Les différentes formes de rémunérations des dirigeants
Date de publication :
28/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
17 pages
Sommaire :
Sommaire
- La nature et le régime juridique des différentes rémunérations des dirigeants
- La typologie des rémunérations des dirigeants
- Le régime des rémunérations : de leur fixation à leur suppression
- Le régime fiscal des rémunérations et la limite du pouvoir d'optimisation au niveau de la société
- Le régime fiscal des différentes formes de rémunération des dirigeants
- A la recherche de l'optimisation des rémunérations
Résumé :
La rémunération est en principe la contrepartie d'un travail fourni ou d'un service rendu, l'idée d'une équivalence en ressort. « Tout travail mérite salaire » mais au vu du montant pharaonique des rémunérations de certains dirigeants, on peut avoir des doutes légitimes quant à l'équivalence de la contrepartie fournie par ces dirigeants...
La commission européenne cherche à rendre la vie des affaires plus transparente au sein de l'Union européenne. Ainsi, en 2004 elle a lancé une consultation en vue d'élaborer une recommandation à destination des Etats membres, dont le but est de moderniser le droit des sociétés et de renforcer le gouvernement d'entreprise au sein de la Communauté. Face à l'envolée des rémunérations des dirigeants, la Commission souhaite une plus grande transparence en la matière. Elle souhaite que les actionnaires puissent apprécier la rémunération des dirigeants au regard de la performance globale de l'entreprise (qui résulte en principe des actions menées notamment par les dirigeants). Dans cet objectif, elle a fixé plusieurs orientations (dans le document de consultation). Elle souhaite ainsi que toutes les sociétés cotées de l'UE inscrivent leur politique globale de rémunération dans leurs comptes annuels ; qu'elles y indiquent en outre, de manière détaillée, les rémunérations perçues par chaque dirigeant. La Commission estime souhaitable que l'assemblée générale annuelle approuve préalablement les plans d'actionnariat et d'option sur les actions destinés au dirigeant. Enfin, elle préconise l'inscription, dans leurs comptes annuels, des coûts relatifs à la mise en place de ces formules de rémunération incitatives.
L'objet de la consultation semble avoir été accueilli favorablement. Suite à cette consultation, la Commission devait élaborer une Recommandation sur les dirigeants des sociétés cotées à l'automne 2004. Mais si le 14 décembre 2004, la Commission a émis une Recommandation encourageant la mise en oeuvre d'un régime approprié de rémunération des administrateurs des sociétés cotées ; la Recommandation se rapportant à la rémunération des dirigeants n'a toujours pas vu le jour.
Quant à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCI), sa réaction concernant l'établissement de la rémunération des dirigeants semble plus nuancée, elle ne souhaite pas une « ingérence réglementaire », au détriment de la liberté contractuelle. Selon la CCI, cette dernière suppose une appréciation au cas par cas. Dans le même temps elle approuve la manière dont la Commission intervient en la matière : la Commission souhaite prendre une recommandation, la CCI relève justement que celle-ci n'a aucun effet contraignant à l'égard des Etats membres...
La France apparaît en phase avec cette volonté communautaire, et de façon plus précoce. En effet la loi du 15 mai 2001 portant sur les nouvelles régulations économiques a imposé la mention, sur les rapports de gestion, de la rémunération totale ainsi que de tous les avantages en nature qui seraient accordées aux dirigeants par la société (L. 225-102-1 c.com.). La loi du 1er août 2003 relative à la Sécurité financière a circonscrit cette obligation aux seules sociétés anonymes et sociétés en commandite par action, et à la condition qu'elles soient cotées sur un marché réglementé ou qu'elles soient contrôlées par une société cotée sur un tel marché. Le législateur accentue cette volonté de rendre plus transparent la rémunération des dirigeants avec la loi Breton du 26 juillet 2005.
La rémunération des dirigeants sociaux apparaît ainsi comme un sujet sensible, aussi bien au niveau institutionnel (étatique, communautaire, et au sein même des acteurs économiques), qu'au niveau de l'opinion publique (à l'occasion de certains scandales financiers). Afin, sans doute, d'éviter des rémunérations d'un montant trop excessif (notion somme toute relative), et faire en sorte que cette rémunération soit, dans la mesure du possible, le plus en corrélation avec le travail effectivement fourni par les dirigeants, un encadrement semble nécessaire. Ceci en favorisant la transparence, et par la même, le contrôle par les actionnaires. Mais si ce besoin apparaît fondé, une certaine frilosité imprègne la Commission ; le fait que celle-ci n'intervienne que via une recommandation qui, comme a pu relever la Chambre du commerce et des industries de Paris, n'a aucun effet normatif. Cette volonté de transparence et de contrôle se présente donc plutôt comme un voeux pieux.
Si le montant des rémunérations peut parfois susciter des interrogations quant à leur réelle légitimité, on peut être plus surpris au plan de la variété des rémunérations proposées aux dirigeants. Cette variété résultant à la fois de rémunérations directes (fixe et variable) et de rémunérations indirectes (avec la possibilité d'acquérir des actions, l'octroi de dividendes).
Quel est le véritable pouvoir de création, de proposition des rémunérations par la société au(x) dirigeant(s) qu'il souhaite avoir à sa tête, ou pour éviter qu'il(s) n'aille(nt) sous d'autres cieux plus propices ?
Si le Conseil d'administration dispose d'une certaine marge de manoeuvre pour « offrir » une variété de rémunérations au dirigeant, sa liberté contractuelle et institutionnelle se trouve relativement limitée. Nous nous pencherons sur la nature et le régime juridique des différentes formes de rémunérations des dirigeants (I), avant de voir les mécanismes fiscaux dont bénéficient ces derniers, et la limite de la politique d'optimisation pour la société (II).
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