Le commissaire du gouvernement
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exposé
publié le 19/06/2006
évaluation : non évalué
niveau : avancé
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Résumé
Le système administratif français nest pas avare dans lemploi de commissaires du gouvernement, ces derniers ayant pour point commun de représenter lautorité publique. Cest le cas par exemple des fonctionnaires dadministrations centrales chargés de faire valoir les positions de leurs ministères auprès des formations consultatives du Conseil dÉtat. Lexpression est également employée pour désigner les agents publics chargés de surveiller le bon fonctionnement de certains organismes. On trouve ainsi des commissaires du gouvernement, parfois pourvu dun droit de veto, auprès de groupements dintérêt public, dentreprises nationales ou dautorités administratives indépendantes. Larticle 52 du Code de justice militaire désigne aussi sous ce vocable le ministère public auprès des juridictions des forces armées en temps de guerre. Mais que représentent ces personnages dès lors quil est question du commissaire du gouvernement ? Qui sont-ils pour ne serait-ce que faire ombre à celui qui provoque chez le juriste « un léger frisson, celui du plaisir de la découverte, au fil [de] démonstrations subtiles et rigoureuses » ? Ce personnage, cette « figure incomparable », cest le commissaire du gouvernement qui intervient dans le cadre des formations contentieuses du Conseil dÉtat, des tribunaux administratifs et des cours administratives dappel.
Historiquement, lancêtre du commissaire du gouvernement est à trouver chez les « Sieurs commissaires » désignés au sein des conseils du roi. Cest cependant lordonnance du 12 mars 1831 qui consacre lexistence des « commissaires du roi » en instituant dans son article 2 « trois maîtres des requêtes qui exerceront les fonctions de ministères publics ». À lorigine clairement rattaché à lexécutif, le développement constant du rôle contentieux du Conseil dÉtat a par la suite permis au commissaire du gouvernement de gagner en indépendance ainsi quen influence .
En létat actuel du droit positif, la fonction de commissaire du gouvernement est notamment définie par larticle 7 du Code de justice administrative (CJA) qui dispose : « Un membre de la juridiction, chargé des fonctions de commissaire du gouvernement, expose publiquement, et en toute indépendance, son opinion sur les questions que présentent à juger les requêtes et sur les solutions quelles appellent. » Le commissaire du gouvernement ne représente donc pas le gouvernement. Il bénéficie, en tant que membre à part entière de la juridiction administrative, de lensemble des garanties statutaires offertes soit par le corps du Conseil dÉtat, soit par celui des tribunaux administratifs et des cours administratives dappel. Sa désignation se fait par décret du Président de la République et la durée maximale de la fonction est fixée à dix ans. Larticle 7 CJA ne fait par ailleurs que reprendre les termes mêmes de la jurisprudence du Conseil dÉtat, pour qui « le commissaire du gouvernement a pour mission dexposer [à la formation de jugement] les question que présente à juger chaque recours contentieux et de faire connaître, en formulant en toute indépendance ses conclusions, son appréciation, qui doit être impartiale, sur les circonstances de fait de lespèce et les règles de droit ainsi que son opinion sur les solutions quelle appelle, suivant sa conscience, le litige soumis à la juridiction » .
Mais ce magistrat qui appelle des commentaires dithyrambiques ne fait en tout et pour tout quémettre un simple avis. En effet, seule son intervention orale est exigée par larticle 731-3 du Code de justice administrative. Il apparaît donc essentiel de sinterroger sur ce paradoxe au fondement de cette fonction qui constitue probablement lune des « originalités les plus marquantes de la juridiction administrative française » et de déterminer ainsi dans quelle mesure le commissaire du gouvernement constitue un personnage à la fois influent et fragile. Le commissaire du gouvernement représente en effet une spécificité juridique française qui le place à la fois au cur et à la périphérie de la procédure administrative contentieuse (I). Cette spécificité qui fait son charme la cependant conduit à se heurter à la portée plus large du droit européen des droits de lhomme (II).
Historiquement, lancêtre du commissaire du gouvernement est à trouver chez les « Sieurs commissaires » désignés au sein des conseils du roi. Cest cependant lordonnance du 12 mars 1831 qui consacre lexistence des « commissaires du roi » en instituant dans son article 2 « trois maîtres des requêtes qui exerceront les fonctions de ministères publics ». À lorigine clairement rattaché à lexécutif, le développement constant du rôle contentieux du Conseil dÉtat a par la suite permis au commissaire du gouvernement de gagner en indépendance ainsi quen influence .
En létat actuel du droit positif, la fonction de commissaire du gouvernement est notamment définie par larticle 7 du Code de justice administrative (CJA) qui dispose : « Un membre de la juridiction, chargé des fonctions de commissaire du gouvernement, expose publiquement, et en toute indépendance, son opinion sur les questions que présentent à juger les requêtes et sur les solutions quelles appellent. » Le commissaire du gouvernement ne représente donc pas le gouvernement. Il bénéficie, en tant que membre à part entière de la juridiction administrative, de lensemble des garanties statutaires offertes soit par le corps du Conseil dÉtat, soit par celui des tribunaux administratifs et des cours administratives dappel. Sa désignation se fait par décret du Président de la République et la durée maximale de la fonction est fixée à dix ans. Larticle 7 CJA ne fait par ailleurs que reprendre les termes mêmes de la jurisprudence du Conseil dÉtat, pour qui « le commissaire du gouvernement a pour mission dexposer [à la formation de jugement] les question que présente à juger chaque recours contentieux et de faire connaître, en formulant en toute indépendance ses conclusions, son appréciation, qui doit être impartiale, sur les circonstances de fait de lespèce et les règles de droit ainsi que son opinion sur les solutions quelle appelle, suivant sa conscience, le litige soumis à la juridiction » .
Mais ce magistrat qui appelle des commentaires dithyrambiques ne fait en tout et pour tout quémettre un simple avis. En effet, seule son intervention orale est exigée par larticle 731-3 du Code de justice administrative. Il apparaît donc essentiel de sinterroger sur ce paradoxe au fondement de cette fonction qui constitue probablement lune des « originalités les plus marquantes de la juridiction administrative française » et de déterminer ainsi dans quelle mesure le commissaire du gouvernement constitue un personnage à la fois influent et fragile. Le commissaire du gouvernement représente en effet une spécificité juridique française qui le place à la fois au cur et à la périphérie de la procédure administrative contentieuse (I). Cette spécificité qui fait son charme la cependant conduit à se heurter à la portée plus large du droit européen des droits de lhomme (II).
Sommaire
- Le commissaire du gouvernement et la procédure administrative contentieuse
- La place du commissaire du gouvernement dans le déroulement de l'instance
- Le rôle des conclusions du commissaire du gouvernement
- Le commissaire du gouvernement et le droit européen des droits de l'homme
- Le commissaire du gouvernement face au principe du contradictoire
- Le commissaire du gouvernement face à la théorie apparences
