Qu'est-ce qu'une politique linguistique légitime ?
Date de publication :
10/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
12 pages
Sommaire :
Sommaire
- La politique linguistique passe d'abord par l'imposition d'une langue unique commune
- La politique linguistique comme construction d'une identité nationale commune : exemple de la « glossophagie » à la française
- La politique linguistique comme vecteur de communication : l'exemple de l'Union européenne
- La politique unilinguiste jusqu'où ? Politiques linguistiques et démocratie
- L'imposition d'une langue unique jusqu'à l'exclusion des dialectes
- La politique unilinguiste, jugée illégitime et non démocratique, est porteuse de remise en cause de l'État nation
- L'enjeu du multilinguisme
- Un multilinguisme national est-il possible ?
- Pour une politique de la langue interétatique ? L'exemple européen
Résumé :
L'existence de la langue est indissociable de toute société humaine, en tant que condition de possibilité de la communication qui se doit d'obéir à un code générique et transmis. Universelle donc, la langue n'en est pas moins tout autant intimement privée : c'est ce que nous apprend Roland Barthes qui distingue idiolecte et sociolecte, le code commun de l'expression singulière. La langue est donc un phénomène nécessairement politique, puisqu'elle régit, autant que le pouvoir politique, les relations entre l'individu, le collectif et le supra-collectif. Et la politique linguistique correspond donc à la détermination des grands choix en matière de rapport entre les langues et la société. Et pourtant, la notion de politique linguistique n'apparaît sous la plume de Fisman que dans les années 1970, dans le contexte de la décolonisation et de l'apparition de jeunes Etats indépendants. On voit dans cette évolution la traduction du fait que deux problématiques s'affrontent dans le champ conceptuel considéré : d'une part, l'intervention standardisatrice de l'Etat pour construire une identité nationale qui se heurte à la diversité des langues et d'autre part, la volonté de leurs locuteurs de les préserver. Si la langue est d'abord un véhicule de communication, elle est difficilement détachable de l'attachement affectif qu'on lui attribue, et dont les Etats se sont largement servi pour en faire le symbole de l'identité nationale. Que peut alors être une politique linguiste légitime? Celle qui permet l'égale intégration et participation de tous dans la nation? Celle qui au contraire garantit l'égal respect de toutes les langues? Mais alors selon quel statut, et au détriment de l'intégration nationale? On verra que si l'imposition d'une lingua franca est indispensable à la construction d'une nation qui consacre la participation égale de tous au débat politique (I), l'unilinguisme poussé à son extrême est porteur de division de l'espace nationale au regard de l'attachement affectif porté à la langue maternelle (II). La politique linguiste légitime, qui respecte la diversité en consacrant l'égalité, doit créer le multilinguisme (III), nécessité problématique dans la mesure où ce dernier peut adopter des formes variées qui ne se valent pas toutes.
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