuer à la compétence dune juridiction (administrative ou judiciaire, le suspens reste entier). Rappelons-les tout de même. Une enfant de 5 ans, Agnès blanco, a dû être amputée suite aux blessures causées par un wagonnet utilisé dans une manufacture de tabac appartenant à lEtat.
Le père de lenfant a donc saisi le tribunal judiciaire dune action en dommages et intérêts contre lEtat. Ce dernier serait civilement responsable des fautes commises par les ouvriers de la manufacture. De son côté, le Préfet de la Gironde estime que les tribunaux judiciaires ne sont pas compétents pour statuer sur cette action et adresse un déclinatoire de compétence au juge judiciaire, lui demandant par là même de se dessaisir du litige. Le juge judiciaire ayant refusé, le Préfet prend un arrêté de conflit dans lequel il constate ce refus, aussi appelé conflit positif consommé. Le conflit a été élevé, autrement dit porté devant le tribunal des conflits, composé à parité de magistrats du Conseil dEtat et de la Cour de Cassation et créé en 1848 pour trancher les litiges entre lordre juridique administratif et lordre juridique judiciaire. Ce tribunal, dans un délai de trois mois, a choisi de confirmer larrêté de conflit dont la procédure est prévue par lordonnance du 1er juin 1828 faisant partie intégrante du visa de larrêt.
Cet arrêt présente un double intérêt. Lun concerne la responsabilité de lEtat. En effet, en consacrant cette responsabilité, cet arrêt met fin à une longue tradition dirresponsabilité qui ne trouvait dexception quen cas de responsabilité contractuelle ou dintervention législative. Mais cet aspect ne sera pas ici notre objet. Dautre part, il présente un intérêt quant à la compétence des juridictions administratives chargées notamment de trancher les litiges relevant du contentieux administratif.
Le problème de droit posé aux juges du tribunal de conflit était de savoir à qui il convenait de confier le litige. Lequel des deux ordres de juridictions, cest-à-dire des deux ensembles autonomes et hiérarchisés de juridictions, était compétent ? Cela amène par là même à se demander sur quel principe une telle consécration va déboucher, et quelle sera la portée de cette décision. Il nous incombera donc de déterminer quel est le raisonnement su juge.
Pour ce faire, nous verrons dans quelle mesure cet arrêt énonce le particularisme du droit administratif avant de nous intéresser à la proclamation de son indépendance par rapport aux juridictions judiciaires.
Cet arrêt, laconique, ne précise pas les faits de laffaire puisquil ne sagit pas de les juger mais de les attribuer à la compétence dune juridiction (administrative ou judiciaire, le suspens reste entier). Rappelons-les tout de même. Une enfant de 5 ans, Agnès blanco, a dû être amputée suite aux blessures causées par un wagonnet utilisé dans une manufacture de tabac appartenant à lEtat.
Le père de lenfant a donc saisi le tribunal judiciaire dune action en dommages et intérêts contre lEtat. Ce dernier serait civilement responsable des fautes commises par les ouvriers de la manufacture. De son côté, le Préfet de la Gironde estime que les tribunaux judiciaires ne sont pas compétents pour statuer sur cette action et adresse un déclinatoire de compétence au juge judiciaire, lui demandant par là même de se dessaisir du litige. Le juge judiciaire ayant refusé, le Préfet prend un arrêté de conflit dans lequel il constate ce refus, aussi appelé conflit positif consommé. Le conflit a été élevé, autrement dit porté devant le tribunal des conflits, composé à parité de magistrats du Conseil dEtat et de la Cour de Cassation et créé en 1848 pour trancher les litiges entre lordre juridique administratif et lordre juridique judiciaire. Ce tribunal, dans un délai de trois mois, a choisi de confirmer larrêté de conflit dont la procédure est prévue par lordonnance du 1er juin 1828 faisant partie intégrante du visa de larrêt.
Cet arrêt présente un double intérêt. Lun concerne la responsabilité de lEtat. En effet, en consacrant cette responsabilité, cet arrêt met fin à une longue tradition dirresponsabilité qui ne trouvait dexception quen cas de responsabilité contractuelle ou dintervention législative. Mais cet aspect ne sera pas ici notre objet. Dautre part, il présente un intérêt quant à la compétence des juridictions administratives chargées notamment de trancher les litiges relevant du contentieux administratif.
Le problème de droit posé aux juges du tribunal de conflit était de savoir à qui il convenait de confier le litige. Lequel des deux ordres de juridictions, cest-à-dire des deux ensembles autonomes et hiérarchisés de juridictions, était compétent ? Cela amène par là même à se demander sur quel principe une telle consécration va déboucher, et quelle sera la portée de cette décision. Il nous incombera donc de déterminer quel est le raisonnement su juge.
Pour ce faire, nous verrons dans quelle mesure cet arrêt énonce le particularisme du droit administratif avant de nous intéresser à la proclamation de son indépendance par rapport aux juridictions judiciaires.
Sommaire
- L'affirmation catégorique d'un droit administratif singulier et autonome
- Le Service Public comme critère incontestable du droit administratif
- Un droit muni de ses propres règles
- L'affirmation maladroite et incomplète de l'autonomie du droit administratif
- « La compétence suit le fond », un adage approximatif
- Des frontières de plus en plus poreuses entre le droit administratif et le droit privé
Conseil d'Etat, 21 décembre 2007, Centre hospitalier de Vienne - responsabilité du personnel médical
