Conflits de juridictions et convention européenne des droits de l'Homme dans la jurisprudence de la Cour de cassation (1997-2007)
Date de publication :
24/04/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- La Convention européenne des droits de l'homme et la compétence directe des juridictions françaises
- La CEDH et les règles générales de compétence directe
- La compétence directe résiduelle fondée sur le risque de déni de justice
- La CEDH et les immunités de droit international public
- La Convention européenne des droits de l'homme et l'effet en France des jugements étrangers
- Les exigences de la CEDH et l'instance indirecte proprement dite
- La CEDH et le contrôle des garanties procédurales
- Le contrôle des garanties de fond accordées par la CEDH
Résumé :
9 - Mais si le droit commun des notifications internationales peut être considéré comme compatible avec les exigences de la convention européenne, c'est avant tout grâce à l'intervention prétorienne. En témoigne l'exigence de traduction. Le Nouveau Code de procédure civile n'impose la traduction des actes à destination de l'étranger que lorsque l'Etat de destination l'exige : il n'est donc a priori laissé aucune place à un quelconque droit à un procès équitable, le problème n'étant résolu que par le jeu des règles de droit international public. Toutefois, certaines juridictions du fond décident que le défaut de traduction d'une assignation peut constituer une atteinte au droit au procès équitable. Saisie d'un pourvoi contre une telle décision, la cour de cassation contournera le problème sans répondre exactement à la question posée .
10 - Il faut toutefois nuancer ces observations relatives au droit commun, ces règles ne s'appliquant aujourd'hui plus que de manière marginale. La grande majorité des notifications dans les contentieux internationaux est aujourd'hui régie soit par les règlements Bruxelles I, Bruxelles II et Bruxelles II bis (pour les Etats membres de l'Union européenne), soit par la convention de Lugano de 1988 (pour les Etats membres de l'AELE), soit enfin par la convention de La Haye du 15 novembre 1965 (qui lie actuellement 56 Etats parmi les principaux). Tandis que les textes européens préservent très largement la droit au procès équitable, la convention de La Haye y veille également en laissant à la partie destinataire de l'acte une possibilité de demande de relevé de la forclusion qu'elle a encouru sans faute de sa part, le tout sous certaines conditions.
11 - Ainsi réglé le problème de la notification et des délais de procédure, notre étude ne s'attachera plus donc qu'à la question de l'adéquation des dispositions de la convention européenne et des règles de compétence directe des juridictions françaises (I), et des conditions d'accueil en France des jugements étrangers (II), les deux aspects principaux de ce que l'on appelle traditionnellement les conflits de juridictions.
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