La compétence politique
Date de publication :
17/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
12 pages
Sommaire :
Sommaire
- La manière dont ont été accordées au peuple souveraineté et compétence politique
- Les inégalités sociales actuelles face à la compétence politique
Résumé :
L'histoire d'un peuple, à partir du moment où il possède des institutions démocratiques, est celle d'une succession de choix." En effet, la plupart des protagonistes du champ politique considèrent le vote comme l'expression d'un choix. Il est considéré comme "l'énonciation d'une opinion politique". Recevoir des voix lors d'un vote, c'est, pour un homme politique, recevoir un assentiment, une adhésion à un programme. L'équation un citoyen, une voix, une opinion postule que chaque voix a une égale valeur, ce qui permet au délégué nouvellement élu de compter les voix, de se les approprier, de les agréger en un électorat homogène. L'élu ne peut afficher de légitimité proprement politique que si les électeurs ont effectué leur choix en fonction de critères eux aussi politiques. L'enjeu est donc de taille pour les hommes politiques, et c'est, comme le dit D. Gaxie, "à travers (les) luttes pour l'interprétation des résultats et l'authentification du capital électoral que s'effectue la transmutation des décisions de chaque électeur en opinion politique." Les citoyens sont donc réputés avoir exprimés dans les urnes des choix politiques, reflets de leurs opinions politiques et de leur adhésion à un programme.
C'est l'intérêt de chacun pour la politique qui pousse à se tenir au courant des enjeux et à former son opinion, exprimée notamment lors des votes. L'Etat moderne et les valeurs démocratiques dont il doit être l'expression supposent donc que tous puissent avoir un égal accès à la politique, que tous aient un intérêt égal et universel pour la politique. Les citoyens sont supposés avoir une certaine compétence politique, qui leur permet d'effectuer des choix en connaissance de cause. Daniel Gaxie définit cette compétence comme l'aptitude à opérer une construction politique de l'espace politique. C'est seulement dans un espace construit, à plusieurs dimensions, que des mesures, des actions peuvent prendre sens, que des acteurs peuvent prendre position. La réalité est souvent cependant bien différente: la politique semble lointaine à une grande majorité de la population, qui n'en attend pas grand chose, ou ne la comprend pas, et conclut que "ce n'est pas son affaire". L'espace politique est autonome, doté de ses propres règles, de son vocabulaire, peuplé de professionnels, c'est à dire d'agents qui vivent pour et de la politique, mais le nombre de personnes qui y participent est restreint. Lorsque le droit de vote était encore soumis à un critère censitaire, les populations admises à voter étaient considérées comme dotées d'une compétence politique, alors que les masses populaires étaient "inintelligentes". A-t-il suffi d'ouvrir le droit de vote au plus grand nombre pour qu'instantanément, elles s'ouvrent aux enjeux politiques et prennent une part active et éclairée aux débats? Nous étudierons donc dans un premier temps la manière dont ont été accordées au peuple souveraineté et compétence politique, puis dans un deuxième temps les inégalités sociales actuelles face à la compétence politique.
C'est l'intérêt de chacun pour la politique qui pousse à se tenir au courant des enjeux et à former son opinion, exprimée notamment lors des votes. L'Etat moderne et les valeurs démocratiques dont il doit être l'expression supposent donc que tous puissent avoir un égal accès à la politique, que tous aient un intérêt égal et universel pour la politique. Les citoyens sont supposés avoir une certaine compétence politique, qui leur permet d'effectuer des choix en connaissance de cause. Daniel Gaxie définit cette compétence comme l'aptitude à opérer une construction politique de l'espace politique. C'est seulement dans un espace construit, à plusieurs dimensions, que des mesures, des actions peuvent prendre sens, que des acteurs peuvent prendre position. La réalité est souvent cependant bien différente: la politique semble lointaine à une grande majorité de la population, qui n'en attend pas grand chose, ou ne la comprend pas, et conclut que "ce n'est pas son affaire". L'espace politique est autonome, doté de ses propres règles, de son vocabulaire, peuplé de professionnels, c'est à dire d'agents qui vivent pour et de la politique, mais le nombre de personnes qui y participent est restreint. Lorsque le droit de vote était encore soumis à un critère censitaire, les populations admises à voter étaient considérées comme dotées d'une compétence politique, alors que les masses populaires étaient "inintelligentes". A-t-il suffi d'ouvrir le droit de vote au plus grand nombre pour qu'instantanément, elles s'ouvrent aux enjeux politiques et prennent une part active et éclairée aux débats? Nous étudierons donc dans un premier temps la manière dont ont été accordées au peuple souveraineté et compétence politique, puis dans un deuxième temps les inégalités sociales actuelles face à la compétence politique.
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