Cour de Justice des Communautés Européennes, 18 juillet 2007, Société thermale d’Eugénie-les-Bains contre Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie

Date de publication :

10/01/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

avancé

Consulté :

9 fois

Avis client :

non évalué

Validé par :

le comité Oboulo.com

Sommaire :

 
 

Sommaire Cour de Justice des Communautés Européennes, 18 juillet 2007, Société thermale d’Eugénie-les-Bains contre Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Sommaire

 
  1. Un arrêt soulevant la délicate question de l'assujettissement des indemnités de résiliation de contrats
    1. Le cadre juridique et la jurisprudence applicable en la matière : un renvoi préjudiciel justifié
    2. La mise en évidence de la non-existence de lien direct entre le service rendu et la contrepartie reçue
  2. L'affirmation de la non soumission des arrhes à la TVA, celles-ci constituant des indemnités de résiliation versées en réparation d'un préjudice
    1. Les arrhes, indemnités de résiliation non soumises à TVA versées en réparation d'un préjudice
    2. Un arrêt discuté mettant en évidence la complexité du régime fiscal en la matière

Résumé :

Selon la cour de justice des communautés européennes, une prestation de service n'est taxable que s'il existe un lien direct entre le service rendu et la contrepartie reçue, la base d'imposition étant constituée par tout ce qui est reçu en contrepartie du service rendu. Cependant concernant les services, il n'y a pas toujours de contrepartie immédiate évidente et l'on peut parfois avoir du mal à apprécier la notion de lien direct. Cela concerne notamment le cas des indemnités contractuelles et plus précisément les indemnités de résiliation de contrats, comme nous le montre cet arrêt rendu par la cour de justice des communautés européennes du 18 juillet 2007, société thermale d'eugénie-les-bains.

Un établissement thermal comportant également des activités hôtelières et de restauration, perçoit à titre d'arrhes des sommes versées à l'avance lors des réservations de séjours effectuées par les curistes. Ces sommes sont soit déduites du paiement ultérieur des prestations de séjour, soit conservées par la société en cas de renonciation des curistes à leur séjour. A la suite d'une vérification de comptabilité en 1992, l'administration fiscale a affirmé que les arrhes perçues par la société thermale au moment de la réservation par les clients devaient être assujetties à la TVA. L'administration fiscale a alors procédé à des rappels d'impôts d'un montant de 12 814 € mis à la charge de la société thermale.

L'établissement thermal a alors saisi l'administration fiscale d'une réclamation qui a été rejetée en date du 14 février 1995. L'établissement a dès lors formé un recours devant le tribunal administratif de Pau, rejeté par un jugement du 18 novembre 1999 et a ensuite interjeté appel devant la cour administrative d'appel de Bordeaux, qui par un arrêt du 18 novembre 2003, rejette également le recours formé par la société thermale. les deux juridictions de fond ont en effet considéré que les arrhes conservées en cas de désistement du client constituaient la contrepartie directe et la rémunération d'une prestation de service individualisable consistant à établir le dossier du client et à lui réserver un séjour. Un recours est alors formé par la société thermale devant le Conseil d'Etat, qui par un arrêt du 18 mai 2005, a décidé de surseoir à statuer, renvoyant l'affaire devant la cour de justice des communautés européennes au titre du renvoi préjudiciel.

Alors que pour les deux juridictions de fond ces arrhes constituent la contrepartie directe et la rémunération d'une prestation de service individualisable, la société thermale considère que ces arrhes sont des indemnités versées en réparation du préjudice subi par elle du fait de la défaillance de ses clients et sont donc non soumises à la TVA.

La question se trouvait ainsi posée à la cour de justice des communautés européennes (CJCE) de savoir si les arrhes versées par un client à une société hôtelière devaient être regardées comme la contrepartie d'une prestation de réservation soumise à TVA ou comme des indemnités forfaitaires de résiliation non soumises à TVA, lorsque le client procède à la faculté de dédit qui lui a été offerte et que ces arrhes sont conservées par l'exploitant.

En réponse, la CJCE affirme que les sommes versées à titre d'arrhes lors de la réservation de chambre d'hôtels doivent être analysées, lorsque le client fait usage de la faculté de dédit qui lui est ouverte et que ces sommes sont conservées par l'hôtelier, comme des indemnités forfaitaires de résiliation versées en réparation du préjudice subi à la suite de la défaillance du client. La cour estime donc qu'il n'y a aucun lien direct avec un quelconque service rendu à titre onéreux. Dès lors, ces indemnités se situent hors du champ d'application de la TVA.

Cet arrêt comporte de nombreux intérêts. Il soulève ainsi tout d'abord la délicate question de l'assujettissement des indemnités de résiliation de contrats (I). Tranchant la question en la matière, il affirme ainsi la nature indemnitaire des arrhes, celles-ci réparant un préjudice et se trouvant donc hors du champ d'application de la TVA (II).

Dernières nouveautés dans la catégorie : Droit fiscal

1
 
Les revenus de capitaux mobiliers

Fiche  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  2 pages

2
 
Les bénéfices non commerciaux

Fiche  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  1 page

3
 
"Transfert de bénéfices et expansion à l'étranger : une jurisprudence au parfum", Julie Burguburu

Commentaire de texte  |  05/11/2009   |  fr  |  .doc  |  1 page

4
 
Les revenus fonciers

Fiche  |  03/11/2009   |  fr  |  .doc  |  1 page

5
 
La question des opérations imposables

Exposé  |  03/11/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

Les plus consultés sur 30 jours en : Droit fiscal

1
 
A quoi sert l'impôt ?

Exposé  |  22/05/2006   |  fr  |  .doc  |  6 pages

3
 
Conseil d'Etat, 21 décembre 2007 - le régime d'exonération fiscale sur les bénéfices des nouvelles entreprises

Commentaire d'arrêt  |  23/11/2008   |  fr  |  .doc  |  4 pages

4
 
Convention d'intégration fiscale

Contrat type  |  02/02/2009   |  fr  |  .doc  |  3 pages

5
 
L'acte anormal de gestion et la notion d'abus de droit

Exposé  |  19/03/2004   |  fr  |  .doc  |  11 pages

Du même auteur : Droit fiscal

1
 
Commentaire de l'arrêt du 16 mars 1999 de la Chambre commerciale de la Cour de cassation

Commentaire d'arrêt  |  21/11/2006   |  fr  |  .doc  |  4 pages

A propos de l'auteur :

pencil image David M. étudiant
Niveau :Avancé Etude suivie : Droit fiscal Ecole, université : Université Lille 2

Du même auteur :

Commentaire de l'arrêt du 16 mars 1999 de la Chambre commerciale de la Cour de cassation

Commentaire d'arrêt  |  21/11/2006  |  fr  |  .doc  |  4 pages