Le Droit doit-il dire lhistoire ?
Date de publication :
22/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
11 pages
Sommaire :
Sommaire
- Si, pour de nombreuses raisons, on considère qu'il serait dangereux que le Droit dise l'histoire
- L'histoire n'est pas un espace du droit
- Dire l'histoire conduirait à des dérives anti-démocratiques
- Cependant, le droit est intervenu à de nombreuses reprises pour dire l'histoire
- Le juge et l'histoire
- Le législateur et l'histoire : les lois mémorielles
Résumé :
« Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé ».
Dans le système totalitaire que décrit G. Orwell dans son roman 1984, le régime politique en place, par le biais du ministère de la Vérité, utilise le droit pour définir et instaurer une histoire officielle, qu'aucun citoyen ne peut critiquer ou remettre en doute. Ce premier exemple littéraire illustre le risque de totalitarisme que suppose toute intervention du droit dans la sphère de l'histoire.
A l'origine, cependant, on peut remarquer qu'histoire et droit peuvent, par certains aspect, paraître proche l'un de l'autre : chacun induit en partie une enquête (à l'étymologie historia signifie enquête), l'utilisation de preuves, et la recherche de la vérité ; et tous deux participent de la construction de la société. Ce n'est pas un hasard si, chez les grecs, Clio, muse de l'histoire, était la nièce de Thémis, déesse de la justice.
Reste qu'histoire et droit sont profondément différents ; l'une par nature questionne pour construire la mémoire des sociétés, tandis que l'autre ne doute pas et affirme pour assurer la stabilité et le respect des normes au sein de la Cité. Si les vérités de l'histoire peuvent être remises en question, celles du droit se doivent d'être définitives.
Dans le cadre de cette relation entre droit et histoire, est-il légitime ou, au contraire, dangereux que le droit pose des limites à l'exercice et au champ de l'histoire ? La liberté de l'historien est elle un absolu qui ne souffre aucun encadrement juridique, sous peine de tomber dans une dérive anti-démocratique ? L'histoire peut-elle tout dire, peut-elle mentir sans que le droit n'intervienne ?
L'ensemble de ces questions apparaissent profondément actuelle au vu notamment du vote récent de Lois mémorielles et de la résurgence forte du débat sur ce thème entre février 2005 et février 2006.
De fait, il apparaît intéressant de se demander, au regard de ces interrogations, si le droit a oui ou non le pouvoir légitime d'intervenir dans la sphère historique, et si l'acceptation de cette intervention a pu évoluer.
Ainsi, s'il est certain que, pour de nombreuses raisons, il serait dangereux que le droit dise l'histoire (I), le droit est néanmoins intervenu à de nombreuses reprises dans le champ de cette dernière (II).
Dans le système totalitaire que décrit G. Orwell dans son roman 1984, le régime politique en place, par le biais du ministère de la Vérité, utilise le droit pour définir et instaurer une histoire officielle, qu'aucun citoyen ne peut critiquer ou remettre en doute. Ce premier exemple littéraire illustre le risque de totalitarisme que suppose toute intervention du droit dans la sphère de l'histoire.
A l'origine, cependant, on peut remarquer qu'histoire et droit peuvent, par certains aspect, paraître proche l'un de l'autre : chacun induit en partie une enquête (à l'étymologie historia signifie enquête), l'utilisation de preuves, et la recherche de la vérité ; et tous deux participent de la construction de la société. Ce n'est pas un hasard si, chez les grecs, Clio, muse de l'histoire, était la nièce de Thémis, déesse de la justice.
Reste qu'histoire et droit sont profondément différents ; l'une par nature questionne pour construire la mémoire des sociétés, tandis que l'autre ne doute pas et affirme pour assurer la stabilité et le respect des normes au sein de la Cité. Si les vérités de l'histoire peuvent être remises en question, celles du droit se doivent d'être définitives.
Dans le cadre de cette relation entre droit et histoire, est-il légitime ou, au contraire, dangereux que le droit pose des limites à l'exercice et au champ de l'histoire ? La liberté de l'historien est elle un absolu qui ne souffre aucun encadrement juridique, sous peine de tomber dans une dérive anti-démocratique ? L'histoire peut-elle tout dire, peut-elle mentir sans que le droit n'intervienne ?
L'ensemble de ces questions apparaissent profondément actuelle au vu notamment du vote récent de Lois mémorielles et de la résurgence forte du débat sur ce thème entre février 2005 et février 2006.
De fait, il apparaît intéressant de se demander, au regard de ces interrogations, si le droit a oui ou non le pouvoir légitime d'intervenir dans la sphère historique, et si l'acceptation de cette intervention a pu évoluer.
Ainsi, s'il est certain que, pour de nombreuses raisons, il serait dangereux que le droit dise l'histoire (I), le droit est néanmoins intervenu à de nombreuses reprises dans le champ de cette dernière (II).
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