Droit administratif et État de droit
Date de publication :
27/12/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
2 pages
Sommaire :
Sommaire
- La détermination de l'Etat par la société civile
- La légalité, limite, fondement et thème de l'action administrative
- Les limites du principe de légalité et le problème des circonstances exceptionnelles
- La détermination de la société civile par l'Etat
- « Un droit de personnes inégales » (Hauriou) parachevé par l'avènement de l'Etat Providence
- La réévaluation de la logique fondatrice de l'Etat
Résumé :
Le concept d'Etat de droit a émergé au XVIIIème siècle, forgée en 1798 sous la notion allemande de Rechtsstaat. Il a été l'objet de nombreuses « luttes sémantiques » : d'abord notion politique, renvoyant à un type d'Etat, à ses finalités, il a été ensuite défini dans un sens plus organique par les anti-libéraux, et est désormais dans de nombreux systèmes juridiques une notion de droit positif. Chez Kant, l'Etat de droit renvoie à « l'Etat dans son Idée, tel qu'il doit être selon de purs principes de droit » (Doctrine du droit), et sa forme et dans « la constitution républicaine », qui passe par la représentation : la société définit ainsi les buts de l'Etat. Ainsi, ce dernier doit se conformer au droit « extérieur », il doit déterminer la forme du rapport entre des individus libres. Dans ce cadre, « les droits constitutionnels délimitent le domaine reservé à la loi (acte du monarque accepté par les assemblées dans le domaine de la liberté et de la propriété des citoyens), coeur de cette doctrine libérale. L'Etat de droit est donc basé sur les principes de constitutionnalité et de légalité.
Par la suite, la doctrine classique construit l'Etat comme une personne juridique. Ainsi, chez Jellinek apparaît l'idée d'un face-à-face entre État et personnes privées, et donc d'un rapport de droits subjectifs. Apparaissent ainsi l'idée d'autolimitation de l'Etat et de « système de droits publics subjectifs ». Formellement, l'Etat-personne juridique ne peut échapper à un régime de droit, bien que ce soit lui qui en fixe le contenu. La seconde idée réintroduit un élément libéral : l'Etat doit reconnaître des espaces d'autonomie aux individus, ainsi que des pouvoirs juridiques à son encontre. Selon Carré de Malberg, cela passe par une action de l'administration (instrument d'action de l'Etat) dans le cadre de la loi, d'une action administrative habilitée par la loi, ainsi que par l'existence d'une voie de recours contre l'Administration. Si les personnes privées sont titulaires de droits opposables à l'Etat, il apparaît nécessaire qu'un juge puisse en assurer le respect. Le concept d'Etat de droit, qui instaure l'idée d'un rapport de droit entre les personnes privées et la puissance publique, différent du rapport de droit entre les personnes privées, nécessite donc une instance indépendante pour régler ces litiges. C'est de cette idée qu'est née, en même temps que l'idée de l'Etat de droit au sens libéral, la séparation des juridictions administratives et judiciaires, par les lois des 16 et 24 août 1790. L'existence d'une juridiction spécialisée est née du principe « Juger l'administration, c'est encore administrer » : ces litiges sont d'une nature particulière, il convient donc de les juger d'une manière particulière, c'est la nécessité d'un corps de règles spécifiques et autonomes : le droit admnistratif.
Le droit admnistratif s'est développé au sein même de l'administration, jurisprudentiellement, en voyant émerger tour à tour un Conseil d'Etat, un Tribunal des Conflits chargé de trancher les litiges de compétences entre juridiction judiciaire et administrative, des cours d'appel administratives, des tribunaux administratifs. La période s'étalant de 1870 à 1914 est communément admise comme l'âge d'or du droit administratif : c'est la période des grands dogmes, qui donneront la tonalité de la tension permanente inhérente au droit administratif. Le premier instaure la primauté de l'individu face à l'Etat, tout comme l'on retrouve l'idée de limitation du pouvoir de l'Etat au profit des citoyens dans la théorie de l'Etat de droit. Le second pose le principe de service public comme finalité de l'administration et donc du droit administratif : l'Etat Providence, qui assure des prestations à ses citoyens, agit dans un but d'intérêt général. Pour parvenir à cette finalité, l'administration a besoin de moyens particuliers, d'où provient la notion de moyens exorbitants du droit commun, ou prérogatives de puissance publique. D'une part, l'administration est donc soumise aux principes de constitutionnalité et de légalité, afin de garantir le droit des citoyens face à l'Etat, mais elle dispose parallèlement de puissantes prérogatives en matière d'action afin d'assurer sa mission d'intérêt général. Nous étudierons donc dans un premier temps le contrôle de l'Etat par la société via la soumission de l'administration au principe de légalité, puis nous nous pencherons sur l'évolution inverse : la détermination de la société civile par l'Etat, par l'exercice des moyens exorbitants du droit commun en vue d'assurer la satisfaction de l'intérêt général.
