Cour de cassation, Première Chambre civile, 10 mai 2007
Date de publication :
20/12/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
15 pages
Sommaire :
Sommaire
- Conflit de juridictions : tout juge peut contrôler à titre incident la régularité internationale d'un jugement étranger
- Exequatur : les intérêts moratoires sont dus en application de la loi du for à compter de la décision d'exequatur
- Libéralités : un testament olographe non daté peut être valable
- Incapacités : le majeur en tutelle peut, sous certaines conditions, présenter une requête en adoption
- Contrat : cause objective et justice contractuelle
- Contrat : l'exception de nullité peut seulement jouer pour faire échec à la demande d'exécution d'un acte juridique qui n'a pas encore été exécuté
- Cautionnement : la caution est déchargée de son engagement si le créancier omet d'inscrire son privilège de prêteur de deniers
- Intérêts : application de la prescription quinquennale malgré la contestation de la créance
Résumé :
En effet, par un arrêt du 9 juillet 1991, la première chambre civile avait déjà jugé que « le contrôle à titre incident de la régularité internationale d'un jugement étranger peut être opéré par tout juge devant lequel ce jugement est invoqué à l'appui d'une fin de non-recevoir ».
Cependant, deux arrêts rendus, cette fois-ci, par la deuxième chambre civile de la cour de cassation ont paru remettre en cause cette jurisprudence. Par un arrêt du 4 mars 1998, la deuxième chambre civile, en énonçant « qu'en raison de son caractère provisoire, l'ordonnance qui statue sur la recevabilité de la requête en divorce à laquelle est opposée une fin de non-recevoir ne lie pas le juge du fond saisi de ce moyen de défense », avait considéré que le sort de la fin de non-recevoir opposée à une action en divorce et tirée de l'existence d'un jugement étranger de divorce ne pouvait être définitivement réglé au stade de la conciliation, le pouvoir de trancher la question revenant en dernière analyse au juge du fond. De façon plus nette, par un arrêt du 9 janvier 2003, la même chambre, qui ne s'était plus fondée sur le caractère provisoire des mesures prises, avait décidé qu'il résultait des articles 242, 251 et 252-3 du code civil, 1110 et 1111 du nouveau code de procédure civile que « le juge aux affaires familiales n'a pas le pouvoir de statuer sur une fin de non-recevoir opposée à une requête initiale en divorce pour faute », dès lors que « le juge qui procède à la tentative de conciliation [] se borne à autoriser l'époux demandeur à assigner son conjoint au fond et prescrit des mesures provisoires, de sorte que l'instance n'est pas introduite devant lui ». La formulation employée par ce second arrêt était apparue « préférable et plus logique » à M. Hauser, « car ce n'est pas en raison de son caractère provisoire que le juge de l'ONC ne peut statuer sur la fin de non-recevoir, mais parce que, n'étant pas saisi du fond, il ne peut juger sur un tel moyen de défense qui l'engage partiellement et est soumis au même régime que les défenses au fond ».
De ces trois arrêts, se dégageait une apparente contradiction. Apparente seulement. Car l'arrêt du 9 juillet 1991 ressortissait au domaine du droit international, alors que les arrêts des 4 mars 1998 et 9 janvier 2003 relevaient du droit interne. Dès lors, Mme Monéger, rapporteur des arrêts du 10 mai 2007, posait la vraie question : faut-il raisonner en droit international de la même manière qu'en droit interne ?
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