La critique des modèles étrangers dans la pièce dAlexandre Griboïedov "Le Malheur davoir de lesprit" - Quest-ce quêtre Russe ?
Date de publication :
06/12/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- La dénonciation de l'immoralité française
- Des dangers des lectures françaises
- De l'invasion des modes françaises
- De la nullité des précepteurs français
- « Famoussov ou la répétition »
- Gallophobie et gouvernante française
- Gallophobie et anglomanie
- Le rôle de 1812 dans la perception des modèles étrangers
- L'exclusion de Tchatski
- La menace de l'étranger neutralisée
- L'exclusion de l'étranger par le biais de la folie
Résumé :
Cette question émerge au tout début du XVIIIe siècle, lorsque Pierre le Grand (1694-1725), dans une démarche volontariste sans précédent, impose à ses élites une occidentalisation dans laquelle il voit un gage de progrès économique et technique, mais aussi social. Cette occidentalisation est poursuivie tout au long du siècle par ses successeurs, notamment par les impératrices Elisabeth Ière (1741-1762) et Catherine II (1762-1796), qui la posent comme un principe a priori. En écho à cette occidentalisation poussée à l'extrême, des formes de résistance commencent à apparaître, ce qui débouche sur l'expression timide d'une conscience nationale, incarnée par exemple par un savant comme Lomonossov, qui refoule peu à peu les influences étrangères et participe à la « russification » de la culture. L'une des premières comédies russes, Brigadir (Le Brigadier), que Fonvizine achève en 1769, est ainsi une satire dirigée contre la « gallomanie ». Dans cette pièce, le personnage d'Ivanouchka apparaît comme le « gallomane » par excellence, tel qu'il est fabriqué en série dans les littératures européennes de l'époque depuis que les habitudes françaises ont conquis l'Europe : c'est un jeune homme que son voyage à Paris a entièrement transformé : il méprise sa propre patrie, déclarant qu'être russe est pour lui « un défaut [en français dans le texte] que rien ne peut effacer », parsème ses phrases de mots ou expressions françaises et s'habille à la mode parisienne. Au XVIIIe siècle, cette réaction nationaliste est certes encore hésitante, mais elle montre bien qu'au coeur de l'interrogation identitaire russe, se trouve la question des relations avec l'Europe occidentale, des menaces que la greffe européenne fait peser sur la nation russe.
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