Le droit à un procès équitable et le droit interne français. Larticle 6 de la Convention européenne des droits de lhomme.
Date de publication :
22/10/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
11 pages
Sommaire :
Sommaire
- Une volonté marquée d'une reconnaissance du procès équitable par le conseil constitutionnel
- L'absence de base textuelle
- L'érection de principes constitutionnels
- Une volonté marquée de distanciation
- La non apposition de l'AOC
- Un résultat identique
Résumé :
L'article 6 1 de convention européenne des droits de l'homme garantit à toute personne « le droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial »
Il ne faut pas oublier que l'origine commune de tous ces textes, à savoir la Déclaration universelle des droits de l'homme, sans même parler de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyens de 1789, dont les articles 7, 8 et 9 contiennent des éléments du droit à un procès équitable en matière pénale et des textes anglais et américains. On retrouve aussi leur inspiration universaliste dans d'autres textes : la Déclarations américaines des droits de l'homme, la convention américaine des droits de l'homme, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. La construction de la notion du procès équitable a eu un impacte considérable dans les Etats soumis à l'emprise du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ou de la convention européenne des droits de l'homme.
Les dictionnaires généraux, qu'ils soient anglais ou français, donnent deux sens de l'équité et conduisent progressivement au procès équitable. Dans le dictionnaire historique de la langue française, l'équité est d'abord définie comme un emprunt savant au latin aequitas. On retrouve cette notion d'égalité dans le dictionnaire anglais Collins. Ces deux mêmes dictionnaires voient aussi dans l'équité, pour l'un «la juste appréciation de ce qui est dû à chacun, selon un principe de justice naturelle, parfois divine », pour l'autre, le principe qui fera d'un jugement un jugement loyal dans un cas où les lois existantes n'apportent pas de réponse satisfaisante à un problème.
Le droit à un procès équitable, au sens large, est constitué aujourd'hui de trois volets, issus de vingt cinq ans de jurisprudence européenne. Ainsi le procès équitable comprend, d'une part, le droit d'accès à un tribunal, d'autre part, le droit à une bonne justice et le droit à l'exécution effective du jugement.
Le justiciable a droit à une procédure juste et équitable qui englobe une série de droits fondamentaux qui irriguent la totalité du déroulement du procès et concernent toutes les parties. Parmi ces droits fondamentaux, on y retrouve le droit au respect de la contradiction, le droit à un juge indépendant et impartial, le droit d'être assisté d'un conseil, le droit à la loyauté des débats, à la liberté des débats, à la liberté et l'immunité de la défense, le droit à un jugement motivé, le droit d'exercer des recours, le droit à l'exécution effective du jugement.
Il y a cependant des décalages entre la terminologie utilisée par le Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques et par la convention EDH et celle du droit français, y compris constitutionnel. Il faut y voir ici, au-delà des termes des instruments internationaux des droits de l'homme, la valeur d'un idéal à atteindre pour le droit français, qui n'a pas levé toute ambiguïté à ce sujet, notamment en matière pénale.
La convention européenne des droits de l'homme avec son article 6 1 sur le procès équitable a beaucoup contribué à la construction d'un fonds commun procédural qui s'impose à tous les Etats soumis à l'emprise des instruments internationaux. Véritable socle de standards d'une bonne justice ces droits fondamentaux du procès contribuent déjà à la modélisation des procès, quelque soit d'ailleurs le type de contentieux, quel que soit le pays. En effet, la notion de matière civile, pas plus que celle de matière pénale ne recoupe le procès civil ou le procès pénal.
Ainsi, la vocation essentielle de l'article 6 1 CEDH réside dans l'obligation, pour chaque Haute partie contractante, d'assurer certaines garanties à toute personne en tant que justiciable potentiel. Si les juridictions françaises admettent, généralement, l'intégration de cette disposition dans l'ordre juridique interne, il subsiste, toujours, des zones de résistance qu'il ne faut guère prendre pour autant « forteresse imprenable ». L'évolution subie par l'approche française du contentieux ordinal en constitue un parfais exemple.
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