Les conséquences de la hausse du cours des matières premières sur l'économie des pays pauvres
Date de publication :
04/06/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
18 pages
Sommaire :
Sommaire
- A court terme : des conséquences négatives
- Les producteurs du Sud ne profitent pas de la hausse du cours des matières premières
- La hausse des prix agricoles aggrave l'insécurité alimentaire dans les pays pauvres
- La Malédiction des Matières Premières Et Ses Conséquences Négatives A Moyen / Long Terme
- Menace sur le développement économique
- La hausse des prix des matières premières : facteur d'instabilité politique
- La Hausse Des Cours : Une Potentielle Aubaine Pour Les Pays Pauvres
- Les pays pauvres doivent réformer en profondeur leurs systèmes économiques
- La communauté internationale doit mener des actions en faveur des pays pauvres
Résumé :
Selon le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, « la récente flambée des prix des matières premières [...] nous rappelle que la mondialisation peut aussi créer des risques inflationnistes. » Dans un premier temps, cette envolée des cours concernait essentiellement l'énergie (pétrole brut), ainsi que les métaux et minerais (cuivre, nickel, or, aluminium...). Néanmoins, depuis 2002, cette hausse tendancielle s'étend à de nombreux produits agricoles, tels que le blé, le maïs, le caoutchouc ou encore le riz.
La flambée des prix des « commodities », notion plus large qui regroupe à la fois les matières premières et certains produits transformés, résulte d'un déséquilibre entre une offre limitée et une demande grandissante. Différents facteurs permettant d'expliquer cette situation sont à distinguer. Du côté de l'offre, on constate une révision à la baisse des prévisions des récoltes mondiales. Ceci s'explique notamment par la mise en oeuvre de politiques de réduction des capacités productives des Etats-Unis et de l'Europe, dues à la situation antérieure de dépréciation des prix à l'échelle mondiale. Par ailleurs, de mauvaises conditions climatiques ont également restreint l'offre de produits de base disponibles. Parallèlement, du côté de la demande, on relève un accroissement des besoins des pays économiquement dynamiques comme le Brésil, l'Inde et la Chine. Depuis 2001, la Chine est notamment le premier consommateur de minerais de fer, de zinc, de cuivre, de charbon, mais aussi de blé, de soja, de coton, de caoutchouc ; et le second consommateur d'aluminium, de plomb, et de pétrole. Enfin, la très forte demande mondiale de pétrole a pour conséquence une amplification des besoins en produits agricoles. En effet l'alternative à la consommation pétrolière repose sur l'utilisation de biocarburants, provenant de matières agricoles telles que le maïs ou le blé.
Cette hausse généralisée des prix des matières premières a des conséquences sur les économies des pays riches comme sur celles des pays pauvres. Toutefois, l'impact de ce choc est plus important dans les pays du Sud car ces derniers ont une économie plus instable que les pays du Nord. Mais les pays pauvres sont pour la plupart les plus riches en matières premières. Ainsi, suivant la théorie des avantages comparatifs de Ricardo (théorie selon laquelle chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la ligne de production pour laquelle il a le coût comparatif le plus bas), les pays pauvres se sont spécialisés dans l'exportation de matières premières alors que les pays riches se sont spécialisés dans le commerce de biens manufacturiers et à haute valeur ajoutée. La faiblesse des prix des matières premières, qui a marqué les dernières décennies, a ipso facto souvent été considérée comme un frein au développement économique des pays pauvres. En effet, sur une longue durée, les prix des matières premières diminuaient alors que ceux des produits manufacturés avaient tendance à s'apprécier, entraînant une dégradation des termes de l'échange au détriment des pays du Sud.
La hausse du cours des matières premières peut impacter de différentes manières les économies des pays pauvres. Une première observation consiste à penser que la hausse des prix aura des répercussions immédiates négatives sur les économies des pays pauvres ainsi que sur leurs populations. Deuxièmement, à moyen / long terme, les pays pauvres risquent de souffrir encore plus de cette hausse, et de voir leurs situations se dégrader davantage. Enfin, d'un autre côté, la hausse des prix peut être une chance pour les pays pauvres, à condition qu'ils puissent s'adapter à cette nouvelle donne économique, et procéder aux réajustements nécessaires.
La flambée des prix des « commodities », notion plus large qui regroupe à la fois les matières premières et certains produits transformés, résulte d'un déséquilibre entre une offre limitée et une demande grandissante. Différents facteurs permettant d'expliquer cette situation sont à distinguer. Du côté de l'offre, on constate une révision à la baisse des prévisions des récoltes mondiales. Ceci s'explique notamment par la mise en oeuvre de politiques de réduction des capacités productives des Etats-Unis et de l'Europe, dues à la situation antérieure de dépréciation des prix à l'échelle mondiale. Par ailleurs, de mauvaises conditions climatiques ont également restreint l'offre de produits de base disponibles. Parallèlement, du côté de la demande, on relève un accroissement des besoins des pays économiquement dynamiques comme le Brésil, l'Inde et la Chine. Depuis 2001, la Chine est notamment le premier consommateur de minerais de fer, de zinc, de cuivre, de charbon, mais aussi de blé, de soja, de coton, de caoutchouc ; et le second consommateur d'aluminium, de plomb, et de pétrole. Enfin, la très forte demande mondiale de pétrole a pour conséquence une amplification des besoins en produits agricoles. En effet l'alternative à la consommation pétrolière repose sur l'utilisation de biocarburants, provenant de matières agricoles telles que le maïs ou le blé.
Cette hausse généralisée des prix des matières premières a des conséquences sur les économies des pays riches comme sur celles des pays pauvres. Toutefois, l'impact de ce choc est plus important dans les pays du Sud car ces derniers ont une économie plus instable que les pays du Nord. Mais les pays pauvres sont pour la plupart les plus riches en matières premières. Ainsi, suivant la théorie des avantages comparatifs de Ricardo (théorie selon laquelle chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la ligne de production pour laquelle il a le coût comparatif le plus bas), les pays pauvres se sont spécialisés dans l'exportation de matières premières alors que les pays riches se sont spécialisés dans le commerce de biens manufacturiers et à haute valeur ajoutée. La faiblesse des prix des matières premières, qui a marqué les dernières décennies, a ipso facto souvent été considérée comme un frein au développement économique des pays pauvres. En effet, sur une longue durée, les prix des matières premières diminuaient alors que ceux des produits manufacturés avaient tendance à s'apprécier, entraînant une dégradation des termes de l'échange au détriment des pays du Sud.
La hausse du cours des matières premières peut impacter de différentes manières les économies des pays pauvres. Une première observation consiste à penser que la hausse des prix aura des répercussions immédiates négatives sur les économies des pays pauvres ainsi que sur leurs populations. Deuxièmement, à moyen / long terme, les pays pauvres risquent de souffrir encore plus de cette hausse, et de voir leurs situations se dégrader davantage. Enfin, d'un autre côté, la hausse des prix peut être une chance pour les pays pauvres, à condition qu'ils puissent s'adapter à cette nouvelle donne économique, et procéder aux réajustements nécessaires.
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