Conseil dEtat, 7 février 2003, Gisti : le contrôle de constitutionnalité des lois
Date de publication :
08/12/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Vers une soumission du juge administratif à la CEDH ?
- La volonté du CE de se conformer à la jurisprudence de la CEDH?
- Tempérée par la difficulté de concilier des préoccupations parfois divergentes
- Vers un contrôle a posteriori de la constitutionnalité des lois ?
- La substitution de la « liberté d'expression » à la « liberté de la presse »
- La nature réglementaire des dispositions contestées
Résumé :
L'instauration de la CEDH a apporté une nouvelle dimension au débat qui animait la doctrine : alors que la question de conformité du droit interne au droit international avait été réglée par l'arrêt Nicolo de 1989, c'est la question de la conformité des décisions des juges nationaux aux décisions rendues par la CEDH qui est venue s'y substituer.
Dans un arrêt rendu par les 9ème et 10ème sous-sections réunies le 7 février 2003,le conseil d'etat semble apporter une ébauche de réponse.
En l'espèce, la décision concerne le décret-loi du 6 mai 1939 relatif au contrôle de la presse « étrangère » qui est venu modifier l'article 14 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En 1997, le CE a estimé que ce décret qui accordait de larges pouvoirs au ministre de l'intérieur n'était pas incompatible avec les articles 10 et 14 de la CESDH (CE Sect. 9 juillet 1997). L'affaire a fait l'objet d'un recours devant la CEDH qui a conclu à l'incompatibilité des dispositions du décret et de la Convention (CEDH 17 juillet 2001). L'association gisti a donc saisi le Gouvernement dès le mois de novembre 2001, elle demandait l'abrogation du décret-loi de 1939. Face au silence du Premier ministre pendant plus de deux mois, le gisti a saisi le CE. Dans son arrêt du 7 février 2003, le conseil d'etat opère un revirement de jurisprudence au regard de sa décision de 1997 : il annule le refus du Premier ministre pour violation de l'article 10 de la CESDH. Le juge administratif va même plus loin : il enjoint au Premier ministre de procéder à l'abrogation des dispositions de l'article 14 de la loi de 1881 issues du décret de 1939. C'est d'ailleurs ce que M. Raffarin a fait par le décret du 4 novembre 2004.
Cette décision est venue animer le débat sur la hiérarchie des normes :
L'arrêt du 7 février 2003, s'il pose clairement la question de la soumission de la jurisprudence interne aux décisions de la CEDH, n'opère-t-il pas implicitement un revirement de jurisprudence en matière de contrôle de la constitutionnalité des lois par le juge administratif ?
Force est de constater qu'à la lecture de cet arrêt qui semble a priori ne traiter que de la question de la soumission de la jurisprudence du CE aux décisions rendues par la CEDH (I), la question du contrôle de la constitutionnalité des lois par le juge administratif qui semblait pourtant être réglée est pourtant sous-jacente (II).
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