Pourquoi devient-on militant ?
Date de publication :
07/12/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le militantisme désintéressé : prédispositions sociales et mobiles idéologiques du militantisme
- Existe-t-il des prédispositions au militantisme ?
- Dans quel but devient-on militant ?
- Un militantisme intéressé ? Les rétributions symboliques et matérielles du militantisme
- Les Rétributions matérielles du militantisme
- Des rétributions symboliques
Résumé :
L'imagerie populaire se figure ordinairement le militant sous les traits éthérés d'un soldat dévoué à la cause d'une organisation partisane ou syndicale. Cette représentation est renforcée par le caractère bénévole et donc nécessairement désintéressé qu'implique l'activité militante. Ainsi, on deviendrait militant par simple conviction.
Cette image du militant ne résiste cependant pas à la confrontation au paradoxe sur l'action collective analysé par Mancur Olson dans Logique de l'action collective. Si l'on se reporte à Olson, le militant, c'est-à-dire celui qui s'engage activement dans une structure partisane, syndicale ou associative par opposition à la passivité du simple adhérent, n'a pas intérêt à participer, aux prix de sacrifices consentis, à l'action collective dont il jouira de toute façon des effets, même s'il ne s'engage pas. Le calcul rationnel coûts / avantages inciterait en effet le militant à se dégager de l'action politique qui prélève sur le temps consacré aux loisirs, à la famille ou à la carrière professionnelle. Le paradoxe soulevé pose donc la question des motivations du militant qui, de toute évidence, doit trouver dans son activité des gratifications en compensation du coût supporté. La question posée, « pourquoi devient-on militant ? », invite à porter son attention sur les ressorts individuels du militantisme et non sur le phénomène collectif. On pourrait la reformuler ainsi : « quelles sont les dispositions à, les raisons revendiquées ou inconscientes et les objectifs de l'action militante ? », sans se demander « pourquoi il y a du militantisme ? ». Par conséquent, on devra se demander si les mobiles idéologiques, souvent avancés par les militants pour justifier leur action, suffisent à expliquer le passage à l'acte ou si, au contraire, des gratifications plus matérialisables interviennent dans le processus qui conduit à s'engager.
Nous essaierons d'apporter une réponse nuancée en montrant que les mobiles « avouables » ou idéologiques (1) et les rétributions matérielles ou symboliques du militantisme (2) sont imbriqués.
Cette image du militant ne résiste cependant pas à la confrontation au paradoxe sur l'action collective analysé par Mancur Olson dans Logique de l'action collective. Si l'on se reporte à Olson, le militant, c'est-à-dire celui qui s'engage activement dans une structure partisane, syndicale ou associative par opposition à la passivité du simple adhérent, n'a pas intérêt à participer, aux prix de sacrifices consentis, à l'action collective dont il jouira de toute façon des effets, même s'il ne s'engage pas. Le calcul rationnel coûts / avantages inciterait en effet le militant à se dégager de l'action politique qui prélève sur le temps consacré aux loisirs, à la famille ou à la carrière professionnelle. Le paradoxe soulevé pose donc la question des motivations du militant qui, de toute évidence, doit trouver dans son activité des gratifications en compensation du coût supporté. La question posée, « pourquoi devient-on militant ? », invite à porter son attention sur les ressorts individuels du militantisme et non sur le phénomène collectif. On pourrait la reformuler ainsi : « quelles sont les dispositions à, les raisons revendiquées ou inconscientes et les objectifs de l'action militante ? », sans se demander « pourquoi il y a du militantisme ? ». Par conséquent, on devra se demander si les mobiles idéologiques, souvent avancés par les militants pour justifier leur action, suffisent à expliquer le passage à l'acte ou si, au contraire, des gratifications plus matérialisables interviennent dans le processus qui conduit à s'engager.
Nous essaierons d'apporter une réponse nuancée en montrant que les mobiles « avouables » ou idéologiques (1) et les rétributions matérielles ou symboliques du militantisme (2) sont imbriqués.
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