Cornelius Castoriadis, penseur de l'autonomie

Date de publication :

19/02/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire Cornelius Castoriadis, penseur de l'autonomie Sommaire

 
  1. Introduction
  2. L'identification de la démocratie à la société autonome
  3. Les conditions d'existence d'une société autonome
  4. Les institutions d'une société démocratique

Résumé :

Cornélius castoriadis (1922-1997) apparaît comme l'un des auteurs contemporains les plus féconds et les plus originaux. Tout à la fois économiste, professeur et psychanalyste, il s'est également engagé dans les luttes sociales et politiques notamment à travers le groupe autonome et le revue homonyme Socialisme ou barbarie (avec C.Lefort, J-F Lyotard). De ses premières critiques de la «mystification stalinienne », et du phénomène bureaucratique en Union Soviétique dans les années 40 et 50, en passant par l'analyse de la dynamique du capitalisme moderne et l'organisation de la lutte ouvrière, aboutissant à une critique du marxisme et une redéfinition de la théorie révolutionnaire, toute l'oeuvre de castoriadis a été élaborée autour d'une interrogation politique : Comment les hommes peuvent-ils s'autogouverner ?

Son projet en effet était l'instauration d'une société autonome rendant possible l'exercice, par les individus, de leur liberté effective. Cette exigence d'autonomie se manifeste en premier lieu par le refus de la société existante, «inhumaine » et colonisée par l'imaginaire capitaliste(«maximisation de la croissance et du profit par l'expansion illimitée de la maîtrise rationnelle scientifique et technique »(MM)), l'imaginaire définissant à la fois le style de vie d'une société, l'«esprit d'un peuple », et d'une époque. Par la suite cette exigence doit prendre la forme d'une exigence révolutionnaire. La révolution reste au centre de sa vision : elle est le moment inaugural de l'autonomie et vise l'instauration explicite d'une «société autonome » capable de perpétuellement questionner ses propres institutions. castoriadis n'a cessé d'afficher son attachement au projet de société défini sur «le contenu du socialisme » et fondé sur l'autogestion généralisée, la démocratie directe et l'égalité. Le dilemme "socialisme ou barbarie » énoncé en 1949 reste parfaitement pertinent.
L'exigence révolutionnaire s'investit d'abord dans le mouvement ouvrier en lutte pour l'instauration du socialisme. Mais, dès le début des années 50, il prend conscience de l'échec de la révolution socialiste. A travers l'analyse de la société soviétique, il constate non pas l'émergence d'une société autonome mais une société bureaucratique qui perpétue la séparation entre dirigeants et dirigés. Dans cette perspective il envisage la »bureaucratie » comme l'élément commun aux systèmes politiques de l'Est et de l'Ouest. Ce qui les distingue, c'est l'intensité de la pratique de l'interventionnisme étatique.
Ces constatations ont amené castoriadis à entreprendre un réexamen critique du marxisme, devenu une simple idéologie, et une redéfiniton du contenu du socialisme. En effet, il n'existe plus de «lois » de l'histoire, ni de contradictions d'ordre économique qui déterminent la ruine inéluctable du capitalisme et l'avènement non moins inéluctable du socialisme. C'est au contraire la lutte des hommes pour la maîtrise de leur propre vie et par conséquent pour l'autonomie qui met en crise le capitalisme et ouvre ainsi la possibilité d'une société libre. Dans la société capitaliste bureaucratisée, à presque tous les niveaux de la pyramide, ses membres sont assujettis et donc privés de tout pouvoir sur leur propre existence. Si bien que la distinction politique pertinente sépare désormais ceux qui acceptent le système de ceux qui le combattent : « C'est toute la société qui est concernée par la révolution, et toute, hormis une infime minorité »(DH).
Le contenu du socialisme se définit dès lors en termes politiques : il est l'autogestion par les travailleurs de leur propre travail et, au-delà, de la société. A partir de cette définition il est possible de déterminer les objectifs du mouvement ouvrier : il s'agit d'une part de conquérir la possibilité de gérer le processus de travail et d'autre part d'en venir à gérer la société dans son ensemble en fixant eux-mêmes les modalités de leur vivre ensemble.

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A propos de l'auteur :

pencil image Jean-François M. Etudiant
Niveau :Expert Etude suivie : Sciences politiques Ecole, université : EHESS

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