Le concept de repentance nationale aujourd'hui
Date de publication :
22/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
35 pages
Sommaire :
Sommaire
- D'une approche méthodologique aux premières interrogations : comprendre l'appropriation de l'objet d'étude
- Pourquoi la repentance aujourd'hui ?
- Approche méthodologique et prémisses interrogatives : l'analyse des articles de presse sélectionnés
- La repentance ou les enjeux d'une notion ambivalente
- D'une repentance aux repentances : saisir la subtilité d'une notion insaisissable
- Des enjeux de la repentance aujourd'hui...
Résumé :
A l'heure où la question de la probable disparition de l'Etat-nation dans un univers mondialisé, se répand dans nos esprits comme une fatalité et une évidence. Force est de constater que ce postulat n'a pas pour autant, fait disparaître les enjeux politiques, sociaux et identitaires nationaux qui découlent des diverses interprétations faîtes de l'histoire de France. En effet, le sentiment national qui érigea les grandes démocraties occidentales au début du 20ème siècle, semble se substituer de plus en plus à un mondialisme abstrait et à une pseudo citoyenneté internationale où le pacifisme aveugle et le droit de l'hommisme mondain, remplacent les anciennes valeurs de l'Etat républicain. Ce constat de la subordination de l'Etat-nation à la mondialisation toute puissante ne fait pas l'objet de débat car il semble aujourd'hui reconnu. Ce qui est plus intéressant, c'est de comprendre le paradoxe inhérent à ce postulat. En effet, pourquoi observe t-on une recrudescence des questions liées à l'histoire de France, à sa mémoire et à sa repentance en ce début de 21ème siècle, alors que l'on (médias et politique) nous répète sans cesse la fin de la souveraineté nationale ? On peut se poser cette question dans le sens où même si elle ne fait pas l'objet de notre travail ici, elle a le mérite de soulever d'autres interrogations et de tordre le coup à certaines idées reçues. Une des questions sous-jacente qui découle de celle-ci, est à rechercher au niveau de l'utilisation et plus précisément de l'instrumentalisation de l'Histoire par le politique. En effet, comment, dans des circonstances données, le politique, sous couvert d'une idéologie ou d'une ambition électorale, s'approprie t-il une vérité historique, sans même la validation du corps des spécialistes et des historiens ? Pour illustrer cette idée, on peut se référer au débat récent sur le rôle positif de la France durant la colonisation. Le politique se sublimant en tranchant un travail d'historiens délicat et encore inachevé, faisant l'objet de passion et ayant des répercutions lourdes sur les générations d'enfants d'immigrés. Il est temps que le politique retrouve sa sérénité, en commençant par exemple, par laisser les historiens faire leur travail et en recentrant son intervention sur ses prérogatives, celles qui urges et intéressent les français. Le fait que le politique tranche ce que doit être notre passé, nous rappelle, toute proportion gardée, les heures les plus sombres de notre histoire. Rappelons tout de même que toutes les dictatures ont fait de la manipulation et de l'instrumentalisation de l'histoire un outil de pouvoir. Par conséquent, rien ne peut justifier le fait que l'Etat dicte leur devoir aux historiens. Dans un Etat de droit et plus encore démocratique, nous devons veuillez à la transparence de notre histoire et à l'utilisation de celle-ci. Trop de problèmes contemporains sont reliés à une histoire qui est mal passée. Il faut par conséquent être extrêmement prudent et astucieux avec ce sujet pour ne pas éveiller des tensions refoulées. Que ce soit, l'immigration ou l'intégration et de ce fait la cohésion nationale et la sécurité, force est de reconnaître que les enjeux ramenant à l'histoire ne manquent pas. C'est pour cela que les questions liées à la colonisation, à l'esclavage restent encore aujourd'hui déterminantes à traiter. Devant ce constat, l'Etat français a du mal à prendre une position tranchée. Doit-il avoir un travail de mémoire sur son passé ? Doit-il reconnaître ses torts et se repentir de ses erreurs et s'excuser au près des peuples meurtris ? Pourquoi la question de la repentance est t-elle un enjeu national ? Bref, autant de zones d'ombres laissées libre par le politique, qu'il nous faut soulever dans ce travail. Car, comme le disait Raymond Aron : « connaître le passé est une manière de s'en libérer. »
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