Commentaire de la citation de François Mauriac : "Dans l'individu, le romancier isole et immobilise une passion, et dans le groupe il isole et immobilise un individu"...
Date de publication :
22/05/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
3 pages
Sommaire :
Sommaire
- Il est difficile de soutenir avec François Mauriac que tout romancier ''isole et immobilise'' l'individu à l'intérieur du groupe, à moins que cette affirmation ne souligne simplement le fait qu'un roman suppose des personnages donc que l'auteur choisit de s'intéresser, dans un groupe déterminé, à des individualités qui peuvent être plus ou moins représentatives du milieu auxquelles elles appartiennent
- Est-il certain que le héros du roman incarne nécessairement une passion que l'auteur ''isole et immobilise'' en lui ?
- Bien des 'uvres subsistent dans notre mémoire comme l'histoire de héros dont la personnalité est toute entière organisée par une passion et que le romancier isole dans un groupe parfois réduit au rôle d'arrière-plan
- L'effort du romancier pour peindre la société passe par des voies différentes de celle de l'historien, puisque les groupes sociaux, dans le roman, sont soit incarnés par des héros individualisés, soit évoqués dans leurs rapports avec ces héros individualisés
- Le romancier ''ce peintre de la vie, exprime le contraire de ce qu'est la vie'' et que ''l'art du romancier est une faillite'' ?
Résumé :
citation complète: "dans l'individu, le romancier isole et immobilise une passion, et dans le groupe il isole et immobilise un individu. Et, ce faisant, on peut dire que ce peintre de la vie exprime le contraire de ce qu'est la vie : l'art du romancier est une faillite". Affirmer l'ambition du romancier de se faire peintre de la vie, c'est reprendre une tradition fort ancienne, qui a sans trouvé avec Balzac son expression la plus systématique. Celui-ci souhaitait en effet que l'on trouvât dans son oeuvre non seulement des caractères et des passions, des vices et des vertus, mais encore une image complète de la société de son temps. Or cette ambition immense aboutit selon françois mauriac, à un échec : alors que la vie établit entre les êtres des relations multiples en constante variation, le romancier choisit d'isoler un individu dont il fait, non sans arbitraire, le « héros » de son livre, et il l'immobilise en une période de crise plus ou moins durable. Encore cet individu ne l'intéresse-t-il que par une partie limitée de son moi : la passion maîtresse qui devient, dans le roman, l'aspect essentiel, voire unique, de sa personnalité. Il serait donc tout à fait illusoire de prétendre de faire du roman une image de la vie : « l'art du romancier est une faillite », affirme mauriac dans Le romancier et ses Personnages.
Sensibles à ce double problème, de l'étroitesse du cadre social et de la prédominance excessive du héros passionné, certains écrivains ont tenté d'orienter le roman dans d'autres voies. Mais on peut surtout se demander si le mot « vie » n'est pas ambigu, s'il n'existe pas une « vie » du roman, différente sans doute de la vie réelle, mais plus profonde et, d'une certaine façon, plus vraie.
Sensibles à ce double problème, de l'étroitesse du cadre social et de la prédominance excessive du héros passionné, certains écrivains ont tenté d'orienter le roman dans d'autres voies. Mais on peut surtout se demander si le mot « vie » n'est pas ambigu, s'il n'existe pas une « vie » du roman, différente sans doute de la vie réelle, mais plus profonde et, d'une certaine façon, plus vraie.
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