LEtat résulte-t-il dun processus historique ?
Date de publication :
13/11/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
9 pages
Sommaire :
Sommaire
- De la conception de l'Etat comme « phénomène normal », immanent et non historique à la « sociogenèse » de l'Etat
- L'Etat comme « phénomène normal » et non universel, de son apparition à son exportation
- La sociogenèse de l'Etat
- De la consécration de l'Etat à sa remise en cause
- La consécration du monopole étatique
- Les nouvelles évolutions du phénomène étatique : mutations et remises en en cause
Résumé :
Il semblerait que la définition de l'etat moderne soit en perpétuelles évolution et complexification, ce qui tombe finalement sous le sens étant donné que la vision de la modernité selon Max Weber était différente de celle que peut avoir aujourd'hui Pierre Sadran. Le terme même d'etat « moderne » succède au terme d'etat, concept lui aussi en perpétuel remaniement. La naissance de l'État, au sens large du terme, coïncide avec l'avènement de la civilisation. Pour la majeure partie de son existence, l'espèce humaine, nomade, vivait de cueillette et de chasse. C'est l'invention de l'agriculture vers 9000 ans avant Jésus Christ qui infligea un changement à ce style de vie, en obligeant les hommes à s'installer de façon permanente près des zones qu'ils cultivaient. Le contrôle de la terre devenant problématique, c'est ainsi qu'est née la propriété privée. Ce sont ensuite les cités-États de la Grèce antique qui ont été les premières à établir des États dont les pouvoirs étaient clairement définis par la loi. Beaucoup d'institutions étatiques trouvent leur origine dans la Rome antique qui a hérité ses traditions de la Grèce et qui les a développées par la suite. La chute de l'Empire romain et, avec elle, l'idée que le monde devait être uni sous un seul etat-Empire, ainsi que les grandes migrations ont changé la politique en Europe. Les royaumes barbares qui ont suivi furent éphémères, peu organisés et n'avaient que peu de ressemblance avec le concept moderne de l'État. Le royaume de Charlemagne étant chancelant, le Traité de Verdun de 843 le partagea en trois royaumes, plus vastes possessions de terre que véritables royaumes. L'etat devint de nouveau l'expression d'une vaste propriété terrienne et il faudra attendre l'époque féodale pour développer une nouvelle conception : la conception de l'etat moderne qui s'installe, selon Norbert Elias, au terme d'un processus (du latin pro cessus, aller vers l'avant, avancer) historique particulier.
Cette approche historique du concept d'etat nous conduit inéluctablement à nous interroger sur l'essence même de ce concept, c'est-à-dire à savoir si le phénomène lui même obéit à une évolution historique comme le soutient Norbert Elias, ou, au contraire, à une logique évolutionniste, courant théorique qui présuppose l'existence de lois immanentes à l'oeuvre. Il convient dès lors de savoir si la formation de l'etat est comparable à ce qu'Amitaï Etzioni appelle « l'épigenèse », théorie qui stipule que le développement de l'etat se ferait de manière de plus en plus complexe à partir d'un embryon, en opposition à la théorie de la préformation qui verrait l'etat comme une « miniature » où tous les organes seraient déjà présents. En d'autres termes, l'etat résulte-t-il vraiment d'un processus historique ?
Nous nous attacherons ainsi à démontrer que l'etat est bel et bien le fruit d'une construction sociale et historique, en constante évolution, et non du cadre naturel de l'activité politique. En effet, nous verrons que les théories plaçant l'etat comme « phénomène normal », immanent et non historique ne peuvent que mener à l'acceptation du processus de « sociogenèse » de l'etat (première partie), permettant d'envisager l'etat comme un phénomène historique consacré, en construction permanente, voire même remis en cause (seconde partie).
Cette approche historique du concept d'etat nous conduit inéluctablement à nous interroger sur l'essence même de ce concept, c'est-à-dire à savoir si le phénomène lui même obéit à une évolution historique comme le soutient Norbert Elias, ou, au contraire, à une logique évolutionniste, courant théorique qui présuppose l'existence de lois immanentes à l'oeuvre. Il convient dès lors de savoir si la formation de l'etat est comparable à ce qu'Amitaï Etzioni appelle « l'épigenèse », théorie qui stipule que le développement de l'etat se ferait de manière de plus en plus complexe à partir d'un embryon, en opposition à la théorie de la préformation qui verrait l'etat comme une « miniature » où tous les organes seraient déjà présents. En d'autres termes, l'etat résulte-t-il vraiment d'un processus historique ?
Nous nous attacherons ainsi à démontrer que l'etat est bel et bien le fruit d'une construction sociale et historique, en constante évolution, et non du cadre naturel de l'activité politique. En effet, nous verrons que les théories plaçant l'etat comme « phénomène normal », immanent et non historique ne peuvent que mener à l'acceptation du processus de « sociogenèse » de l'etat (première partie), permettant d'envisager l'etat comme un phénomène historique consacré, en construction permanente, voire même remis en cause (seconde partie).
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