Essai de Michel Vovelle, "Mourir autrefois"
Date de publication :
17/10/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
8 pages
Sommaire :
Sommaire
- Peur et apprivoisement de la mort
- Le temps des remises en cause
Résumé :
La question que pourrait se poser légitimement tout étudiant avant de lire mourir autrefois, Attitudes collectives devant la mort aux XVIIe et XVIIIe siècles est : Pourquoi choisir la mort comme objet d'investigation historique ? Afin de répondre à cette interrogation, il est nécessaire de savoir que michel vovelle est un historien moderniste, spécialiste de la Révolution française et de l'histoire des mentalités, qui est connu notamment pour la rédaction de Piété baroque et déchristianisation en Provence (1976) et de La mort et l'occident de 1300 à nos jours (1983). Cela nous amène à souligner l'orientation historiographique de vovelle, qui apparaît très clairement. En effet, les années 1970 voient triompher la « Nouvelle histoire » s'attachant à mettre en perspective des phénomènes relevant des mentalités, des représentations collectives, voire des éléments inconscients de la vie sociale. Il n'est donc pas étonnant que mourir autrefois, rédigé en 1974, se place au coeur de cette entreprise de la discipline historique. A bien des égards, le thème de la mort constitue un objet d'étude novateur s'apparentant à la superstructure au sens marxiste du terme et à l'inconscient collectif. Il s'agit donc d'un sujet difficile à traiter, souvent « tabou », qui ne suppose pas nécessairement un détachement du politique ; au contraire, la mort réside en la guerre, la famine, les épidémies... D'où la multiplicité des sources utilisées par michel vovelle. Outre les travaux fondateurs de Philippe Ariès, les sources quantitatives de la démographie et les sources qualitatives de l'époque (Mémoires, manuels de dévotion, oeuvres littéraires...) sont d'un apport considérable, et témoignent de la grande diversité des documents. L'auteur lui-même avoue que pour aborder un tel sujet « tout est source », statistiques et iconographies comprises ! Mais l'ouvrage accorde avant tout une place prépondérante aux textes de l'époque que vovelle commente au fur et à mesure. A partir de ces sources, nous pouvons affirmer que la mort est un objet historique dans une triple mesure. Ainsi, la mort subie, la mort vécue et les discours sur la mort forment la trame de fond de l'analyse de vovelle. Avec un tel foisonnement de données, l'approche choisie par l'auteur est nécessairement chronologique pour pouvoir couvrir ces deux siècles ; deux siècles qui ne proposent pas une vision et des pratiques monolithiques de la mort, mais qui au contraire, nous montrent à quel point celle-ci est soumise aux mutations historiques. De l'effroi convulsif du début du XVIIe siècle à l'indifférence légère des Lumières, la question historique de la mort est d'une réelle complexité.
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