Conseil d’Etat, 6 février 1998, Tête et Association de sauvegarde de l’Ouest lyonnais

Date de publication :

08/12/2006

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

avancé

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Sommaire :

 
 

Sommaire Conseil d’Etat, 6 février 1998, Tête et Association de sauvegarde de l’Ouest lyonnais Sommaire

 
  1. Des principes de liberté de la concurrence et d'égalité?
    1. Une jurisprudence constante 
    2. Une jurisprudence complétée 
  2. .'au principe d'égale concurrence
    1. Une réponse didactique mais surprenante du Conseil d'Etat
    2. Une soumission du droit interne au droit communautaire ?

Résumé :

Depuis l'arrêt de principe Nicolo du 20 octobre 1989, la primauté du droit communautaire en droit interne est aujourd'hui absolue. Il convient cependant de nuancer dès à présent : alors que le CE a reconnu sans problème la supériorité du droit communautaire originaire (traités de Rome, de Maastricht, ...) dans un arrêt du 27 mai 1991, la supériorité du droit communautaire dérivé n'est pas de principe.
En effet, le règlement communautaire que l'article 249 du TCE définit comme étant « d'effet direct en droit interne » et la décision communautaire que le même article définit comme « obligatoire en tous ses éléments pour les destinataires qu'elle désigne » produisent des effets directs en droit interne (CE 8 décembre 1999, Renucci pour les règlements et CE 10 janvier 2001 pour les décisions).
En revanche, le CE s'est refusé dans une décision du 22 décembre 1978, Cohn-Bendit à reconnaître un caractère directement applicable aux directives communautaires. Bien qu'une telle position soit conforme à la lettre du traité selon lequel les directives lient les etats membres quant « au résultat à atteindre » mais leur laissent le choix des moyens à mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs qu'elles posent, elle n'en demeure pas moins contraire à la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes qui a admis dans un arrêt du 4 décembre 1974, Van Duyn, que les directives peuvent parfois produire des effets directs.
L'arrêt d'assemblée du 6 février est venu raviver le débat de la conformité du droit interne aux directives communautaires en ce qui a soulevé une question sur laquelle le juge administratif n'avait jamais eu à se prononcer : celle du respect par les règles nationales non écrites du droit communautaire.
En l'espèce, le requérrant contestait la légalité de la procédure par laquelle une convention de concession avait été signée. En juillet 1991, la communauté urbaine de Lyon n'avait fait précéder la signature du contrat en question d'aucune mesure de publicité alors que la directive n 89/1140/CEE du 18 juillet 1989 était venue rendre obligatoire la publicité en la matière. La directive avait posé comme délais de transposition le 20 juillet 1990. Or c'est par une loi du 3 janvier 1991 que la France avait transposé la directive dans son droit interne : le délai n'était donc pas respecté, ceci d'autant plus que celle-ci ne pouvait entrer en vigueur que par l'adoption d'un décret, lequel n'était intervenu que le 31 mars 1992, soit près de vingt mois après l'expiration du délai imposé par les Communautés.
Le CE devait tout d'abord se prononcer sur la question de l'applicabilité d'un décret à une situation qui lui était antérieure : il a estimé que les dispositions de ce décret n'étaient « pas applicables aux contrats signés avant son entrée en vigueur ».
Le CE devait ensuite et surtout se prononcer sur la conformité du droit national en vigueur au moment de la délibération attaquée aux objectifs de la directive. La difficulté résidait en ce que la matière était alors régie par des règles jurisprudentielles. Le juge administratif, dans un souci « d'assurer le respect de la hiérarchie des normes », comme l'a souligné le commissaire du gouvernement Savoie, a fait prévaloir la directive communautaire.
M. tête a donc obtenu que soit annulé non seulement le jugement du tribunal administratif qui l'avait débouté de sa demande mais aussi la décision du 19 juillet 1991 dont il contestait la légalité.
Dans quelles mesures la question du champ d'application de la procédure de l'exception d'illégalité soulevée par la décision d'Assemblée du 6 février 1998 est-elle venu mettre en péril la jurisprudence Cohn-Bendit ?
L'arrêt tête est venu raviver le débat sur la jurisprudence Cohn-Bendit et le refus du juge administratif de reconnaître un effet direct aux directives communautaires (II) dans la mesure où cette décision est venue poser une question que les juges de 1978 n'avaient probablement pas envisagé (I).

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CE, Ass 20 octobre 1989, Nicolo

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A propos de l'auteur :

pencil image Aurélie D. étudiante
Niveau :Avancé Etude suivie : Droit administratif Ecole, université : paris I

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