Par la suite, la doctrine classique construit l'Etat comme une personne juridique. Ainsi, chez Jellinek apparaît l'idée d'un face-à-face entre État et personnes privées, et donc d'un rapport de droits subjectifs. Apparaissent ainsi l'idée d'autolimitation de l'Etat et de « système de droits publics subjectifs ». Formellement, l'Etat-personne juridique ne peut échapper à un régime de droit, bien que ce soit lui qui en fixe le contenu. La seconde idée réintroduit un élément libéral : l'Etat doit reconnaître des espaces d'autonomie aux individus, ainsi que des pouvoirs juridiques à son encontre. Selon Carré de Malberg, cela passe par une action de l'administration (instrument d'action de l'Etat) dans le cadre de la loi, d'une action administrative habilitée par la loi, ainsi que par l'existence d'une voie de recours contre l'Administration. Si les personnes privées sont titulaires de droits opposables à l'Etat, il apparaît nécessaire qu'un juge puisse en assurer le respect. Le concept d'Etat de droit, qui instaure l'idée d'un rapport de droit entre les personnes privées et la puissance publique, différent du rapport de droit entre les personnes privées, nécessite donc une instance indépendante pour régler ces litiges. C'est de cette idée qu'est née, en même temps que l'idée de l'Etat de droit au sens libéral, la séparation des juridictions administratives et judiciaires, par les lois des 16 et 24 août 1790. L'existence d'une juridiction spécialisée est née du principe « Juger l'administration, c'est encore administrer » : ces litiges sont d'une nature particulière, il convient donc de les juger d'une manière particulière, c'est la nécessité d'un corps de règles spécifiques et autonomes : le droit admnistratif.
Le droit admnistratif s'est développé au sein même de l'administration, jurisprudentiellement, en voyant émerger tour à tour un Conseil d'Etat, un Tribunal des Conflits chargé de trancher les litiges de compétences entre juridiction judiciaire et administrative, des cours d'appel administratives, des tribunaux administratifs. La période s'étalant de 1870 à 1914 est communément admise comme l'âge d'or du droit administratif : c'est la période des grands dogmes, qui donneront la tonalité de la tension permanente inhérente au droit administratif. Le premier instaure la primauté de l'individu face à l'Etat, tout comme l'on retrouve l'idée de limitation du pouvoir de l'Etat au profit des citoyens dans la théorie de l'Etat de droit. Le second pose le principe de service public comme finalité de l'administration et donc du droit administratif : l'Etat Providence, qui assure des prestations à ses citoyens, agit dans un but d'intérêt général. Pour parvenir à cette finalité, l'administration a besoin de moyens particuliers, d'où provient la notion de moyens exorbitants du droit commun, ou prérogatives de puissance publique. D'une part, l'administration est donc soumise aux principes de constitutionnalité et de légalité, afin de garantir le droit des citoyens face à l'Etat, mais elle dispose parallèlement de puissantes prérogatives en matière d'action afin d'assurer sa mission d'intérêt général. Nous étudierons donc dans un premier temps le contrôle de l'Etat par la société via la soumission de l'administration au principe de légalité, puis nous nous pencherons sur l'évolution inverse : la détermination de la société civile par l'Etat, par l'exercice des moyens exorbitants du droit commun en vue d'assurer la satisfaction de l'intérêt général.
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