Comparaison entre l'erreur et le dol
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exposé
publié le 25/07/2008
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Résumé
« Le consentement de la partie qui soblige » est, selon larticle 1108 du Code civil, la première des « quatre conditions [
] essentielles pour la validité dune convention ». Pour être valablement donné, ce consentement doit toutefois être exempt de lun des trois vices que larticle 1109 du code énumère : lerreur, le dol et la violence, dont traitent respectivement les articles 1110, 1116 et 1111 à 1115. A dire vrai, la distinction de ces trois vices du consentement nexclut pas certains rapprochements. En particulier, le dol occupe une place intermédiaire dans la catégorie des vices du consentement, car il présente des affinités avec la violence, mais aussi avec lerreur. Dune part, en effet, des considérations principalement morales expliquent lincrimination du dol et de la violence : à lorigine, en droit romain, des délits civils, ils sont devenus tardivement des vices du consentement, sous linfluence de lEcole du droit de la nature
et des gens. Au contraire, laspect psychologique domine dans lerreur, que le droit romain analysait déjà en un défaut de consentement, en ne ladmettant que de manière fort restrictive, et dont lAncien droit fit un vice du consentement. Ainsi, de ce point de vue, lerreur soppose-t-elle au dol et à la violence. Cependant, dautre part, à la différence de la violence, le vice derreur et celui de dol supposent tous deux lexistence dune erreur. Plus précisément, le dol consiste dans le fait, pour une partie, de provoquer ou, à tout le moins, dans la réticence dolosive, de faciliter une erreur de
lautre partie : dans un arrêt du 10 juillet 1995, la première Chambre civile de la Cour de cassation la rappelé, en cassant pour violation de larticle 1116 du Code civil, une décision dappel qui avait annulé un contrat pour dol en se fondant sur la violence
morale exercée par une partie, sans constater de sa part de manoeuvres destinées à provoquer une erreur de nature à vicier le consentement de lautre partie. En revanche, la violence naffecte le consentement extorqué que dans sa liberté : la partie qui contracte sous lempire de la crainte que la violence lui inspire, nest victime daucune erreur, spontanée ou provoquée. Il existe donc une parenté indéniable entre lerreur et le dol. Or loeuvre créatrice de la jurisprudence a renforcé cette parenté, en rapprochant
ces deux vices du consentement, sans pour autant les confondre. Aussi examinera-t-on successivement la distinction traditionnelle de lerreur et du dol, et leur rapprochement actuel.
Sommaire
- La distinction traditionnelle de l'erreur et du dol
- La distinction de l'erreur et du dol quant à leur fait générateur
- La distinction de l'erreur et du dol quant aux caractères de l'erreur exigée
- Le rapprochement actuel de l'erreur et du d ol
- Le rapprochement de l'erreur et du dol par leurs conditions
- Le rapprochement de l'erreur et du dol par leurs sanctions
