Cour de cassation, 15 février 1988, Assemblée Plénière, Les fresques catalanes
Date de publication :
21/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le sort juridique des fresques
- Les conséquences découlant de la qualification retenue
- La cessation de l'immobilisation, due au procédé de détachement
- La primauté du droit sur les circonstances
- La négation du rôle de la volonté dans le choix de la qualification
- Des propriétaires lésés
Résumé :
Ainsi, le débat a trait, indirectement, au caractère mobilier ou non des fresques, qui permettra de déterminer la juridiction compétente. Or, le pourvoi des acquéreurs ne porte que sur ce dernier point. Par conséquent, l'assemblée plénière doit s'interroger sur la nature juridique de fresques, qui ont été détachées de leur support mural, sans que les vendeurs ne recueillent le consentement de tous les propriétaires. Au visa de l'article 524 du Code civil, la cour de cassation considère que les fresques sont devenues des meubles du fait de leur arrachement. De fait, elle déclare les juridictions françaises incompétentes pour traiter de cette question, et censure la décision de la cour d'appel (sans, bien sûr, renvoyer l'affaire devant un autre tribunal).
En accueillant le pourvoi, la cour pose le principe que des immeubles par nature deviennent des meubles, dès lors qu'ils sont détachés de l'immeuble, auxquels ils étaient initialement rattachés. Au regard de la définition des meubles, précisée par l'article 528, cette solution se justifie totalement. Ainsi, en définissant la nature juridique des fresques, les juges ont pu en déterminer le régime applicable. Plus précisément, il leur a été possible d'indiquer la juridiction compétente ( I ). Mais pour faire un tel choix, les juges ont fait totalement fi de la volonté des parties, notamment de celle des coïndivisaires n'ayant pas donné leur consentement à la vente. En d'autres termes, cet arrêt démontre que la volonté des parties n'a pas à intervenir pour déterminer le caractère juridique d'un bien. En tous points, cette décision donne le sentiment aux anciens propriétaires d'être lésés, et plus largement, elle risque d'alarmer les détenteurs d'oeuvres d'arts ( II ).
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