LEtat et LEglise : 1790 - 1804
Date de publication :
29/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
8 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'évolution de la relation Eglise - Etat entre 1790 et 1794 : de la fonctionnarisation à l'élimination du culte catholique
- L'Assemblée nationale Constituante et la monarchie constitutionnelle : vers une fonctionnarisation du clergé
- La déchristianisation sous la Convention nationale et son apogée sous la démocratie autoritaire de Robespierre
- De la Convention thermidorienne à l'Empire : vers une séparation, sous contrôle, de l'Eglise et de la l'Etat
- La convention thermidorienne et le Directoire : du difficile retour à la paix à la première séparation de l'Eglise et de l'Etat
- Du consulat à l'Empire : de la séparation Eglise - Etat, au contrôle de « la grande berceuse des peuples »
Résumé :
C'est, en effet, la remise en cause de la structure sociale d'Ancien régime, mais aussi la nouvelle conception du pouvoir royal, posés dès le début de la Révolution, par des actes de l'Assemblée Nationale Constituante tels que le décret des 4 et 11 août 1789 ou la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août de la même année, qui conduirent directement à s'interroger sur la place de la Religion dans le cadre introduit par les grands principes révolutionnaire. Jacques Ellul, dans son ouvrage, intitulé Histoire des institutions, soulignait, à cet égard, que « les éléments constitutifs socialement de l'eglise sont en opposition avec la tendance Révolutionnaire ». Ainsi, la suppression des privilèges au sens étymologique de « loi privée » (privitae legis) par le décret du 4 et 11 août 1789 qui, répondant aux demandes des cahiers de doléances récoltés dans le cadre de la procédure de réunion des Etats Généraux, avait détruit, si ce n'est dans les faits au moins dans les idées, la structure tripartite caractéristique de la société d'Ancien régime par la suppression, pour l'ordre du clergé, de la perception de la dîme ou de l'exemption d'impôt par exemple, remettait donc en cause la place de l'eglise dans cette nouvelle société révolutionnaire,
De même, dans le cadre de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789, c'est la conception d'une identité et d'une unité de la Nation qui conduisit à la volonté de subordination de l'eglise à l'etat, mais aussi la proclamation de la liberté individuelle en contradiction avec les voeux perpétuels de l'eglise catholique perçus comme l'aliénation de celle-ci ou encore la conception individualiste qui entra en conflit avec l'organisation, le droit et le patrimoine autonome de l'eglise qui représentait près d'un cinquième du territoire français en 1789, qui conduisirent à une véritable « destruction de la structure traditionnelle de l'eglise »selon les termes de Jacques Ellul.
Dans le cadre d'un effacement du lien entre son patrimoine colossal et sa fonction sociale d'assistance et d'éducation qui était la sienne sous l'Ancien Régime, dès lors reprise par la Nation souveraine, l'eglise connut, dès la première année de la Révolution, une profonde mutation de son rôle, de l'organisation de ses rapports avec l'etat et de sa structure interne. Pourtant, il ne faudrait pas nécessairement faire résulter de ces premiers constats une volonté de destruction de l'eglise, ainsi d'ailleurs que de la monarchie, de la part des révolutionnaires au sein de l'Assemblée nationale Constituante. A cet égard, celle-ci, en effet, se proclama catholique dès 1789, et il faut voir derrière toutes ces mutations de plus larges motivations, comme les raisons financières dans le contexte de crise économique qui avait conduit à la chute de l'Ancien Régime.
Les rapports entre l'eglise et l'etat, durant les périodes qui suivirent jusqu'au début de l'Empire de Napoléon Bonaparte par le Senatus consult de l'an XII, ne furent pas moins marqués par de profonds changements. L'évolution qui marqua cette période, apparaît, à cet égard, décisive à étudier en ce qu'elle peut être considérée comme étant à l'origine de l'organisation moderne des rapports entre l'eglise et l'etat. Il semble donc déterminant d'étudier qu'elles ont été, durant la période allant de 1790 à la construction de l'Empire napoléonien, avec à l'esprit le contexte et les récentes évolutions que l'on vient de rappeler, les évolutions de ces rapports entre l'eglise et l'etat.
Cette évolution marquée dans un premier temps par la fonctionnarisation sous l'Assemblée nationale Constituante et la monarchie Constitutionnelle puis par la déchristianisation et la mise en place de nouveaux cultes, durant la période de la Convention nationale (I), prendra, avec la dernière partie de la Convention, le régime du Directoire puis le consulat, un nouveau tournant vers une séparation de l'eglise et de l'etat (II).
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