LEgypte (251-337)
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exposé
publié le 16/01/2008
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niveau : avancé
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Résumé
Legypte romaine nest évidemment pas une fondation ex nihilo sur des territoires vierges ou peuplés de tribus appelées barbares par les Romains. Lorsque ceux-ci sen emparent concrètement en -30, après en avoir fait un allié, puis un Etat dominé, ils mettent fin à lindépendance égyptienne et à lépoque hellénistique. Mais les deux grandes ères les ayant précédé, celle des Ptolémées lagides succédant à celle des pharaons égyptiens en -323, leur transmettent un legs politique et surtout culturel dont ils ne peuvent faire abstraction. La réduction de legypte en province entre directement dans le cadre de la guerre civile que se livraient alors Antoine et Octave. Il ne sagit donc pas réellement dune conquête militaire comme elle peut apparaître partout ailleurs. La présence romaine demeure dailleurs particulièrement endémique, le but étant moins de maîtriser le territoire que de drainer ses richesses.
Les cadres de vie restent très largement ceux de lépoque hellénistique, il est très présomptueux de parler de « romanisation ». La vie continue à sy dérouler en marge de linfluence des nouveaux détenteurs du pouvoir, comme lillustrent les luttes que se livrent Juifs et Grecs jusquà lanéantissement des premiers par lempereur Hadrien dans le premier quart du IIe siècle. Lexpression de lhostilité vis-à-vis des autorités romaines se concentre essentiellement au sein de la ville dAlexandrie, qui est animée de plusieurs révoltes au cours des périodes antoninienne et sévérienne, dont lune réprimée très durement par Caracalla en 215. Ce même Caracalla met un terme aux revendications des habitants degypte quant à la citoyenneté par lédit de 212.
La province ne relève pas, comme la norme lexige, du Sénat. Elle apparaît comme un bien propre de lempereur, originalité qui se traduit dans les cadres administratifs qui la gouvernent notamment. Le cas de legypte sillustre également par le matériau historique quelle procure. En effet, les sources sont extrêmement abondantes. Cette richesse en quantité se double dune richesse en qualité. On retrouve plusieurs langues, à limage de la société cosmopolite égyptienne. Outre la numismatique, les inscriptions épigraphiques et les données archéologiques dont ont dispose, cest avant tout par la papyrologie que lon possède un regard bien plus que lacunaire sur legypte dalors. De ce point de vue, le nombre de ces papyrus singularise fortement legypte par rapport aux autres provinces. Enfin les géographes et historiens antiques sont également assez prolixes à son sujet.
Il sagit ici détudier lévolution des principaux traits de lidentité de la province, militaires, économiques, fiscaux, administratifs, sociaux, culturels et religieux principalement, face aux difficultés globales connues par lEmpire pendant lapogée des menaces militaires pesant sur lui, liée à son incapacité à y répondre, mais aussi face au redressement de la situation entamé dès les années 270 et confirmé par la restauration, voire la rénovation tétrarchique, en somme du règne de Valérien (253-260) à celui de Constantin (312-337). Les enjeux impliqués concernent les racines mêmes du pouvoir impérial et de la conception du territoire romain. Ainsi, la province est elle au cur du problème.
La singularité de legypte résiste-t-elle à la nouvelle rationalisation de lEmpire romain opérée sous la tétrarchie ?
Les cadres de vie restent très largement ceux de lépoque hellénistique, il est très présomptueux de parler de « romanisation ». La vie continue à sy dérouler en marge de linfluence des nouveaux détenteurs du pouvoir, comme lillustrent les luttes que se livrent Juifs et Grecs jusquà lanéantissement des premiers par lempereur Hadrien dans le premier quart du IIe siècle. Lexpression de lhostilité vis-à-vis des autorités romaines se concentre essentiellement au sein de la ville dAlexandrie, qui est animée de plusieurs révoltes au cours des périodes antoninienne et sévérienne, dont lune réprimée très durement par Caracalla en 215. Ce même Caracalla met un terme aux revendications des habitants degypte quant à la citoyenneté par lédit de 212.
La province ne relève pas, comme la norme lexige, du Sénat. Elle apparaît comme un bien propre de lempereur, originalité qui se traduit dans les cadres administratifs qui la gouvernent notamment. Le cas de legypte sillustre également par le matériau historique quelle procure. En effet, les sources sont extrêmement abondantes. Cette richesse en quantité se double dune richesse en qualité. On retrouve plusieurs langues, à limage de la société cosmopolite égyptienne. Outre la numismatique, les inscriptions épigraphiques et les données archéologiques dont ont dispose, cest avant tout par la papyrologie que lon possède un regard bien plus que lacunaire sur legypte dalors. De ce point de vue, le nombre de ces papyrus singularise fortement legypte par rapport aux autres provinces. Enfin les géographes et historiens antiques sont également assez prolixes à son sujet.
Il sagit ici détudier lévolution des principaux traits de lidentité de la province, militaires, économiques, fiscaux, administratifs, sociaux, culturels et religieux principalement, face aux difficultés globales connues par lEmpire pendant lapogée des menaces militaires pesant sur lui, liée à son incapacité à y répondre, mais aussi face au redressement de la situation entamé dès les années 270 et confirmé par la restauration, voire la rénovation tétrarchique, en somme du règne de Valérien (253-260) à celui de Constantin (312-337). Les enjeux impliqués concernent les racines mêmes du pouvoir impérial et de la conception du territoire romain. Ainsi, la province est elle au cur du problème.
La singularité de legypte résiste-t-elle à la nouvelle rationalisation de lEmpire romain opérée sous la tétrarchie ?
Sommaire
- Les aspects politiques, militaires et les divisions territoriales
- Le rapport de l'administration romaine aux institutions locales ainsi que les questions monétaires et fiscales
- Les ''tendances'' économiques, démographiques, culturelles, religieuses et la permanence des cadres de vie
