La crise financière actuelle - comparaison avec la crise de 1929
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exposé
publié le 13/11/2008
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Résumé
Le nombre croissant de titres de journaux et de magazines évoquant les similitudes entre la crise de 1929 et la crise actuelle invite à sinterroger sur la pertinence de ces comparaisons. Depuis les années 1930, le monde a connu dautres crises économiques, mais cest lampleur de celle que nous vivons actuellement qui explique les principaux rapprochements.
Au sens strict, une crise est un processus de retournement du cycle économique en son point le plus haut, qui interrompt la phase dexpansion et précipite léconomie dans la dépression. Les théoriciens du cycle nisolent pas la crise du mouvement densemble dont elle constitue seulement un moment . Cest pourquoi, face au krach boursier (du « jeudi noir », 24 octobre 1929) et bancaire américain qui ont déclenché la récession économique mondiale des années 1930 : effondrement de la production, déflation, augmentation importante du chômage et contraction du commerce international ; des économistes comme Schumpeter parlaient à lépoque dun simple « creux de la vague » face auquel il ne fallait pas dintervention étatique afin de laisser le marché se réguler seul. Jean-Paul Fitoussi affirme aujourdhui que « les leçons de la crise de 1929 ont été tirées ». En effet, nous allons le voir, les réactions politiques actuelles sont très différentes. Le laisser-faire a fait place à un fort interventionnisme étatique.
De plus, la nature des activités dans léconomie réelle ayant tiré la croissance au cours de la phase précédant le krach nest pas la même, le boom dans lindustrie automobile avait tiré la croissance des années 1920, alors que limmobilier est le secteur moteur de la période 2002-2007. La déconnexion entre lévolution des gains de productivité et la progression salariale est, en revanche, un phénomène marquant dans léconomie réelle commun aux deux crises. La stagnation du revenu salarial débouche en 1929 sur une crise de surproduction qui précède léclatement de la bulle financière. En 2006, compte tenu de la stagnation du revenu médian, le développement de lendettement privé alimenté par le crédit hypothécaire a été le principal moteur de la croissance américaine après léclatement de la bulle internet en 2000.
Or, alors quil existe de nombreuses analyses détaillées sur la crise de1929, critiquant notamment la cécité de lépoque, les écrits sur la crise actuelle manquent sans doute parfois de recul. Il est, en effet, délicat de prévoir avec certitudes quelles seront les conséquences globales de cette crise. Différentes hypothèses sont cependant possibles et il sagit donc de réfléchir ici, non seulement aux similitudes de ces deux crises dans leurs origines et dans les réactions étatiques suscitées ; mais également à lensemble des facteurs économiques, financiers, politiques et sociaux qui en font des crises complexes.
Il convient donc de montrer ici que ces deux crises ont de nombreuses différences, tant au niveau de leurs causes, de leurs impacts, que des réactions politiques pour les contrer ; tout en soulignant leurs similitudes, notamment dans leur caractère multidimensionnel et dans la remise en cause du modèle dominant quelles entraînent.
Au sens strict, une crise est un processus de retournement du cycle économique en son point le plus haut, qui interrompt la phase dexpansion et précipite léconomie dans la dépression. Les théoriciens du cycle nisolent pas la crise du mouvement densemble dont elle constitue seulement un moment . Cest pourquoi, face au krach boursier (du « jeudi noir », 24 octobre 1929) et bancaire américain qui ont déclenché la récession économique mondiale des années 1930 : effondrement de la production, déflation, augmentation importante du chômage et contraction du commerce international ; des économistes comme Schumpeter parlaient à lépoque dun simple « creux de la vague » face auquel il ne fallait pas dintervention étatique afin de laisser le marché se réguler seul. Jean-Paul Fitoussi affirme aujourdhui que « les leçons de la crise de 1929 ont été tirées ». En effet, nous allons le voir, les réactions politiques actuelles sont très différentes. Le laisser-faire a fait place à un fort interventionnisme étatique.
De plus, la nature des activités dans léconomie réelle ayant tiré la croissance au cours de la phase précédant le krach nest pas la même, le boom dans lindustrie automobile avait tiré la croissance des années 1920, alors que limmobilier est le secteur moteur de la période 2002-2007. La déconnexion entre lévolution des gains de productivité et la progression salariale est, en revanche, un phénomène marquant dans léconomie réelle commun aux deux crises. La stagnation du revenu salarial débouche en 1929 sur une crise de surproduction qui précède léclatement de la bulle financière. En 2006, compte tenu de la stagnation du revenu médian, le développement de lendettement privé alimenté par le crédit hypothécaire a été le principal moteur de la croissance américaine après léclatement de la bulle internet en 2000.
Or, alors quil existe de nombreuses analyses détaillées sur la crise de1929, critiquant notamment la cécité de lépoque, les écrits sur la crise actuelle manquent sans doute parfois de recul. Il est, en effet, délicat de prévoir avec certitudes quelles seront les conséquences globales de cette crise. Différentes hypothèses sont cependant possibles et il sagit donc de réfléchir ici, non seulement aux similitudes de ces deux crises dans leurs origines et dans les réactions étatiques suscitées ; mais également à lensemble des facteurs économiques, financiers, politiques et sociaux qui en font des crises complexes.
Il convient donc de montrer ici que ces deux crises ont de nombreuses différences, tant au niveau de leurs causes, de leurs impacts, que des réactions politiques pour les contrer ; tout en soulignant leurs similitudes, notamment dans leur caractère multidimensionnel et dans la remise en cause du modèle dominant quelles entraînent.
Sommaire
- Des différences importantes entre les deux crises
- Contexte et origines : des différences indéniables
- La différence de réactivité des gouvernements et des banques centrales
- Des crises similaires sur fond d'un caractère global et d'une remise en cause de la forme institutionnelle
- Des crises multidimensionnelles
- Remise en cause de la forme institutionnelle dominante et interventionnisme
