Cour de cassation, 1ère ch civile, 14 février 2006
Date de publication :
02/06/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
3 pages
Sommaire :
Sommaire
- La notion de diligence interruptive
- Un acte émanant des parties
- Un acte manifestant la volonté des parties de continuer l'instance
- Une « impulsion processuelle » favorisée au détriment de la régularité formelle de l'acte
- L'attachement à la régularité formelle de l'acte interruptif
- Le prima de la volonté des parties : l'impulsion processuelle
Résumé :
En l'espèce, à la suite d'un arrêt de cassation (le 15 novembre 2001), la juridiction de renvoi avait été saisie par une déclaration comportant une erreur sur l'adresse de l'intimé (le 13 novembre 2003). Cette erreur fut rectifiée dans les jours qui suivirent (le 2 décembre 2003) mais après l'expiration du délai de deux ans qui était venu à échéance le 15 novembre 2003.
Le juge d'appel, considérant que la déclaration de saisine du 13 novembre 2003 était entachée de nullité et que l'acte rectificatif du 2 décembre 2003 était tardif avait décidé que la péremption était acquise. Un pourvoi fut formé.
Le problème qui se posait à la cour de cassation était de savoir si un acte, même affecté d'une irrégularité de forme ayant causé un grief à l'adversaire, est susceptible de constituer une diligence interruptive de péremption.
La cour de cassation qui a censure l'arrêt rendu par la cour d'appel de renvoi. L'arrêt est cassé au visa des articles 386 et 1034 du nouveau code de procédure civile (NCPC) et au motif d'une part « que l'instance n'est périmée que lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans ; que l'effet interruptif d'une diligence, lorsqu'elle consiste en un acte de la procédure, est sans lien avec la validité de cet acte » et d'autre part « qu'en statuant ainsi alors que la déclaration de saisine du 13 novembre 2003, fut-elle affectée d'une irrégularité de forme ayant causé un grief à l'intimé, avait interrompu le délai de péremption de l'instance ayant couru à compter de l'arrêt d'annulation, de sorte que la juridiction de renvoi avait été saisie en temps utile par la seconde déclaration ».
Ainsi dans une première partie (I), il nous faudra préciser ce que la Haute cour entend par diligence interruptive de péremption. Puis dans une seconde partie (II), nous verrons que la jurisprudence semble privilégier « l'impulsion processuelle » à la régularité formelle de l'acte.
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