Cour de cassation, 2ème chambre civile, 22 mai 2004
Date de publication :
01/08/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'exoneration de la responsabilite du commettant par l'abus de fonction de son prepose
- Un acte dommageable commis hors des fonctions du préposé
- Un acte dommageable commis en l'absence d'autorisation et à des fins étrangères
- L'importance du rôle de la victime en matière de responsabilité du commettant du fait de son préposé
- L'appréciation du comportement de la victime
- L'échec de l'action en responsabilité, une protection faible du commettant
Résumé :
En l'espèce, un client d'une agence bancaire a subi un dommage. Le passif de sa société a été profondément aggravé (le conduisant à une mise en liquidation judiciaire) suite aux versements successifs de différentes commissions (le plus souvent occultes) au directeur d'une agence bancaire. Il a effectué ces versements sur incitation de celui-ci ainsi que de la banque qui continue de soutenir l'escompte de ces effets de commerce. Le client a porté plainte contre le directeur de l'agence bancaire. Il demande ici par l'intermédiaire du mandataire de la liquidation judiciaire réparation de son préjudice auprès de la société de crédit qui employait le directeur d'agence.
La procédure civile relative à l'affaire est à distinguer de la procédure pénale qui lui est rattachée. Le préposé de la société de crédit a été condamné pénalement pour corruption passive et complicité. En matière civile, un jugement de première instance a débouté la victime (le client de l'agence bancaire) de ses demandes en refusant de retenir la responsabilité du commettant. Un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence daté du 5 décembre 2001 a confirmé ce jugement. La responsabilité du commettant est écartée au motif que le préposé a agi hors des fonctions qui lui étaient attribuées à des fins étrangères et ceci sans autorisation de son commettant. De plus, la victime ne pouvait ignorer le caractère frauduleux du procédé du préposé, elle a ainsi fait preuve de mauvaise foi. Un pourvoi en cassation a été formé.
Le moyen du pourvoi est unique et divisé en trois branches. Le demandeur au pourvoi évoque une violation de l'article 1384 alinéa 5 du Code civil par la cour d'appel en ne retenant pas la responsabilité de la société qui a commis le fait de son préposé. Pour le demandeur au pourvoi, le préposé a agi dans le cadre de ses fonctions qui étaient d'accorder ou non des facilités d'escompte. Le pourvoi évoque également la contrainte exercée par le préposé à l'égard de la victime pour que celle-ci verse des commissions occultes, la victime n'aurait donc pas été de mauvaise foi. De plus, le préjudice est mis en évidence: l'acte dommageable du préposé a contribué à l'aggravation du passif de la société. Il a bien eu un comportement fautif de la part du préposé.
Un employé de banque utilisant des procédés frauduleux (recueillant des commissions occultes) auprès de ses clients et leur causant à cet égard un dommage agit-il dans le cadre de ses fonctions ? La responsabilité de son commettant pourrait-elle être retenue sur le fondement de l'article 1384 alinéa 5 du Code civil ? La cour de cassation est confrontée à la question de l'abus de fonction.
Ce problème de droit est centré sur la première condition de l'abus de fonction en raison du fait que le moyen du pourvoi repose sur l'idée que le préposé agissait bien dans le cadre de ses fonctions. Cette condition est centrale dans la notion.
La cour répond par la négative au problème en rejetant le pourvoi. Elle confirme l'abus de fonction du préposé et donc écarte la responsabilité du commettant sur le fondement de l'article 1384 alinéa 5 du Code civil. Elle confirme également ce qui avait été souligné au sujet du comportement de la victime qui ne pouvait ignorer que le procédé du préposé s'inscrivait hors du cadre de ses fonctions.
Cet arrêt semble être un arrêt d'espèce se bornant à reprendre la jurisprudence dégagée précédemment par la cour de cassation notamment par l'arrêt du 19 mai 1988 de la 2ème chambre civile. La jurisprudence sur la notion d'abus de fonction a longtemps été divergente, elle semble maintenant s'unifier et se fixer. L'exonération de la responsabilité du commettant n'est envisageable que dans la mesure où des conditions strictes sont réunies. La jurisprudence reste sévère quant à l'appréciation de ses conditions. L'étude de cet arrêt peut permettre de voir un exemple d'exonération d'un commettant.
Les conditions nécessaires permettant d'écarter la responsabilité seront mises en évidence (I.) ainsi que l'appréciation du comportement de la victime qui peut jouer un rôle essentiel dans l'engagement ou non de la responsabilité du commettant (II.).
Voir docs similaires : Droit pénal
Commentaire d'arrêt | 22/12/2007 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 21/11/2007 | fr | .doc | 4 pages
Commentaire d'arrêt | 26/09/2007 | fr | .doc | 4 pages
Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit pénal
Exposé | 06/11/2009 | fr | .doc | 3 pages
Exposé | 05/11/2009 | fr | .doc | 6 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Droit pénal
Étude de cas | 24/05/2008 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 09/03/2007 | fr | .doc | 5 pages
Commentaire d'arrêt | 07/05/2007 | fr | .doc | 3 pages
Commentaire d'arrêt | 22/05/2007 | fr | .doc | 4 pages
Les garanties d’oboulo.com :
