Controverse autour de Batouala (1921-22), un roman sur la présence française en Oubangui
Date de publication :
20/12/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- ' La question nègre est actuelle ' : Batouala, le roman qui dénonce les abus de la colonisation en AEF
- ' Au cours de ces six années, pas un moment je n'ai cédé à la tentation de dire un mot ' : un administrateur noir en Oubangui, six années de mutisme
- Un écrivain et ses frères écrivains de France : une solidarité entre intellectuels
- Un martiniquais et la France : déception et critique
- ' Mais vois comme la généralisation est dangereuse ' : la vision du médecin Trautmann, minimisation des abus, condamnation de certains Noirs, exacerbation du racisme à l'encontre des indigènes, la combinaison d'un discours raciste et humanitariste
- ' Tes plaintes ne sont pas exagérées ' : l'échec reconnu du système des concessions
- ' L'écrasante charge du portage est limitée ', ' ce qui est plus réalisable et plus courant, c'est que le Mokounndji, récoltant l'argent de ses sujets en oublie la moitié dans son bissac et reverse l'autre moitié à son commandant ' : minimisation des abus et la dénonciation du comportement de certains chefs indigènes
- ' Il n'en reste pas moins vrai que tes chefs directs devraient toujours, sans exception, être des Blancs intelligents, instruits, honnêtes, humain, actifs, sobres, moraux ' : confrontation de l'image du Blanc et de l'image du Noir, persistance du racisme à l'encontre des populations noires considérées comme inférieures
Résumé :
Ces deux textes s'inscrivent dans le mouvement de colonisation de l'Afrique Equatoriale, système dans lequel l'intégrité des indigènes n'est pas toujours respectée et pas pour autant dénoncée comme un grief.
Ainsi Maran dans sa préface à batouala, premier extrait, présente l'entreprise d'un homme qui a attendu six années avant de parler des abus répandus en AEF (portage, impôts, exploitation, emprisonnement), qui mettent la « question nègre » au centre des débats. La réponse de Trautmann qui s'adresse directement à batouala, en le tutoyant pour mieux marquer son mépris, et non à Maran, se veut nuancée ; si certains abus sont vérifiés, le comportement du Mokoundji travaillant dans son propre intérêt est aussi dénoncé.
Ce texte et sa réponse sont un moyen de faire le point sur la colonisation en AEF, ainsi que sur la rigueur de la domination blanche mais aussi sur les dérives orchestrées par certains chefs indigènes qui profitaient de la situation. IL s'agit aussi s'identifier la culture anti-coloniale de René Maran et celle pro coloniale de Trautmann. C'est ainsi une confrontation d'idées, de deux hommes qui traduisent alors les divergences d'opinion, les écarts entre la colonie et la métropole et la difficile acceptation de cette situation décrite comme honteuse par tous ceux qui la connaissent.
Maran en 1921, six années après la mise en place du système des sociétés concessionnaires, propose un bilan alarmant sur les abus commis en oubangui. Trautmann un an après appelle à limiter une généralisation qui serait abusive et préfère appeler à la réserve tout en mettant au premier plan les abus commis par les chefs indigènes eux-mêmes.
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